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L'énigme Lars Lagerbäck

Aujourd'hui à 16h00, l'Argentine affronte le Nigéria. L'occasion de juger enfin le travail de Lars Lagerbäck. Le sélectionneur suédois des Super Eagles, en place seulement depuis février, a découvert ses joueurs il y a quatre mois mais a pour mission de décrocher une demi-finale.

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Au départ, Lars Lagerbäck avait promis d'être du voyage en Afrique du Sud à la tête de la sélection suédoise. Avec le génie de Zlatan, cela ne devait être qu'une formalité. Une non-qualification aux Mondiaux en forme de traumatisme et une démission plus tard, voilà Lagerbäck laissé sur le carreau à l'automne 2009. Avant qu'en février 2010, le Nigéria lui propose une pige un peu folle de cinq mois. Cinq mois allant de février à juillet 2010, avec pour objectif de faire autre chose que de la figuration en coupe du Monde. Cent cinquante jours pour appréhender une équipe et une culture auxquelles Lagerbäck est totalement étranger. Et pour cause : l'homme n'a jamais connu rien d'autre que le football suédois, auquel il a consacré toute sa carrière jusqu'à présent.



Après une modeste carrière de joueurs (Alby de 1960 à 1969, Gimonas de 70 à 74) et d'entraîneurs de clubs (Kilafors de 77 à 82, Abra de 83 à 85 et Hudiksvalls de 87 à 89), Lars découvre en 1990 la sélection nationale en commençant par les moins de 21 ans. Cinq ans de bons et loyaux service, et une ascension constante qui en fait une valeur sûre dans son pays: l'équipe B (1996-1997), l'équipe A en tant qu'adjoint de Soderberg (1997-2000), et enfin le poste de sélectionneur de 2000 à l'automne 2009. Le tout pour un bilan plutôt honorable : en 2002 et 2006, il porte la Suède jusqu'aux huitièmes de finale et lors de l'Euro 2004, il emmène son pays jusqu'à un joli quart. Soit.



Il n'empêche qu'au Nigéria, l'homme inquiète un peu et intrigue beaucoup. La fédération a beau louer sa connaissance parfaite du football local, Lagerbäck ne connaissait quasiment aucun des joueurs qu'il allait devoir driver par la suite lorsqu'il a pris ses fonctions. Quand même. Après le limogeage de Shaibu Amodu pour cause de 3ème place à la CAN, on attendait une véritable révolution de la part de Lagerbäck, pour qu'au moins le départ de l'homme à tout faire des Super Eagles serve à quelque chose ; elle n'a pas eu lieu. Certes, Lagerbäck a bien troqué le 4-3-3 pour un 4-4-2 et donné leur chance à Yobo, Taiwo et Obinna à la place d'Apam, Echiejile et Martins. Mais les matchs nuls contre l'Arabie Saoudite (0-0) et la Colombie (1-1) et la victoire obtenue dans la douleur contre la Corée du Nord (3-1) n'ont pas rassuré. Le sélectionneur s'est quant à lui déclaré «  très satisfait » de cette préparation.



Et puis surtout, il y a l'homme, qui intrigue et fascine à la fois. Ceux qui ont tenté de cerner le personnage n'y sont pas parvenus. Une anecdote –disent-ils- le résume parfaitement : on raconte ainsi qu'un jour, un jeune journaliste souhaitant impressionner son rédacteur en chef demanda à Lars Lagerbäck de lui révéler un scoop. Après une longue réflexion, celui-ci répondit, placide : «  Celle-là, personne ne la connait encore : nous avons changé de marque pour les voitures officielles de la sélection nationale. Nous sommes passés chez Nissan » . Un personnage déroutant, sobre et mesuré. Aux antipodes d'une sélection nigériane pleine de fougue et de panache. La fédération nigériane jure ses grands dieux que l'alliance des deux est un savant cocktail qui conduira très vite à de jolies victoires. Cette après-midi, on saura enfin.

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