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L'Espagne sûre de sa force

Si le Portugal croit en son idole et en son état d’esprit, l’Espagne ne renoncera pas à son jeu et sa philosophie. Une façon de penser qui a déjà fait ses preuves par le passé...

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Le Portugal, c’est la Belgique de l’Espagne, avec un peu plus de soleil. Un pays voisin, sympa, qui parle presque la même langue et qui a même été chez eux pendant une époque. Les Belges ont Brel, Tintin et Eden Hazard. Les Portugais ont Amália Rodrigues, Fatima et Cristiano Ronaldo. Sauf que le Portugal n’a été l’Espagne que pendant à peine un siècle et le raffinement de la cour portugaise a fait plus avancer l’histoire de l’Europe que l’obscurantisme espagnol. Espagne et Portugal habitent la même péninsule et, en bon voisins, ces deux-là se méprisent tout autant qu’ils s’envient. Le Portugal est l’équipe que l’Espagne a le plus affronté dans son histoire. Bilan en faveur des Rouges : 16 victoires, 12 nuls et 6 défaites. En match officiel, la supériorité statistique espagnole se poursuit : 4 victoires, 2 nuls et 1 défaite. C’est donc la confiance qui habite les conversations et débats sur le flanc méditerranéen de la péninsule. C’est où le Portugal déjà ?

Le Portugal n’a géographiquement pas le choix. Pour conquérir l’Europe, c’est l’Espagne ou l’océan. Ronaldo a fait les deux. Il est donc maintenant le roi de la capitale espagnole. La preuve, c’est lui le centre des discussions. Et aujourd’hui, descendre au kiosque et lire son Marca ou son As dans les rues de Madrid a quelque chose de terriblement jouissif. La presse madrilène n’en finit pas de faire entrer un carré dans un cercle. Dans Marca, Santiago Segurola se délecte de la star du Real : « Ronaldo traverse la meilleure période de sa carrière. Lors de ses deux derniers matchs, il a marqué trois buts et frappé quatre fois le poteau. » Les madridistes ne cracheraient d’ailleurs pas sur un Ballon d’Or à la fin de saison. Ronaldo doit donc écraser l’Euro de ses buts. Sauf qu’être madridiste, c’est aussi supporter pendant trois semaines l’Espagne des Iniesta, Xavi et Busquets sans peur du qu’en-dira-t-on et en s’extasiant sur le jeu de l’équipe nationale. Mais, dans les arrière-boutiques et au fond des cuisines madrilènes, le meilleur, c’est Ronaldo, on le sait bien. Du coup, la seule vraie bonne question, c’est As qui se la pose ce matin sur son site web : « Mais pourquoi les gens n’aiment pas Cristiano ?  »

Mon doigt dans ton œil

L’Espagne ennuie parce qu’à force de possession et de rhétorique, elle ressemble de plus en plus au FC Barcelone et de moins en moins au Real, l’autre grand. Le Real, sa défense solide, ses transitions rapides, sa star, c’est le Portugal de Paulo Bento ou même l’inverse. L’autre coach portugais le plus écouté du monde a bien compris la leçon du maître. Pour battre ces gens-là, il faut d’abord gagner dans sa tête et ne pas se laisser influencer par le romantisme hystérique des voisins : « Il y aura des moments pendant le match où nous dominerons. Nous voulons avoir le ballon, le courage de les attaquer et la patience pour ne pas nous laisser déstabiliser quand ils auront la possession. Notre objectif n’est pas de passer tout le match à défendre. Nous allons leur créer énormément de problèmes. » Les plus attentifs ont reconnu l’intertexte mourinhien. Le Mou donne le menu pour déguster le Barça : « Ce qu’il faut faire, c’est ne pas avoir peur et aller les chercher au milieu. (…) Pour qu’ils ne volent pas un ballon en première phase, il faut aller directement de phase défensive à la deuxième ou troisième phase avec des déplacements longs pour les surprendre.  » Alors c’est qui, en vrai, l’entraîneur portugais ?


Heureusement que les grandes compétitions ne durent que quelques semaines et que les matchs ne durent que 90 minutes. L’Espagne ne supporterait pas tant de contradictions. Pour gagner, il faut des certitudes. Pour les uns, elles sont dans le jeu, le toque et la possession. Pour les autres, elles se trouvent dans les victoires, les défis et les titres. Le style de jeu est une question impossible à résoudre sur la péninsule, car elle ne fait que poser à nouveau la question de l’antagonisme entre les frères ennemis Real et Barça. Avec 44 frappes, la Roja a beau être l’équipe qui se procure le plus d’occasions de but de tout l’Euro, elle n’en finit pas de poser la même question. Iniesta, enfant du tiqui-taca, défend son idée de l’Espagne : « C’est ce style qui nous a mené vers le succès. C’est une satisfaction pour nous d’avoir la possession dans le camp adverse même si, contre le Portugal, ce n’est pas certain que ce soit le cas pendant tout le match. » Ce clásico est le match le plus dangereux de l’Euro pour les Espagnols. Madrid-Barça se jouera en Ukraine. Sans Messi, mais avec Ronaldo. Et quelques doigts dans l’œil ?

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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