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L'autre Maradona

« Tous les matins, je me réveille, je me regarde dans la glace et je remercie Dieu de ressembler à Diego. »

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À l'entrée du Caminito, le coin touristique du quartier de la Boca, c'est lui la star. À côté des danseurs de tango et des rabatteurs, il reste assis sur sa chaise. Il ne va pas chercher les touristes, ce sont les touristes qui viennent à lui. D'ailleurs, un gamin, pas plus de dix ans, lui tombe dessus : « Maradona, Maradona, je peux faire une photo avec toi s'il te plaît ? » Et lui de répondre, du tac au tac, au premier degré : « Ouais, pas de souci. T'as combien sur toi ? » Le gamin ne s'attendait pas à ça. Bouche bée, il retrouve ses parents, prend une respiration et tente une négociation. En vain. Dégoûté, les yeux presque noyés, il s'en va en traînant des pieds et ne reviendra jamais. Mais pas de quoi émouvoir l'autre Maradona, stoïque : « Eh ouais, j'aimerais bien offrir des photos de temps en temps. Mais je ne peux pas. Mon image, c'est mon travail, tu comprends ? Y en a déjà qui volent des photos, mais si je commence à faire des cadeaux, je ne m'en sortirai pas. » Un sens des affaires à toute épreuve. Un Maradona plus vrai que nature.

Diego le Blanc

Régime inversé et météo


Escolástico Berto Méndez de son vrai nom, Coco pour les intimes, Diego pour les touristes, n'a pas vraiment de talent. Il ne chante pas, il ne danse pas, il jongle difficilement, il joue au foot mais « pas très bien » et il se considère aujourd'hui comme un acteur, même s'il a appris la comédie sur le tard. Mais il n'a pas vraiment besoin de tout ça. Il a mieux qu'un talent, il a un don du ciel, un physique à peu près semblable à celui de Diego Armando Maradona. Et ça, ça lui a permis de tracer sa route, sans trop de difficulté, alors que lui-même n'y croyait pas trop au départ : « C'est un pouvoir qu'on m'a donné et je peux te dire que ça a changé ma vie. Au début, c'était un peu fatigant, je ne comprenais pas trop pourquoi les gens trouvaient que je ressemblais à Maradona. Et puis finalement, je m'y suis fait et j'en ai fait mon travail. Aujourd'hui, dans la rue, les gens m'arrêtent, me parlent et me respectent beaucoup. »


Pour lui, tout a démarré en 1995. Alors électricien, timide, réservé, mari dévoué, papa de cinq enfants et avec des faux airs de Maradona, il décide de vérifier si ce que les gens disent est vrai. Il se rend au casting du film El día que Maradona conoció a Gardel et il fait l'unanimité : il sera la doublure du vrai Diego. Depuis ce jour, il ne vit presque plus que de ça. Il est l'autre Diego. Quand il fait beau, il est au Caminito et fait le show pour les touristes, contre quelques pesos. Quand il pleut, il organise son planning (il fait aussi des spectacles en boîte ou pour des entreprises) et peaufine son physique, pour toujours être à la page. Il met un point d'honneur à suivre les changements de look de l'original : « C'est mon métier, je me tiens informé. Je regarde souvent des vidéos de lui pour essayer de copier sa démarche, son attitude. Quand il s'est teint les cheveux par exemple, j'ai fait pareil. Quand il a grossi, je me mettais un coussin sous le maillot. En revanche, quand il a maigri, je n'ai rien pu faire. » Faut pas pousser non plus.

Câlin de Valderrama et râteau de Macri


Et puis comment se priver d'un peu de bedaine quand, du jour au lendemain, il se retrouve invité et chouchouté aux quatre coins du monde pour seconder le Pibe ? Spots publicitaires, shooting photo, émissions télévisées... Coco dépanne et en profite autant qu'il le peut. En 98, peu avant un éliminatoire de Coupe du monde entre la Colombie et l'Argentine, il se rend au stade de Barranquillas et croise Valderrama qui tombe dans le panneau. Il le prend dans ses bras, l'embrasse et l'accueille comme le vrai : « Comment tu vas Maestro ? Bienvenue chez moi ! » Une rencontre qui fera le tour des télévisions colombiennes, également dupes, et qui se demanderont pourquoi Maradona était venu assister à un match de Passarella, l'un de ses nombreux ennemis. Ce genre de quiproquo, c'est le quotidien de Coco. Notamment avec les touristes : « Une fois, y a un Hollandais, il a pleuré en prenant une photo de moi. Et puis il s'est rendu compte que je n'étais qu'un sosie. »


Parmi ses autres exploits, il a également essayé de faire payer une photo à Mauricio Macri. Mais finalement, non, l'actuel président argentin se défendant d'un : « Tu ne vas pas me faire payer à moi, non ? » Et puis comme le temps, c'est vraiment de l'argent pour lui, il retourne à sa chaise et à ses touristes. Devant tous les objectifs, il se transforme, fait le plein de confiance et redevient Maradona, l'excentrique. À genoux, de dos, le pouce en l'air, un ballon dans la main ou sur la tête, « il tient à se plier aux exigences du client » même s'il doit parler fort, faire le clown et forcer un peu sa nature. Avant de conclure sur un chuchotement et un sourire : « Je me répète peut-être, mais j'ai vraiment de la chance d'être tombé sur Maradona. Le meilleur joueur de l'histoire, un génie, le plus grand de tous, que je côtoie dans mon travail, même si je le vois moins depuis qu'il est à Dubaï. Les gens l'adorent et je gagne bien ma vie aujourd'hui... Franchement, tout va bien pour moi. Et puis, qui n'aurait pas envie d'être Maradona, franchement ? »



Par Ugo Bocchi, à Buenos Aires
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