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L’Écosse attend son tour

Seule sélection britannique absente de l’Euro en France, l’Écosse aimerait faire son retour dans le concert international. Sa dernière participation à un grand tournoi remonte au Mondial 1998. Vingt ans après, les kilts seront-ils de sortie en Russie ? Il n’est pas interdit de le penser, grâce au travail de Gordon Strachan sur le banc et à l’émergence d’une nouvelle génération sur le pré.

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C'est un fait : les gars venus du nord de la Manche ont sacrément égayé l'Euro français cet été. Ok, quelques Anglais ont un peu bastonné du côté de Marseille – ou plutôt se sont fait dérouiller par une poignée de gros bras russes –, mais globalement, l’impression générale a été formidable : Irlandais, Nord-Irlandais et Gallois ont mis l’ambiance, fait chanter les flics, bercé un nourrisson, réparé une voiture, fait danser des passants lambda, chanté faux mais avec beaucoup de cœur, bu beaucoup mais avec joie. C’était chouette, ça l’aurait été encore plus s’il y avait eu en plus la Tartan Army, ce douzième homme écossais qui n'a pas eu ce loisir car l’équipe nationale écossaise a encore une fois échoué à se qualifier pour un grand tournoi. Une habitude : sa dernière participation aux grandes fêtes du foot qui ont lieu chaque année paire en juin-juillet remonte à la Coupe du monde 1998. Les Français auraient aimé retrouver ces drôles de fans portant fièrement le kilt et le cheveu roux. La Tartan Army, a la réputation de compter parmi elle les meilleurs supporters du monde. Les plus courageux aussi. Car il en faut pour continuer à croire en des jours meilleurs, après quasiment deux décennies de déception.

2008-2012, les années noires


Petit coup dans le rétro. L’Écosse n’a pas toujours été nulle. Pendant un temps, elle a même été la meilleure sélection britannique. En 1974, elle représente le Nord de l’Europe et figure parmi les favorites du Mondial ouest-allemand, mais Law, Bremner, Dalglish, Morgan et Lorimer se plantent à sortir des poules. La Tartan Army devient pourtant incontournable et dispute quatre coupes du monde consécutives jusqu’en 1990. Six ans plus tard, chez l’éternel rival anglais – la plus vieille rivalité de l’histoire du football, tout de même –, c’est l’époque de la dernière génération dorée du foot écossais, celle de McAllister, Collins, Durie et Hendry. Au moment même où Trainspotting (1996) sort dans les salles en France, faisant de Renton, Spud, Sick Boy et Begbie des héros trash, l’équipe au chardon entame son déclin. Une dernière apparition deux ans plus tard en France pour y faire de la figuration et rideau.

Le fabuleux football écossais rate la marche de la mondialisation. Son championnat domestique a retrouvé cette saison un peu de médiatisation avec le retour des Rangers pour taquiner le Celtic, mais il a fini par s’enfoncer dans la médiocrité et accuse désormais plusieurs trains de retard sur les grands championnats européens. Une preuve ? À part le Celtic, les trois autres qualifiés pour la Ligue Europa cet été se sont tous fait sortir dès les phases préliminaires par des clubs danois, slovène et maltais... Les étés précédents, c’était déjà à peu près la même déroute. Et l’équipe nationale alors ? Elle a plongé, elle aussi, avec un pic de souffrance atteint sur la période 2008-2012, celle des sélectionneurs George Burley et Craig Levein : pourcentage famélique de victoires et jeu dégueulasse, même les supporters les plus hardcore avaient fini par s’en dégoûter.

Strachan, le meilleur bilan depuis les seventies


Sauf que depuis quelque temps, ça va enfin un peu mieux. La qualification pour l’Euro 2016 a encore été manquée, mais au moins, l’Écosse n’a pas fait honte à ses fans. Depuis qu’il a pris les choses en main en 2013, Gordon Strachan a obtenu des résultats positifs : 15 victoires en 30 matchs, soit le meilleur ratio pour un sélectionneur depuis le début des années 70. Avec un 31e match aux affaires ce week-end, il va égaliser la longévité de Berti Vogts. La légende d’Aberdeen, de MU et Leeds a deux obsessions actuellement : qualifier son équipe pour le prochain Mondial et faire évoluer les mentalités des joueurs écossais, le premier des objectifs n’allant pas sans l’autre. Début juin, avant l’amical face aux Bleus (0-3), il s’agaçait en conférence de presse de cette tendance de ses troupes à manquer de conviction et à se chercher des excuses faciles. « On est une nation de ce que j’appelle des passeurs malchanceux, expliquait-il. Quand ils perdent la balle, on les entend trop souvent dire : "Oh, pas de bol !" Mais ce n’est pas de la malchance quand ça fait quatre fois qu’un joueur donne un mauvais ballon. » C’est le syndrome « Rent-Boy » , personnage principal de Trainspotting interprété par Ewan McGregor : à force de se dénigrer, l’Écossais a fini par se convaincre que sa misère était inéluctable et à se complaire dans la nullité.

Oliver Burke, le nouveau Gareth Bale


Il y a pourtant incontestablement du mieux à signaler du côté d’Hampden Park avec l’émergence d’une nouvelle génération moins portée sur la lose. Les « vieux » Fletcher, Greer, Gordon et Maloney sont encore là pour encadrer les troupes, mais la dernière sélection de Strachan compte tout de même sept joueurs de vingt-deux ans et moins. Parmi eux, deux latéraux titulaires en puissance : Andrew Robertson de Hull City et Callum Paterson de Hearts.


Surtout, il y a le nouveau joyau de l’équipe au chardon : l’ailier Oliver Burke, dix-neuf ans, révélé à Nottingham Forest et qui découvre cette saison la Bundesliga avec le très ambitieux promu Leipzig. Le club de l’ex-Allemagne de l’Est a déboursé une bonne quinzaine de millions d’euros pour récupérer celui qui est considéré comme le nouveau Gareth Bale. Un grand gaillard, athlétique, rapide, véloce, habile et malin, le parfait joueur moderne qui a découvert les joies de la sélection en 2016, alors que l’Angleterre le courtisait (il était éligible par sa mère). Qu’une telle pépite privilégie l’Écosse à l’Angleterre, voici une preuve que les choses sont peut-être en train de changer et que cette bonne vieille sélection au chardon est en passe de redevenir sexy. N’en déplaise à Rent-Boy qui, hasard ou pas, refera son retour dans les salles pour la suite de Trainspotting en mars prochain.

Par Régis Delanoë
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"It's SHITE being Scottish! We're the lowest of the low. The scum of the fucking Earth! The most wretched, miserable, servile, pathetic trash that was ever shat into civilization. Some hate the English. I don't. They're just wankers. We, on the other hand, are COLONIZED by wankers. Can't even find a decent culture to be colonized BY. We're ruled by effete assholes. It's a SHITE state of affairs to be in, Tommy, and ALL the fresh air in the world won't make any fucking difference!"

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