1. // Equipe d'Espagne

L'Espagne assainie

Empoisonnée par les querelles Madrid/Barcelone, la sélection espagnole serait devenue en quelques semaines un endroit encore plus malsain que la maison des secrets. Prise de température après une semaine de collocation.

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Expliquer à qui veut l'entendre qu'il n'y a aucun problème, c'est, à demi-mots, reconnaître qu'il y en a un. Déjà abimée par les clasicos de la saison dernière, la Selección a de nouveau été victime de l'affrontement des deux clubs les plus puissants du pays. Real et Barça s'étaient mutuellement promis que ça n'arriverait plus, et jusqu'à la deuxième mi-temps du match retour de la Supercoupe d'Espagne, les deux clubs semblaient bien tenir leur promesse. En entrant sur la pelouse du Camp Nou, Marcelo s'est, à lui tout seul, chargé de remettre les choses aux poings, quand son coach a lui surtout utilisé son doigt. Jeux de mains, jeux de vilains, bagarre dégueulasse et bonjour les emmerdes pour Vicente Del Bosque. L'homme à la moustache désamorce très vite : « il m'est impossible de croire qu'Iniesta puisse mal se comporter avec Xabi Alonso par exemple, ou Iker avec Xavi, ou Albiol et Piqué. Il faut souligner le contexte de rivalité sportive qui existe entre les deux clubs, chacun défend le sien de la meilleure manière possible. Dans le cadre de la sélection, sans union, on n'aura jamais de résultat. Les bonnes relations existent et sont là et je suis persuadé que ça va continuer » . Avant de clôturer : « J'ai travaillé 36 ans pour le Real Madrid, mais aujourd'hui, je suis autant du Barça que du Real Madrid » .

Petit épisode

Une musique reprise très vite par la nouvelle star du moment en Espagne, Cesc Fabregas. Les valises à peine posées, le néo-barcelonais s'explique : «  je crois que toute cette histoire a crée trop de polémiques. Quand tu joues un Barça-Real Madrid, chacun veut gagner pour son club, ça, ça ne changera jamais. Il y a eu des actions qu'on n'aurait aimé ne pas voir, et ça tout le monde en est conscient, mais ici, en sélection, on est tous coéquipiers, et on défend nos couleurs. Cette bonne ambiance entre nous, personne ne nous l'enlèvera. Il faut en finir une fois pour toutes de cette histoire. On doit être plus unis que jamais si on veut de nouveau regagner ce que nous avons déjà remporté, le championnat d'Europe et la Coupe du Monde » . Se mettre à gagner des titres avec Barcelone a visiblement motivé l'ancien Gunner.

Vaincre le mal par le mal, c'était sans doute la seule solution pour entériner les mauvaises ondes. A l'image des rites de certaines tribus, le conflit va se gérer dans le sang. Ca tombe bien, en ce moment, les joueurs de la Roja sont presque plus à l'aise en free-fight qu'avec un ballon dans les pieds. C'est la fin du match, jusqu'alors amical, contre le Chili. Menés 0-2, les Espagnols reviennent à l'orgueil plus qu'au talent, et suite à un plongeon scandaleux d'Arbeloa, prennent même l'avantage sur pénalty. Frustrés, les Chiliens balancent des tacles à la gorge, Iniesta rentre dans la surface, sort un crochet exquis avant d'être abattu par Vidal. Le buteur de Johannesburg se relève avec dans l'idée d'expliquer au chilien ce qu'il pense de ses crampons. La situation dégénère très vite, Arbeloa le Madrilène se jette pour défendre Iniesta. Busquets le Catalan se joint aussitôt à l'embrouille pour soutenir le défenseur du Real, avant que Sergio Ramos vienne à son tour faire parler son physique. Bagarre générale. Il faut que Valdes, le gardien du Barça et Llorente, l'attaquant de Bilbao, sortent du banc pour calmer leurs camarades. A la sortie du terrain, Andres Iniesta chope le premier micro tendu: « ce petit épisode, c'est bien la preuve qu'on est une équipe soudée » . La méthode n'est certes pas la plus exemplaire, mais elle fonctionne.

Le coup de téléphone

Ambiance assainie, on se tape le ventre dans le vestiaire, et voilà les champions du monde plus proches que jamais. Une situation qui doit bien faire marrer les deux patrons de la Selección, Iker Casillas et Xavi Hernandez. Les deux hommes avaient, quelques jours auparavant, déjà fumé le calumet de la paix. « J'ai discuté avec Casillas un bon moment au téléphone, tout est réglé. C'est un grand mec et un grand coéquipier. Je suis content qu'il soit notre capitaine. Je l'ai toujours pensé. Quand il y a des problèmes, il faut en parler. On a tourné la page pour que la Selección soit en bonne santé. On finit par plus parler de ça que d'une Espagne qui vient de gagner un Euro et un Mondial. On s'appelle régulièrement depuis 1997. On est là pour jouer ensemble, aller au combat ensemble. On a un très bon groupe, on est ensemble depuis des années, on veut le meilleur pour le football espagnol » raconte le milieu de terrain. Avec ces deux-là, l'Espagne est devenue championne du monde des moins de 20 ans en 1999, championne d'Europe 2008 et du monde 2010. Tout laisse à penser que Casillas et Xavi seront de nouveau là en Pologne et en Ukraine en juin prochain. Et malheureusement pour les autres équipes, sans se faire la gueule.

Par Frédéric Losada

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c'est mignon!!

Ils s'aiment! Bin tant mieux, ils auront besoin d'être unis pour porter leur candidature dans le Tiers Monde....
C'est marrant, c'est là que l'on voit l'influence que Raul avait dans le viestaire (son rôle de capitaine a souvent été diabolisé) à la fois au Real (cf l'image donnée par le club depuis son départ, imputable à Mourinho, certes, mais surtout à des joueurs qui se comportent comme des petits merdeux) et en équipe d'Espagne. De mémoire, c'était jamais arrivé avec lui ce genre d'affaire...
Y'a pas, à peu près l'ensemble de l'équipe est bien insupportable (même Xavi avec certaines de ses déclarations ou ses contestations permanentes envers l'arbitre).

Bon, par contre, pour les clash Real-Barça, ce seait peut-être exagéré de dire qu'avant l'arrivée de Mourinho et le départ de Raul, il n'y avait pas d'incidents, non ?
Mais avant c'était main dans la main, bisou sur la joue et doigt dans le cul !
@Eljim : Raul n'a pas été madrilène sous Mourinho. C'est Mourinho le problème à Madrid, pas les joueurs. Les joueurs madrilènes ne se sont pas comportés comme des animaux quand ils s'étaient pris six buts à domicile en mai 2009.
@ Kuduro :

Maintenant c'est doigt dans l'oeil, à peu de choses près, on s'y retrouve !
@Kurdt : "Les joueurs madrilènes ne se sont pas comportés comme des animaux quand ils s'étaient pris six buts à domicile en mai 2009"

Et ça veut tout dire de ce Real de l'époque : je m'en foutiste.
On s'en fout de ce pays de merde!
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