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L’Espagne, sans queue ni tête

Depuis les élections de décembre 2015, l’Espagne est plongée dans un beau bordel politique. Pas de majorité parlementaire, pas de gouvernement. C’est le serpent qui se mord la queue. Neuf mois que cela dure, soit le temps d’une saison de football. Pour comprendre qui est qui, et qui joue à quoi dans cette compétition, rien de mieux qu’une explication footballistique.

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Peu de temps après son Euro sans saveur, l’Espagne a battu le 16 juillet dernier un nouveau record : celui d’être devenue le deuxième pays européen sans gouvernement avec 209 jours au compteur. Le record belge de 541 jours (entre 2010 et 2011) semble encore loin, mais on ne sait jamais, au vu des résultats des deux dernières élections (décembre 2015 et nouveau vote en janvier 2016). Les choses semblent figées de l’autre côté des Pyrénées, puisque face à l’absence de majorité, personne ne semble vouloir faire de concessions, et que se profile un troisième vote en fin d’année civile redouté par tous les partis qui ont peur de voir leurs résultats chuter.

Le premier élément central dans cette soupe politique se situe à droite : le PP (Partido Popular) qui a obtenu 137 sièges (majorité à 176 sièges). Sans aucun doute le Real Madrid de la scène politique espagnole, détesté par la moitié du pays, adoré par l’autre. Jaime Bonnail, journaliste madrilène amoureux de la France, résume la chose ainsi : « Il y a quelques années, on entendait souvent dans les stades une reprise pleine d’ironie de l’hymne du club : "Hala Madrid, Hala Madrid, El equipo del gobierno, la vergüenza del país." ("Allez Madrid, Allez Madrid, l’équipe du gouvernement, la honte du pays.") » L’ancien jefe del gobierno (Premier ministre), Mariano Rajoy, englué dans les histoires de corruption de son parti, est pour lui un ovni, un point d’interrogation : « Comme la présence de Douglas Costa au Barça. Personne ne comprend vraiment pourquoi il est là, et c’est un peu la même chose avec Rajoy. Personne ne sait vraiment comment il a été Premier ministre et ce qu’il fait encore à la tête de la formation politique la plus votée du pays... » Une erreur de casting sans doute.

« Pedro Sánchez, le jeune leader du PSOE, me rappelle un peu Gerard Piqué »


De son coté, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), deuxième au classement avec 85 sièges obtenus, pourrait être le voisin situé plus au sud de la capitale espagnole : l’Atlético de Madrid. Notre Madrilène s’explique : « Sur l’échiquier politique, beaucoup placeraient l’Atlético plutôt à l’extrême droite, à cause des idées de ses ultras du Frente Atlético. Mais si on fait bien attention à son histoire, le club des Colchoneros (les matelassiers, ndlr) ressemble plus au PSOE : toujours dans l’opposition face à son concurrent direct, certains diraient dans la critique systématique, mais finalement dans les moments importants ses aficionados sont souvent déçus par les résultats. Pedro Sánchez, le jeune leader du PSOE, me rappelle un peu Gerard Piqué dans sa façon d’être. Sa suffisance l’amène à se préoccuper plus de ce que peuvent dire ou faire les autres. Toujours prompt à critiquer l’adversaire sans savoir qu’il est lui-même dans l’erreur. »

La troisième force politique du pays est apparue comme un champignon. La formation Unidos Podemos ( « Unis, nous pouvons » , 71 sièges) est née du mouvement d’opposition citoyen des Indignados (les Indignés, autrement connu comme le mouvement du 15-M en 2011) pour proposer une troisième voie face aux deux mastodontes historiques du PP et du PSOE. Et ce parti ressemble trait pour trait au Rayo Vallecano qui vient de redescendre en Liga Adelante (Ligue 2). Le parti est né dans le quartier de Vallecas à Madrid, celui qui abrite aussi le stade du club. Le slogan « cheguevaresque » ( « Hasta la victoria siempre » ) du groupe d’ultras le plus connu du Rayo, les Bukaneros 92, rappelle clairement que l’ensemble du quartier est marqué à l’extrême gauche. C’est d’ailleurs aujourd’hui l’un des seuls quartiers où les résultats du parti de Pablo Iglesias sont largement gagnants. Bon, il faut dire aussi que le leader chevelu vit dans le quartier. Mais pour Ricardo Revenga Dellafiore, Galicien grand amateur de notre Ligue 1, la formation qui a choisi comme couleur un atypique violet TFC pourrait connaître un parcours similaire à celui d’Évian Thonon Gaillard : « Sans prévenir, ils sont arrivés en haut de l’affiche avant de redescendre aussi vite. Beaucoup d’adeptes au départ, et de moins en moins maintenant. Une mode passagère, une hype. » Et son compère Jaime rajoute : « Pablo Iglesias est le Diego Simeone des pupitres : beaucoup de bruit pour rien ("Mucho ruido y pocas nueces", ndlr). Des discours qui sont faits pour séduire ceux qui les écoutent. Mais dans les faits… »

« Albert Rivera est un Jérôme Leroy en puissance »


Le parti centriste, Ciudadanos ( « Citoyens » , 32 sièges), orange façon Modem, correspond sans aucun doute au Valencia FC. Jaime y voit « l’équipe typique du "Je veux, mais je ne peux pas" ("quiero y no puedo", ndlr). Au début de chaque saison, beaucoup de promesses, mais pas grand-chose au final… » Albert Rivera, le leader de Ciudadanos, est celui qui veut plaire à tout le monde et, du coup, il est l’objet d’innombrables blagues sur les réseaux sociaux. Ses changements de direction rappellent ceux de sa formation politique qui, à l’heure actuelle, a signé des accords avec le PP et… le PSOE. Ricardo trouve une comparaison originale et nous explique que pour lui, « Albert Rivera est un Jérôme Leroy en puissance. Pourquoi ? Pour sa capacité à changer de maillot sans aucun problème et en très peu de temps. » Enfin, les forces régionales, périphériques mais puissantes : les partis politiques catalans (neuf sièges) et basques (cinq sièges). Une thématique commune récurrente : l’indépendance du pays, enfin de la nation, avec le Barça et l’Athletic Bilbao comme meilleurs étendards. Ricardo, concerné par ces problématiques nationalistes en Galice, assimile ces partis à nos équipes corses, « qui jouent à fond la carte du nationalisme, et donc peu appréciés à l’extérieur. Très forts à la maison où ils font le plein de points, mais absents hors de leurs terres  » .

Et le roi dans tout ça ? Pour Felipe VI et Iker Casillas, même combat. Personne n’a plus de titres qu’eux en Espagne, et personne ne peut remettre en cause leur aura. Mais, dans les moments importants, leur marge de manœuvre est limitée. Dans l’attente d’un éventuel accord entre les partis pour obtenir une majorité à l’assemblée, le roi est réduit à un rôle d’observateur… comme San Iker pendant le dernier Euro. Les arrangements, les fameuses histoires secrètes des maletines (les valises remplies de billets, ndlr) à chaque fin de saison de Liga, pour éviter la relégation ou pour assurer la montée, semblent aujourd’hui impossibles entre les deux grands partis d’alternance depuis quarante ans : le PSOE et le PP. Ils le seront peut-être demain entre le PSOE et Unidos Podemos, pour un hypothétique rassemblement des forces de gauche... Sinon, comme souvent, le champion pourrait être, sans grande surprise et d’une courte tête grâce au jeu des alliances, le plus titré, à savoir le PP.

Par Benjamin Laguerre
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Dans cet article

Si je ne dis pas de connerie l'Espagne est à une élection à avec un scrutin à suffrage universel proportionnel, et c'est ce qui fait que c'est la merde pour fonder un gouvernement car les partis galère pour avoir la majorité absolue seul et sont souvent obligés de former des alliances politiques qui peuvent parfois être biscornues pour avoir cette majorité absolue.

En Janvier, si je ne dis pas de connerie (encore une fois), bien que le PP avait remporté le plus de siège à lui tout seul si Podemos et le PSOE avait réussi à trouver une alliance c'est bien eux qui auraient réussi à gouverner le pays.
C'est quand même un peu paradoxal quand on y pense.
Message posté par garagnas
Si je ne dis pas de connerie l'Espagne est à une élection à avec un scrutin à suffrage universel proportionnel, et c'est ce qui fait que c'est la merde pour fonder un gouvernement car les partis galère pour avoir la majorité absolue seul et sont souvent obligés de former des alliances politiques qui peuvent parfois être biscornues pour avoir cette majorité absolue.

En Janvier, si je ne dis pas de connerie (encore une fois), bien que le PP avait remporté le plus de siège à lui tout seul si Podemos et le PSOE avait réussi à trouver une alliance c'est bien eux qui auraient réussi à gouverner le pays.
C'est quand même un peu paradoxal quand on y pense.


Non c'est pas paradoxal c'est la démocratie!
Chez nous en france il suffit de faire 30% et tu te retrouves à diriger un pays! Quand aux législatives c'est encore pire car avec l'absence de proportionnelle combien de formations politiques ne se retrouvent pas à l'assemblée ou si peu?
La démocratie c'est toujours long et compliqué
Message posté par garagnas
Si je ne dis pas de connerie l'Espagne est à une élection à avec un scrutin à suffrage universel proportionnel, et c'est ce qui fait que c'est la merde pour fonder un gouvernement car les partis galère pour avoir la majorité absolue seul et sont souvent obligés de former des alliances politiques qui peuvent parfois être biscornues pour avoir cette majorité absolue.

En Janvier, si je ne dis pas de connerie (encore une fois), bien que le PP avait remporté le plus de siège à lui tout seul si Podemos et le PSOE avait réussi à trouver une alliance c'est bien eux qui auraient réussi à gouverner le pays.
C'est quand même un peu paradoxal quand on y pense.


Un peu comme chez nous avec les régionales
bachounet Niveau : CFA
Message posté par donfiore

Chez nous en france il suffit de faire 30% et tu te retrouves à diriger un pays!


Tu es sur de ça ??? Pour diriger le pays il faut la majorité à l'assemblée si je ne m'abuse...donc avec 30 % tu diriges pas grand chose sauf à trouver des alliés...
Note : 1
Message posté par donfiore
Non c'est pas paradoxal c'est la démocratie!
Chez nous en france il suffit de faire 30% et tu te retrouves à diriger un pays! Quand aux législatives c'est encore pire car avec l'absence de proportionnelle combien de formations politiques ne se retrouvent pas à l'assemblée ou si peu?
La démocratie c'est toujours long et compliqué


La Démocratie est long et compliqué je suis d'accord.
La Proportionnelle oui a des avantages par rapport au mode de scrutin en France.

Après oui pour moi ça reste un paradoxe car en général le parti en tête des élections est sensé être le parti qui doit gouverner étant donné qu'une plus grande partie du peuple a voté pour lui.

Cependant avec la proportionnelle bah le parti qui a récolté à lui tout seul le plus grand nombre de voix, peut se faire baiser par une coalition des autres partis et qui parfois peut sembler irréelle.

Imagine en 2017 (Scénario absure) on applique la proportionelle. les Résultats sont les Suivants :
- Républicains : 40%
- FN : 30%
- Mélanchon : 11%
- Dupont-Aignant : 10%
- PS : 8%
- Reste : 1%

Pour avoir la majorité à l'assemblée les Républicains doivent faire une coalition avec soit avec Mélanchon, le FN, ou Dupont Aignant et le PS.

Le FN est en position de force il envoie bouler les LR, promet à Mélanchon et Dupont-Aignant deux Ministères important à chacun(genre Economie, Intérieur ou Education) les 2 partis ravalent leur fierté et accepte l'alliance on a donc un gouvernement d'Extrême Droite/Gauche.

Au lieu de ce qui semblait être au vue des résultats un gouvernement de Droite/Extrême droite.

Ce qui est bel et bien paradoxal non?
Enfin si je dis toujours pas de conneries
Avant chaque élection tout le monde annonce la mort de Podemos. Or, à chaque élection ils sont encore là et bien là. Aux municipales, ils ont notamment raflé les grandes villes (Madrid et Barcelone notamment) et sont arrivés un poil derrière le PSOE. Aux dernières élections "présidentielles", si de très étranges complications administratives n'avaient pas empêché les Espagnols à l'étranger de voter (plus d'1 million d'Espagnols ont quitté le pays depuis la crise, Podemos est très largement majoritaire parmi eux) ET si les trois grands groupes de presse du pays n'avaient pas monté une immense campagne calomnieuse contre les dirigeants de Podemos avec la complicité de la police (crapulerie avérée et en cours d'instruction), Podemos serait le 2e parti du pays devant les socialistes. Alors parler de hype passagère, c'est franchement léger. Et résolument partisan. S'il faut absolument jouer la métaphore footballistique, Podemos n'est pas le relégué Rayo Vallecano mais bien l'Atlético, voire le Barça.
Quand va-t-on enfin piger que le journalisme "objectif" est une chimère, et que la seule solution est que chacun dise franchement depuis quels intérêts/idéologie il s'exprime. Quand SF interroge des journalistes espagnols (ou n'importe quel citoyen d'ailleurs), il n'interroge pas des gens sans parti pris. Le minimum, c'est en être conscient et le dire clairement. Le lecteur pourra alors un peu s'y retrouver.
Johnny Decker Niveau : DHR
Message posté par garagnas
La Démocratie est long et compliqué je suis d'accord.
La Proportionnelle oui a des avantages par rapport au mode de scrutin en France.

Après oui pour moi ça reste un paradoxe car en général le parti en tête des élections est sensé être le parti qui doit gouverner étant donné qu'une plus grande partie du peuple a voté pour lui.

Cependant avec la proportionnelle bah le parti qui a récolté à lui tout seul le plus grand nombre de voix, peut se faire baiser par une coalition des autres partis et qui parfois peut sembler irréelle.

Imagine en 2017 (Scénario absure) on applique la proportionelle. les Résultats sont les Suivants :
- Républicains : 40%
- FN : 30%
- Mélanchon : 11%
- Dupont-Aignant : 10%
- PS : 8%
- Reste : 1%

Pour avoir la majorité à l'assemblée les Républicains doivent faire une coalition avec soit avec Mélanchon, le FN, ou Dupont Aignant et le PS.

Le FN est en position de force il envoie bouler les LR, promet à Mélanchon et Dupont-Aignant deux Ministères important à chacun(genre Economie, Intérieur ou Education) les 2 partis ravalent leur fierté et accepte l'alliance on a donc un gouvernement d'Extrême Droite/Gauche.

Au lieu de ce qui semblait être au vue des résultats un gouvernement de Droite/Extrême droite.

Ce qui est bel et bien paradoxal non?
Enfin si je dis toujours pas de conneries


Tu dis des conneries, c'est MélEnchon!
Coach Kévinovitch Niveau : Ligue 1
"la présence de Douglas Costa au Barça"

Ce Jaime Bonnal doit avoir les mêmes stagiaires que ceux de So Foot.
Message posté par garagnas
La Démocratie est long et compliqué je suis d'accord.
La Proportionnelle oui a des avantages par rapport au mode de scrutin en France.

Après oui pour moi ça reste un paradoxe car en général le parti en tête des élections est sensé être le parti qui doit gouverner étant donné qu'une plus grande partie du peuple a voté pour lui.

Cependant avec la proportionnelle bah le parti qui a récolté à lui tout seul le plus grand nombre de voix, peut se faire baiser par une coalition des autres partis et qui parfois peut sembler irréelle.

Imagine en 2017 (Scénario absure) on applique la proportionelle. les Résultats sont les Suivants :
- Républicains : 40%
- FN : 30%
- Mélanchon : 11%
- Dupont-Aignant : 10%
- PS : 8%
- Reste : 1%

Pour avoir la majorité à l'assemblée les Républicains doivent faire une coalition avec soit avec Mélanchon, le FN, ou Dupont Aignant et le PS.

Le FN est en position de force il envoie bouler les LR, promet à Mélanchon et Dupont-Aignant deux Ministères important à chacun(genre Economie, Intérieur ou Education) les 2 partis ravalent leur fierté et accepte l'alliance on a donc un gouvernement d'Extrême Droite/Gauche.

Au lieu de ce qui semblait être au vue des résultats un gouvernement de Droite/Extrême droite.

Ce qui est bel et bien paradoxal non?
Enfin si je dis toujours pas de conneries


Sauf que dans les faits, le FN et Mélenchon, par exemple, sont tellement opposés qu'une alliance est impossible. Du coup, les partis proches s'allient. Tu pourrais avoir LR et Dupont et t'aurais un gouvernement de droite. Ce pour quoi ont voté 50% des gens dans ton hypothèse ;)

C'est simplement deux conceptions du mode de représentation, la proportionnelle et l'élection au scrutin majoritaire. Un choix politique dans un pays (l'assemblée reflète les votes des citoyens, en théorie, VS on permet de créer une majorité, quel que soit les divisions avec l'élection en deux tours)
Paul_et_Mickey Niveau : CFA
Sans faire aucun paralelle avec les clubs de foot.

Le PP c'est pas la droite. C'est un partí issu du franquisme. Cree par des "ministre de Franco" dont les fils et neveu sont encore au pouvoir. Anti avortement, famille, partir, eglise catholique, anti gay,... vous comprenez pourquoi en Espagne il n'y a pas besoin d'une Marine.

Le PP est englué dans des affaires de corrupción a faire rougir Berlusconi. Mais pas que le PP...
https://www.google.com/maps/d/viewer?mi … g&hl=en_US

La ou la France a toujours alterné entre 2 partís dont les membres sortent de la meme ecole. l'espagne goute a la democratie avec 4 partís.
JimPooley Niveau : CFA2
Message posté par bachounet
Tu es sur de ça ??? Pour diriger le pays il faut la majorité à l'assemblée si je ne m'abuse...donc avec 30 % tu diriges pas grand chose sauf à trouver des alliés...


Le scrutin majoritaire à deux tours permet même de gouverner avec moins que ça. Le principe est que seuls les deux (ou éventuellement trois, mais le seuil de "qualification" a été relevé récemment et est vraiment haut, et à la présidentielle c'est deux seulement) premiers du premier tour accèdent au deuxième. Le candidat élu finalement a donc fait 25 ou 30% (et même parfois moins : Chirac en 2002 c'est 19% au premier tour). C'est un système qui facilite le dégagement d'une majorité absolue, mais qui, du coup, met l'assemblée nationale sous la coupe du parti majoritaire, donc du gouvernement et en bout de chaîne du président : c'est la monarchie républicaine.
Message posté par Fenmarel
Sauf que dans les faits, le FN et Mélenchon, par exemple, sont tellement opposés qu'une alliance est impossible. Du coup, les partis proches s'allient. Tu pourrais avoir LR et Dupont et t'aurais un gouvernement de droite. Ce pour quoi ont voté 50% des gens dans ton hypothèse ;)

C'est simplement deux conceptions du mode de représentation, la proportionnelle et l'élection au scrutin majoritaire. Un choix politique dans un pays (l'assemblée reflète les votes des citoyens, en théorie, VS on permet de créer une majorité, quel que soit les divisions avec l'élection en deux tours)


Ouais mais pas tant que ça en Grèce Syriza pour avoir la majorité c'est allié avec un parti Royaliste qui a le cul coincé entre la droite et l'extrême droite.
Donc comme moi les alliances d'extrêmes même si elles sonnent farfelues peuvent être possible.

Et dans mon hypothèse si il ya alliance LR & Dupont ils n'ont que 50% des sièges et donc pas la majorité puisque l'opposition à 50% aussi (c'est pour ça que j'avais pris un % fourbe)
JimPooley Niveau : CFA2
Message posté par garagnas
La Démocratie est long et compliqué je suis d'accord.
La Proportionnelle oui a des avantages par rapport au mode de scrutin en France.

Après oui pour moi ça reste un paradoxe car en général le parti en tête des élections est sensé être le parti qui doit gouverner étant donné qu'une plus grande partie du peuple a voté pour lui.

Cependant avec la proportionnelle bah le parti qui a récolté à lui tout seul le plus grand nombre de voix, peut se faire baiser par une coalition des autres partis et qui parfois peut sembler irréelle.

Imagine en 2017 (Scénario absure) on applique la proportionelle. les Résultats sont les Suivants :
- Républicains : 40%
- FN : 30%
- Mélanchon : 11%
- Dupont-Aignant : 10%
- PS : 8%
- Reste : 1%

Pour avoir la majorité à l'assemblée les Républicains doivent faire une coalition avec soit avec Mélanchon, le FN, ou Dupont Aignant et le PS.

Le FN est en position de force il envoie bouler les LR, promet à Mélanchon et Dupont-Aignant deux Ministères important à chacun(genre Economie, Intérieur ou Education) les 2 partis ravalent leur fierté et accepte l'alliance on a donc un gouvernement d'Extrême Droite/Gauche.

Au lieu de ce qui semblait être au vue des résultats un gouvernement de Droite/Extrême droite.

Ce qui est bel et bien paradoxal non?
Enfin si je dis toujours pas de conneries


Ton exemple est correct dans les chiffres, mais le FN et le front de gauche ne s'entendront jamais pour gouverner. En revanche, une assemblée élue à la proportionnelle permettrait, après avoir constitué un gouvernement de consensus, que des majorités de circonstance se forment sur chaque texte soumis au vote : lorsqu'un texte est proposé au scrutin, chaque député voterait pour ou contre, non pas en fonction des consignes de son parti ou du gouvernement comme c'est le cas actuellement, mais selon son avis personnel. L'assemblée représentant alors fidèlement l'opinion publique (puisque proportionnelle) n'adopterait que des textes approuvés par celle-ci. C'est un beau fantasme...
Message posté par Paul_et_Mickey
Sans faire aucun paralelle avec les clubs de foot.

Le PP c'est pas la droite. C'est un partí issu du franquisme. Cree par des "ministre de Franco" dont les fils et neveu sont encore au pouvoir. Anti avortement, famille, partir, eglise catholique, anti gay,... vous comprenez pourquoi en Espagne il n'y a pas besoin d'une Marine.

Le PP est englué dans des affaires de corrupción a faire rougir Berlusconi. Mais pas que le PP...
https://www.google.com/maps/d/viewer?mi … g&hl=en_US

La ou la France a toujours alterné entre 2 partís dont les membres sortent de la meme ecole. l'espagne goute a la democratie avec 4 partís.


Lien génial, merci!
Message posté par JimPooley
Ton exemple est correct dans les chiffres, mais le FN et le front de gauche ne s'entendront jamais pour gouverner. En revanche, une assemblée élue à la proportionnelle permettrait, après avoir constitué un gouvernement de consensus, que des majorités de circonstance se forment sur chaque texte soumis au vote : lorsqu'un texte est proposé au scrutin, chaque député voterait pour ou contre, non pas en fonction des consignes de son parti ou du gouvernement comme c'est le cas actuellement, mais selon son avis personnel. L'assemblée représentant alors fidèlement l'opinion publique (puisque proportionnelle) n'adopterait que des textes approuvés par celle-ci. C'est un beau fantasme...


Au vue de l’absentéisme justifié (par des commissions) ou non, de la suspension du vote fantôme, et le fait que le gâteau est trop bon je ne pense pas que les députés voteraient en leur simple âme et conscience sans suivre les avis du partis..

Il n'y a qu'à voir comment les frondeurs du PS se sont écrasé à chaque motion de censure de peur de perdre leur place car même s'il ne se reconnaisse plus dans la ligne politique de Valls ils n'ont jamais voté la motion de peur de perdre leur place.
bachounet Niveau : CFA
Message posté par JimPooley
Le scrutin majoritaire à deux tours permet même de gouverner avec moins que ça. Le principe est que seuls les deux (ou éventuellement trois, mais le seuil de "qualification" a été relevé récemment et est vraiment haut, et à la présidentielle c'est deux seulement) premiers du premier tour accèdent au deuxième. Le candidat élu finalement a donc fait 25 ou 30% (et même parfois moins : Chirac en 2002 c'est 19% au premier tour). C'est un système qui facilite le dégagement d'une majorité absolue, mais qui, du coup, met l'assemblée nationale sous la coupe du parti majoritaire, donc du gouvernement et en bout de chaîne du président : c'est la monarchie républicaine.


Ton raisonnement est plutôt tordu je trouve, conserver le % du premier tour comme référence c'est hyper gonflé...et même si tout système est imparfait, je préfère un système qui donne une majorité absolue pendant 5 ans à un groupe parlementaire que les systèmes proportionnelles qui donnent un pouvoir énorme à des petits partis qui font et défont les majorités avec quelques élus...l'exemple d'Israël en la matière ne me fait pas du tout rêver...
Le scrutin en Espagne n'est pas tout à fait proportionnel. Certaines circonscriptions envoient davantage de députés que d'autres, ce qui arrange bien les deux grands partis traditionnels (PSOE et PP). les autres formations réclament un changement de la loi électorale...
Et effectivement depuis décembre la situation a changé, ce système électoral sans second tour a fait que le bipartisme a laissé la place a des formations émergentes, Ciudadanos et Podemos. Ciudadanos est en effet un parti de centre qui semble prêt à s'allier à n'importe qui mais qui semble surtout en perte de vitesse. Podemos a désormais plus de poids surtout dans les grandes villes, mais son alliance avec Izquierda Unida (d'où "Unidos Podemos"), l'équivalent du Front de Gauche pour simplifier, n'a pas porté ses fruits aux élections de juin dernier. Et surtout Unidos Podemos peine encore à convaincre dans les régions rurales ou plus traditionnelles comme l'Andalousie.
A voir pour l'investiture, Rajoy est en train de se casser les dents car l'alliance avec Ciudadanos ne lui donne pas la majorité absolue. Mais je ne suis pas optimiste non plus quant à une alliance PSOE-Unidos Podemos, ils s'opposent quand même pas mal sur la politique économique, sur l'Union Européenne ou encore sur la question catalane... A voir, car s'il y avait une troisième élection, elle aurait probablement lieu... le 25 décembre!!!
"Ton exemple est correct dans les chiffres, mais le FN et le front de gauche ne s'entendront jamais pour gouverner"

Certes, mais le FN et le Front de Gauche cherchent la même chose : le chaos pour prendre la place.

La gauche française a toujours sous-estimé le poids du Pacte Germano-soviétique dans l'évolution des évènements qui ont suivi, et visiblement, ça ne change pas.
J'ai lu en diagonale mais la fin est vraiment conne. Je résume: "Le PP gagne grâce au jeu des alliances sauf si y'a des alliances à gauche". Bref, la plus grosse alliance gagne, c'est une lapalissade dans un scrutin à la proportionnelle. C'est pas propre au PP. Et c'est quoi le sous-entendu par rapport au Real? Il gagne avec des alliances?
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