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  1. // Euro 2016
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L’effet de Srna

Depuis le début du tournoi, la Croatie est à l'image de son capitaine et modèle. Belle, sentimentale, parfois vicieuse et insatiable.

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On joue la 70e minute et toujours 1-1 au tableau d’affichage. Sans le faire vraiment exprès, Vrsaljko pousse David Silva dans la surface de réparation et offre un penalty litigieux, mais pas complètement immérité, au vu du match, à l’Espagne. Et donc, dans l’esprit de tous les téléspectateurs, la première place du groupe D ne peut désormais plus échapper à la Roja. Et pourtant... Pourtant, Darjo Srna, l’âme, lame, larme de cette équipe-là, va en décider autrement. Il se dirige vers son banc, demande à Modrić de quel côté Ramos a l’habitude de tirer ses penaltys, va voir Subašić, lui donne l’information, déstabilise le Madrilène prévenu par Busquets et précipite donc la chute de l’Espagne. Le ballon ne finira pas en orbite cette fois-ci, mais dans les gants du gardien monégasque. Quelques minutes plus tard, Perišić ira crucifier De Gea. 2-1. La Croatie est première du groupe D, à la surprise générale.

Les notes de la Croatie


Cette action n’est qu’un symbole. Et d’ailleurs, même si Subašić assure que Srna lui a donné le bon côté au micro de beIN, rien ne nous assure que c’est vrai, et puis surtout, ce n’est pas Srna qui a sorti ce penalty. Mais voilà, à 34 ans, le capitaine croate incarne aujourd’hui une certaine idée du football. Le football vicieux, émotif, combatif. Le football qui fait vibrer. Il y a dix jours, le 12 juin, son père décédait en plein match contre la Turquie. Darijo quitte ses coéquipiers et retourne chez lui, pour les obsèques. Trois jours plus tard, il est de retour contre la Tchéquie, alors qu’on ne l’attendait pas forcément de sitôt, et nous dresse le poil pendant l’hymne croate.


Les deux buts, marqués ce jour-là, lui sont directement dédiés. Srna, malgré l’absence, la perte, tient à jouer ce match et pas seulement pour se changer les idées. Il est acteur de l’ascension et de la chute de son équipe face à la Tchéquie. Et si on retiendra forcément plus la performance de Perišić contre l’Espagne (une passe décisive, un but et une activité folle pour l’Interiste) que la sienne, c’est parce que les chiffres ont souvent plus d’impact. Mais en y regardant de plus près, c’est clairement l’homme au brassard jaune qui devrait obtenir le statut de MVP pour l'ensemble de son œuvre. D’abord, appliqué à bien défendre, comme tous ses coéquipiers, il a ensuite largement contribué à briser le moral des Espagnols. En défendant bas, sans se jeter, mais intelligemment, histoire de dessiner des autoroutes dans le dos de Piqué et Ramos. Par des remontées de balles supersoniques. Par des centres millimétrés. En mettant régulièrement l’arbitre sous pression. Par des gestes à la limite du fair-play. En encourageant ses coéquipiers dès qu'il sent un coup de mou.


En haranguant le plus souvent possible le public. En mettant le doute sur Sergio Ramos à un moment crucial du match. Bref, en montrant l’exemple à ses coéquipiers. Que ce soit du point de vue du jeu, de l’intelligence tactique ou de l’émotion, la Croatie est pour le moment sans problème sur le podium de cet Euro. Et Darijo Srna n’y est clairement pas étranger.



Par Ugo Bocchi
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