1. //
  2. // Gr. D
  3. // Espagne-Croatie (1-2)

L'Espagne entre sales draps et sérénité

Battue par la Croatie, l’Espagne, finalement deuxième de son groupe, affrontera l’Italie en huitièmes. Si elle s’est compliquée la tâche seule, la Roja n’a pas dit son dernier mot. Au contraire.

Modififié
1k 29
Après ses premières victoires, la Roja abordait son match contre la Croatie avec un maillot couleur vomi et beaucoup de certitudes. Emmenés par un Iniesta au sommet de son art, et forts d'un début de compétition qui a rappelé à tous le statut qui est le leur, les Espagnols étaient persuadés que la Croatie, privée de Modrić et Mandžukić, ne serait qu’une simple formalité. Pour finir premier du groupe et ainsi s’éviter la partie de tableau la plus difficile, Del Bosque, prudent, avait même pris soin d’aligner toutes ses forces vives. En marquant rapidement, les potes de Casillas pensaient avoir fait le plus dur : le but de Morata n’était en fait que le début d’une amère désillusion. En se contentant de faire tourner la balle et le chronomètre, sans prendre le soin de faire le break, les tenants du titre, sans nerf, sans envie, et au petit trot, ont longtemps cru gérer les débats sans se fouler. Au final et à l’instar d’un Iniesta transparent ou de Ramos, auteur du penalty arrêté par Subašić, elle a fini par déjouer. Résultat : eux qui se projetaient déjà vers un huitième de finale accessible, se retrouvent aujourd’hui dans une partie de tableau aussi bouchée que l'autoroute du soleil un 15 août.

Les poules comme sas de décompression


En 2012, les Ibères s’étaient déjà fait des frayeurs lors de leur troisième match de poule contre la Croatie. À l’époque, la Roja avait abordé le match exactement comme elle l’a fait ce mardi. À la coule. Sans un arrêt miracle d’Iker Casillas sur une tête plongeante de Rakitić, le destin des futurs champions d’Europe aurait sans doute été très différent. Hier, la Croatie, éliminée dès la phase de poules en 2012, a rendu la monnaie de sa pièce à des adversaires trop sûrs d’eux. Depuis qu’elle a commencé à gagner des titres en 2008, l'Espagne s’est non seulement illustrée pour sa philosophie de jeu, mais aussi pour son approche très mathématique des grandes compétitions. Elle a en effet pris la sale habitude de se brider lors des phases de poules pour ne donner son maximum que lors des matchs à élimination directe. Soucieux de préserver les organismes de joueurs qui, pour la plupart, affichent plus de 60 matchs par saison au compteur, Del Bosque a toujours planifié les phases de poules de son équipe comme de véritables sas de décompression. En 2010, la Roja avait ainsi perdu son premier match de la compétition contre la Suisse. En 2012, pour leur entrée en lice dans l’Euro, les Ibères s’étaient contentés d’un pauvre match nul contre l’Italie. En 2014, l’Espagne avait ouvert le score, puis manqué le break à plusieurs reprises avant de se faire marcher dessus par les Pays-Bas.

Del Bosque ce gestionnaire



Pour l’Euro 2016, la Roja n’a pas changé ses habitudes et a abordé la phase de poules à la légère. Étonnant ? Pas vraiment. Depuis qu’il a pris la relève d’Aragonés, Del Bosque a toujours fait de la gestion sur et en dehors du terrain son principal mot d’ordre. « El Marquès » sait qu’il a à sa disposition une génération dorée et qu’elle n’est pas éternelle. Depuis sa prise de fonctions, Del Bosque n’a qu’une obsession : faire durer le plaisir. Pour continuer à gagner, il s’est toujours efforcé de désamorcer les polémiques et les conflits en accordant une confiance aveugle à ses joueurs. Derrière ses faux airs de grand-père, « El Marquès » a démontré avec les galacticos du Real Madrid et avec l'Espagne que la diplomatie était sa formule gagnante. Critiqué pour son manque de turn-over, l’entraîneur considère surtout que ses cadres sont suffisamment expérimentés et intelligents pour doser leur effort, même lorsque ces derniers sont titulaires. Hier, après la défaite, Del Bosque s’est juste contenté de dire qu’il avait des « regrets » de ne pas avoir gagné. Le sélectionneur espagnol n’est pas du genre exalté. Il est d’ailleurs très peu probable qu’il ait soufflé dans les bronches de ses ouailles après la défaite contre la Croatie. Et pour cause : Del Bosque sait comme personne que ses joueurs sont des compétiteurs nés. Depuis 2008, la Roja n’a pas encaissé un seul but en match à élimination directe. En perdant contre la Croatie, l’Espagne ne s’est pas facilité la tâche. Mais cette fois, c’est sûr, elle est rentrée dans un Euro qu’elle compte toujours remporter.

Par Ramon Jabugo
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

abistodenas Niveau : DHR
L'Espagne ?
combien de divisions ?
Faire jouer chaque fois la meme équipe j'appelle pas ca gérer ses forces vives mais bon...
Maurizio ganz de zoilette Niveau : District
Si il ne gagne pas l'euro ils partiront sans aucun doute avec un trophée: celui du maillot le plus dégueulasse de l'euro voir du monde voir de l'univers.
Totti Chianti Niveau : CFA
Note : 1
Message posté par Maurizio ganz de zoilette
Si il ne gagne pas l'euro ils partiront sans aucun doute avec un trophée: celui du maillot le plus dégueulasse de l'euro voir du monde voir de l'univers.


Le fameux "vomi de paella"?
Peut être que pour l'Espagne, avoir été renversé de la sorte dans la partie de tableau la plus difficile est la meilleure chose qui pouvait leur arriver ?

Battre des figurants pour aller en finale n'aurait peut être pas permis à l'effectif de hausser son niveau de jeu et alors la finale aurait parut bien plus difficile. Là ils devront se défaire de l'Italie et l'Allemagne pour aller en demi, et donc s'ils y parviennent ils seront prêt à écarter n'importe quelle équipe sur leur chemin.
D'après la photo, Del Bosque nous a rendu un bel hommage à l'Emmanuel Petit de France-Afrique du Sud...
Del Bosque a fait exprès il savait que si il était premier et était du coup de l'autre coté du tableau avec une voie royale vers la finale ses détracteurs sur ce site (dont l'avis lui importe plus que tout) crieraient encore au complot pro espagnols de l'UEFA!
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Note : -1
On ne peut pas sérieusement croire que l'Espagne n'a pas joué à fond face à la Croatie(pourquoi avoir fait jouer les titulaires si c'était pour jouer au ralenti?), je crois surtout qu'ils n'en avaient pas plus sous le pied et que si le docteur Fuentes ne se ramène pas vite avec ses piquouses, l'Espagne va passer à la trappe...
Message posté par Totti Chianti
Le fameux "vomi de paella"?


J'ai adoré ce maillot dès que je l'ai vu! Du coup je suis étonné de ce lynchage en règle...
C'est grave docteur?
Message posté par skiiip
J'ai adoré ce maillot dès que je l'ai vu! Du coup je suis étonné de ce lynchage en règle...
C'est grave docteur?


Ça dépend. Tu penses quoi des caleçons de Valbuena ?
Le spectacle de la mauvaise foi des français qui commentent le sport espagnol m'a toujours étonné. Croient-ils vraiment que ça va mieux faire jouer leur équipe de France, sérieusement ?
Totti Chianti Niveau : CFA
Message posté par Syd
Le spectacle de la mauvaise foi des français qui commentent le sport espagnol m'a toujours étonné. Croient-ils vraiment que ça va mieux faire jouer leur équipe de France, sérieusement ?


Tu as raison et tort à la fois.
D'un côté, il y a une vraie volonté de bien faire. En foot, une indéniable domination technico-tactique ces dernières années. Des moyens, etc.
De l'autre, cela n'enlève pas le fait qu'ils aient étouffé ce qui pouvait être le plus gros scandale de dopage dans le sport moderne. L'affaire Puerto, le Dr Fuentès. Cela pouvait raser le sport Espagnol. Au lieu de ça, on efface tout et on fait semblant que rien ne s'est passé.
Ça ne te paraît pas bizarre à toi qu'un pays devienne le meilleur dans autant de disciplines à la fois. Bin moi, moyen.
Même si je leur reconnais un savoir-faire et une excellence dans la formation par exemple.
Ah les Italiens qui ont la dent dure contre l'Espagne= paniquent-ils déjà. Ou le souvenir d'un 4/0 en finale de l'Euro ( le score le plus lourd a ce stade de la compétition ?) est-il encore trop douloureux.
En sélection comme en clubs mieux vaut être Espagnol qu'Italien ces 10 dernières années.

Beau match à vous en 1/8 ème, nous les Argentins ont supportera le beau jeu et notre équipe en finale de Copa !
Message posté par maxlojuventino
On ne peut pas sérieusement croire que l'Espagne n'a pas joué à fond face à la Croatie(pourquoi avoir fait jouer les titulaires si c'était pour jouer au ralenti?), je crois surtout qu'ils n'en avaient pas plus sous le pied et que si le docteur Fuentes ne se ramène pas vite avec ses piquouses, l'Espagne va passer à la trappe...


Un beau champion...
Totti Chianti Niveau : CFA
Message posté par alfio
Ah les Italiens qui ont la dent dure contre l'Espagne= paniquent-ils déjà. Ou le souvenir d'un 4/0 en finale de l'Euro ( le score le plus lourd a ce stade de la compétition ?) est-il encore trop douloureux.
En sélection comme en clubs mieux vaut être Espagnol qu'Italien ces 10 dernières années.

Beau match à vous en 1/8 ème, nous les Argentins ont supportera le beau jeu et notre équipe en finale de Copa !


Si tu le dis.
Je n'ai la dent dure contre personne.
Ils dominent le football depuis quelques années, c'est une évidence.
Je ne le nie pas. Même si je souligne la part sombre de leur récente domination sportive.
Et historiquement, ce n'est pas l'Espagne notre rival en Europe.
Totti Chianti Niveau : CFA
Message posté par skiiip
J'ai adoré ce maillot dès que je l'ai vu! Du coup je suis étonné de ce lynchage en règle...
C'est grave docteur?


Bin non, l'égout et les douleurs...
Totti Chianti Niveau : CFA
Message posté par Totti Chianti
Si tu le dis.
Je n'ai la dent dure contre personne.
Ils dominent le football depuis quelques années, c'est une évidence.
Je ne le nie pas. Même si je souligne la part sombre de leur récente domination sportive.
Et historiquement, ce n'est pas l'Espagne notre rival en Europe.


Par contre, je ne suis pas ravi de les rencontrer aussi tôt dans la compétition.
Mais vu la forme des Croates, c'était pas forcément mieux.
Donc, on prend ce qu'on nous donne.
Message posté par Totti Chianti
Si tu le dis.
Je n'ai la dent dure contre personne.
Ils dominent le football depuis quelques années, c'est une évidence.
Je ne le nie pas. Même si je souligne la part sombre de leur récente domination sportive.
Et historiquement, ce n'est pas l'Espagne notre rival en Europe.


je parlais surtout de la Juventine qui n'arrête pas depuis le temps que je le lis de taper sur l'Espagne
Message posté par Totti Chianti
Tu as raison et tort à la fois.
D'un côté, il y a une vraie volonté de bien faire. En foot, une indéniable domination technico-tactique ces dernières années. Des moyens, etc.
De l'autre, cela n'enlève pas le fait qu'ils aient étouffé ce qui pouvait être le plus gros scandale de dopage dans le sport moderne. L'affaire Puerto, le Dr Fuentès. Cela pouvait raser le sport Espagnol. Au lieu de ça, on efface tout et on fait semblant que rien ne s'est passé.
Ça ne te paraît pas bizarre à toi qu'un pays devienne le meilleur dans autant de disciplines à la fois. Bin moi, moyen.
Même si je leur reconnais un savoir-faire et une excellence dans la formation par exemple.


Mouais. Il y a du dopage dans tous les pays. La différence, c'est que les dopés espagnols jouent mieux que les dopés français.

D'autant que les performances de l'équipe d'Espagne reposent moins sur l'addition de la puissance physique de chacun que sur un système de jeu, d'ailleurs très bien identifié de par le monde, et qui n'a pas trop fait de prisonniers ces derniers temps, tant il allie l'efficacité au spectacle - ce qui les laisse à peu près sans concurrents.

Quand ils jouent bien. Puisque la purge d'hier (pour qui les soutient) rendait très sympathique cette battante équipe de Croatie...
Attaque-Defonce Niveau : CFA
 //  17:31  //  Hooligan de la France
Note : 1
C'est clair qu'effectuer un pressing intense 90 minutes durant, ça ne nécessite absolument pas une condition physique optimale...... Nan parce que le pressing dés la perte du ballon, plus encore que les multiplications de passes latérales pour faire courir l'adversaire et le fatiguer (sans forcément chercher à créer un décalage), c'est pas du tout LE point fort tactique de cette équipe depuis 2008.

Cette équipe est chiante à mourir. J'y arrive pas, mais alors vraiment pas. Entre le refus des duels et les coups de pute à foison, j'ai jamais pu ressentir autre chose que du mépris pour le football espagnol, bien qu'il soit objectivement le plus exigeant et le meilleur au monde...
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
1k 29