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  3. // FC Séville/Atlético Madrid (0-3)

L'Atlético domine le taureau sévillan

Les Colchoneros s'imposent 3-0 au terme d'une superbe seconde mi-temps où Séville a payé ses assauts répétés en attaque. Le football espagnol fait la nique à la Ligue 1 : les Andalous viennent de montrer qu'il était tellement plus beau mourir les armes à la main.

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FC Séville 0-3 Atlético Madrid

Buts : Koke (35e), Gabi (78e), Jackson Martínez (85e) pour l'Atlético

On dit parfois d'une rencontre qu'elle se joue sur des détails. Ici, ces détails ont un nom : un tibia parfois, une tête souvent. Séville aura tout tenté. Passer sur corner, sur les ailes avec des centres, en tirant de loin, en faisant entrer Kevin Gameiro et Konoplyanka. Mais les Colchoneros étaient décidément trop forts ce soir, et parviennent à gagner par trois buts d'écart en ayant totalement subi pendant une demi-heure. Elle est peut-être là, la différence entre le taureau et le matador : peu importent les efforts du premier, son destin est scellé. La mise à mort n'est qu'une question de temps.

Griezmann picador, Koke matador


Au coup d'envoi, les deux coachs décident de la jouer old-school : Konoplyanka, Kakuta et Gameiro sont sur le banc de Séville, Llorente seul à la pointe de l'attaque. En face, les recrues Martínez, Vietto, Ferreira Carrasco et Savić sont eux aussi en survêtement. Pour cette première grosse affiche de Liga, mieux vaut se reposer sur des schémas qui fonctionnent. Du coup, en toute logique, l'entame est disputée comme une corrida sévillane. Pas moyen pour le moment de distinguer le torero de sa bête, puisque les deux équipes se disputent le ballon sans parvenir à prendre réellement le contrôle de l'affrontement. Un homme prend toutefois une option sur le rôle de picador : Antoine Griezmann. Le Français est remuant, se bat pour récupérer des ballons au milieu de terrain, transmet et court dans la surface pour tenter de conclure. En revanche, épuiser un taureau ne se fait pas seul. Un peu de soutien au cœur de l'arène ne ferait pas de mal, mais Torres n'est jamais totalement là où il faut.

Le face-à-face est plaisant, mais il lui manque ce zeste de folie dans l'avant-dernière passe pour réellement se redresser sur son siège. Le déchet est visible, certes, mais il faut dire que la garde est solide côté andalou. Ça, c'était oublier le travail d'épuisement d'Antoine De Maximy Griezmann, qui sonne régulièrement à la porte des cages de Beto. À la 35e, il réceptionne le cuir en pivot et s'allonge sur un défenseur. Détrompez-vous, Antoine ne dort pas : il s'arrache comme un chien et transmet du pied gauche à Koke, qui conclut de la pointe. Les Colchoneros mènent à la mi-temps, mais en réalité, peu importe le score. Ce but constitue surtout la promesse d'une seconde mi-temps plus ouverte.

Le roseau plie…


Séville pousse. Une fois, deux fois, trois fois. En face, une jambe, deux jambes, trois jambes. Séville combine, mais trop. Combien de buts marqués sur une tête en arrière ou un tir contré en comparaison d'un unique chef-d'œuvre collectif ? Reyes, Banega et Vitolo jouent bien, mais jouent parfois trop. Madrid, comme le roseau, plie, mais ne rompt pas, profitant des espaces pour aligner quelques contre-attaques à la chaîne. Mais quand Torres ne manque pas son dribble, c'est son partenaire d'attaque qui pousse trop son ballon. Et cette tension sur les cages de Jan Oblak, bon sang… Llorente ! C'est à côté sur une frappe du gauche (65e). Le mieux, c'est que Cholo Simeone ne blinde pas et fait entrer Ferreira Carrasco. Gameiro entre, Konoplyanka aussi, tous en attaque.

Les ballons fusent devant les filets madrilènes, sur corner, sur tirs de loin ou par le biais de centres venus des ailes. Et à trop rater, le coup du sort : Gabi contrôle le ballon aux 30m, déclenche une frappe contrée par le dos d'un défenseur, qui finit dans les cages des Palanganas. Cruel. Très cruel. Les têtes baissées des Sévillans dodelinent à peine quand Jackson Martínez rajoute une perle d'une sublime frappe enroulée de l'extérieur de la surface. Elle est du gauche, mais chut, Séville ne mérite pas ça. Dans la tradition de la corrida, un taureau ayant fait preuve de bravoure peut être gracié par le public. Que celui du stade Ramón Sánchez fasse preuve de clémence : la bête a mérité de vivre.

Par Théo Denmat
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