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L'Espagne ou le savoir perdre

Pauvre Espagne. Pauvre Iker. Pauvre de nous. Personne n'aurait imaginé une telle issue à ce match. La Hollande de Van Gaal a renversé un colosse. Et le Mondial de nous donner une première leçon.

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À quoi bon ? À quoi bon continuer quand plus rien ne va, que le monde a décidé qu'il ne nous laissera plus nous relever, que le dos peine à se redresser et que les vertèbres craquent comme des osselets sous le poids de la dépression ? Il y aurait bien quelques images auxquelles s'accrocher comme pour respirer un peu et faire taire les sanglots, la rage et l'impuissance. Mais quand on a passé toute son existence à recevoir les éloges des esthètes de la planète, quand on est destiné à être posthume dès l'âge de 20 ans, quand votre façon de bouger et de jouer est devenu l'objet de l'admiration du monde entier, que votre personnalité a forgé le goût d'une époque et puis ensuite inspiré le mimétisme de vos adversaires, alors ce jour-là vous avez vraiment gagné. Quand vous êtes vainqueur sur le fond et sur la forme, vous n'avez plus de rival. Gagner n'est pas qu'une affaire de résultat sur un tableau d'affichage. Ce qui compte, c'est le plaisir et les émotions que vous avez offerts aux amateurs. Le vrai triomphe est celui de la mémoire. L'Espagne de 2008, de 2010 et de 2012 a fracassé les souvenirs et a redonné le goût du jeu à ceux qui n'y croyaient plus. L'Espagne nous avait appris à gagner. Après la gifle d'hier soir, elle a encore quelque chose à nous apprendre : savoir perdre.

L'ombre de Guardiola

Depuis longtemps, ils s'étaient préparés. Fernando Torres : « On passe notre vie à perdre ! D'ailleurs, on ne se bat pas pour gagner, mais pour ne pas perdre. C'est pour ça que les victoires sont si émouvantes. Gagner, ce n'est pas normal, c'est perdre qui est normal. » Si Pep Guardiola fondit en larmes à la fin d'un match contre Estudiantes en 2009, c'est sans doute parce qu'il savait qu'il venait de regarder le soleil en face un peu trop longtemps et qu'il serait bientôt l'heure de redescendre sur terre. Lentement, certes, mais de redescendre. Son Barça venait de remporter son sixième titre de la saison (Intercontinental). Avant ce match, il avait dit à Xavi, Busquets, Pedro, Fàbregas et Piqué : « Le futur est désespérant parce qu'il est impossible de faire mieux que ce que nous avons fait jusqu'à présent. Ce serait une erreur de vouloir un jour se comparer avec ce que l'on vient de faire. Notre mission est de continuer à travailler pour que nos gens se sentent toujours aussi fiers de nous. » Alors quand il avait gagné ce dernier titre, Pep s'effondra au milieu de la pelouse sous les yeux impudiques du monde qui n'en revenait pas. Il était comme ces gamins qui ne veulent pas écouter leurs parents et aimeraient jouer encore et encore, malgré la nuit qui vient, malgré le sommeil qui guette. On aimerait gagner toujours. Mais dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut.

Mal au saint

Que dire donc à des joueurs qui viennent de prendre une danse contre une Hollande surmotivée, brillante dans ses transitions et entraînées par l'un des mentors de Guardiola, Louis van Gaal ? Parler de la beauté de la défaite, c'est facile à dire quand on est le Barça et qu'on est sur le point de gravir l'Olympe. Ces mots rassurent, relativisent et donnent le supplément de lucidité nécessaire avant d'atteindre les derniers mètres. Mais quand, hier soir, Iker Casillas fut submergé par Robin van Persie (d'abord sur une sortie hasardeuse, puis un contrôle raté), que lui dire ? Il suffisait de presque rien, après tout. Un pas en arrière de plus (sur le coup de franc de Sneidjer), un contrôle réussi (contre Van Persie), un but de Silva qui eût donné une avance de deux buts à l'Espagne. Si le football est une métaphore de l'existence, c'est parce qu'il nous apprend que rien n'est jamais simple, que ce sont les détails et les hasards qui tracent les lignes des destins. Rien n'est noir, rien n'est blanc. Tout est gris. La distance qui sépare une victoire honorable d'une défaite honteuse est très courte. Perdre et gagner, c'est un peu la même chose. Comme il y a des films qu'on a vu des milliers de fois, dont on connaît par cœur le dénouement, mais qu'on s'obstine à rembobiner, à revoir, à en parler, à revoir encore, et en parler encore. Savoir perdre, c'est rembobiner, appuyer sur play et jouer, encore et toujours.


Le prophète à lunettes

À quoi bon ? C'est Marcelo Bielsa, celui qu'on appelle le fou, qui a donné la réponse à Pep Guardiola venu lui rendre visite à Rosario en 2007, quelques mois avant de prendre en main le destin du football espagnol. Quand on ne sait pas quoi faire et qu'on doute, il ne faut pas s'obstiner. Mieux vaut renoncer, partir en voyage et s'en remettre aux prophètes : « Les moments de ma vie qui m'ont fait progresser ont tous à voir avec les échecs ; les moments de ma vie qui m'ont fait régresser et empirer ont tous à voir avec le succès. Le succès déforme, détend, ment, nous dégrade, contribue à nous faire tomber amoureux de nous-mêmes ; l'échec, c'est tout le contraire, il est formateur, nous solidifie, nous rapproche de nos convictions, nous rend cohérents. Si je ne jouais que pour gagner, si je ne travaillais que parce que je voulais gagner toujours, si je ne faisais pas la différence entre ce qui est essentiel et ce qui est accessoire, alors je me tromperais lourdement. » Ce qui compte, c'est le travail, c'est-à-dire cette façon de ne jamais renoncer à devenir meilleur. Le résultat, c'est la conséquence, pas la cause. Bielsa : « Moi, je crois en l'esprit amateur ; l'amour du travail bien fait, c'est la seule chose qui rend satisfaisante l'exercice du travail. » L'Espagne a perdu et le Saint a sombré hier soir. Certes. Mais le plus intéressant est à venir. Après avoir gagné comme personne ne l'avait fait avant eux, ils vont nous montrer, maintenant, comment on perd, comment on tombe. Savoir perdre, c'est savoir renoncer à ce qui fait rêver le reste du monde - les titres - pour quelque chose de plus grand encore. Voilà ce que nous a appris l'Espagne. Les titres ne comptent pas. Ce qui compte, c'est l'éthique.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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