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L’Espagne, sans queue ni tête

Depuis les élections de décembre 2015, l’Espagne est plongée dans un beau bordel politique. Pas de majorité parlementaire, pas de gouvernement. C’est le serpent qui se mord la queue. Neuf mois que cela dure, soit le temps d’une saison de football. Pour comprendre qui est qui, et qui joue à quoi dans cette compétition, rien de mieux qu’une explication footballistique.

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Peu de temps après son Euro sans saveur, l’Espagne a battu le 16 juillet dernier un nouveau record : celui d’être devenue le deuxième pays européen sans gouvernement avec 209 jours au compteur. Le record belge de 541 jours (entre 2010 et 2011) semble encore loin, mais on ne sait jamais, au vu des résultats des deux dernières élections (décembre 2015 et nouveau vote en janvier 2016). Les choses semblent figées de l’autre côté des Pyrénées, puisque face à l’absence de majorité, personne ne semble vouloir faire de concessions, et que se profile un troisième vote en fin d’année civile redouté par tous les partis qui ont peur de voir leurs résultats chuter.

Le premier élément central dans cette soupe politique se situe à droite : le PP (Partido Popular) qui a obtenu 137 sièges (majorité à 176 sièges). Sans aucun doute le Real Madrid de la scène politique espagnole, détesté par la moitié du pays, adoré par l’autre. Jaime Bonnail, journaliste madrilène amoureux de la France, résume la chose ainsi : « Il y a quelques années, on entendait souvent dans les stades une reprise pleine d’ironie de l’hymne du club : "Hala Madrid, Hala Madrid, El equipo del gobierno, la vergüenza del país." ("Allez Madrid, Allez Madrid, l’équipe du gouvernement, la honte du pays.") » L’ancien jefe del gobierno (Premier ministre), Mariano Rajoy, englué dans les histoires de corruption de son parti, est pour lui un ovni, un point d’interrogation : « Comme la présence de Douglas Costa au Barça. Personne ne comprend vraiment pourquoi il est là, et c’est un peu la même chose avec Rajoy. Personne ne sait vraiment comment il a été Premier ministre et ce qu’il fait encore à la tête de la formation politique la plus votée du pays... » Une erreur de casting sans doute.

« Pedro Sánchez, le jeune leader du PSOE, me rappelle un peu Gerard Piqué »


De son coté, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), deuxième au classement avec 85 sièges obtenus, pourrait être le voisin situé plus au sud de la capitale espagnole : l’Atlético de Madrid. Notre Madrilène s’explique : « Sur l’échiquier politique, beaucoup placeraient l’Atlético plutôt à l’extrême droite, à cause des idées de ses ultras du Frente Atlético. Mais si on fait bien attention à son histoire, le club des Colchoneros (les matelassiers, ndlr) ressemble plus au PSOE : toujours dans l’opposition face à son concurrent direct, certains diraient dans la critique systématique, mais finalement dans les moments importants ses aficionados sont souvent déçus par les résultats. Pedro Sánchez, le jeune leader du PSOE, me rappelle un peu Gerard Piqué dans sa façon d’être. Sa suffisance l’amène à se préoccuper plus de ce que peuvent dire ou faire les autres. Toujours prompt à critiquer l’adversaire sans savoir qu’il est lui-même dans l’erreur. »

La troisième force politique du pays est apparue comme un champignon. La formation Unidos Podemos ( « Unis, nous pouvons » , 71 sièges) est née du mouvement d’opposition citoyen des Indignados (les Indignés, autrement connu comme le mouvement du 15-M en 2011) pour proposer une troisième voie face aux deux mastodontes historiques du PP et du PSOE. Et ce parti ressemble trait pour trait au Rayo Vallecano qui vient de redescendre en Liga Adelante (Ligue 2). Le parti est né dans le quartier de Vallecas à Madrid, celui qui abrite aussi le stade du club. Le slogan « cheguevaresque » ( « Hasta la victoria siempre » ) du groupe d’ultras le plus connu du Rayo, les Bukaneros 92, rappelle clairement que l’ensemble du quartier est marqué à l’extrême gauche. C’est d’ailleurs aujourd’hui l’un des seuls quartiers où les résultats du parti de Pablo Iglesias sont largement gagnants. Bon, il faut dire aussi que le leader chevelu vit dans le quartier. Mais pour Ricardo Revenga Dellafiore, Galicien grand amateur de notre Ligue 1, la formation qui a choisi comme couleur un atypique violet TFC pourrait connaître un parcours similaire à celui d’Évian Thonon Gaillard : « Sans prévenir, ils sont arrivés en haut de l’affiche avant de redescendre aussi vite. Beaucoup d’adeptes au départ, et de moins en moins maintenant. Une mode passagère, une hype. » Et son compère Jaime rajoute : « Pablo Iglesias est le Diego Simeone des pupitres : beaucoup de bruit pour rien ("Mucho ruido y pocas nueces", ndlr). Des discours qui sont faits pour séduire ceux qui les écoutent. Mais dans les faits… »

« Albert Rivera est un Jérôme Leroy en puissance »


Le parti centriste, Ciudadanos ( « Citoyens » , 32 sièges), orange façon Modem, correspond sans aucun doute au Valencia FC. Jaime y voit « l’équipe typique du "Je veux, mais je ne peux pas" ("quiero y no puedo", ndlr). Au début de chaque saison, beaucoup de promesses, mais pas grand-chose au final… » Albert Rivera, le leader de Ciudadanos, est celui qui veut plaire à tout le monde et, du coup, il est l’objet d’innombrables blagues sur les réseaux sociaux. Ses changements de direction rappellent ceux de sa formation politique qui, à l’heure actuelle, a signé des accords avec le PP et… le PSOE. Ricardo trouve une comparaison originale et nous explique que pour lui, « Albert Rivera est un Jérôme Leroy en puissance. Pourquoi ? Pour sa capacité à changer de maillot sans aucun problème et en très peu de temps. » Enfin, les forces régionales, périphériques mais puissantes : les partis politiques catalans (neuf sièges) et basques (cinq sièges). Une thématique commune récurrente : l’indépendance du pays, enfin de la nation, avec le Barça et l’Athletic Bilbao comme meilleurs étendards. Ricardo, concerné par ces problématiques nationalistes en Galice, assimile ces partis à nos équipes corses, « qui jouent à fond la carte du nationalisme, et donc peu appréciés à l’extérieur. Très forts à la maison où ils font le plein de points, mais absents hors de leurs terres  » .

Et le roi dans tout ça ? Pour Felipe VI et Iker Casillas, même combat. Personne n’a plus de titres qu’eux en Espagne, et personne ne peut remettre en cause leur aura. Mais, dans les moments importants, leur marge de manœuvre est limitée. Dans l’attente d’un éventuel accord entre les partis pour obtenir une majorité à l’assemblée, le roi est réduit à un rôle d’observateur… comme San Iker pendant le dernier Euro. Les arrangements, les fameuses histoires secrètes des maletines (les valises remplies de billets, ndlr) à chaque fin de saison de Liga, pour éviter la relégation ou pour assurer la montée, semblent aujourd’hui impossibles entre les deux grands partis d’alternance depuis quarante ans : le PSOE et le PP. Ils le seront peut-être demain entre le PSOE et Unidos Podemos, pour un hypothétique rassemblement des forces de gauche... Sinon, comme souvent, le champion pourrait être, sans grande surprise et d’une courte tête grâce au jeu des alliances, le plus titré, à savoir le PP.

Par Benjamin Laguerre
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