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L’Atlético a-t-il le coffre pour suivre le Barça ?

Co-leader de Liga, l’Atlético de Madrid fait peur. Armés de Diego Simeone, ses Colchoneros ont la gueule d’un épouvantail, le talent d’un champion, les cojones d’une équipe prête à tout, et le soutien de tout un peuple. Bref, une bonne tête de vainqueur.

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« Le candidat  » , pour Marca. « Pichichi d’Espagne » , pour As. Au lendemain d’un week-end riche d’enseignements, la presse madrilène a fait son choix : l’Atlético fait la Une. Dans un championnat à deux têtes et une presse scindée entre Real et Barça, l’exploit est de taille. Retrouver en tête d’affiche le maillot des Colchoneros et la dégaine de Diego Costa en couverture de ces deux quotidiens relève donc de l’exploit. Et quel exploit ! Après huit journées de Liga, l’Atlético de Madrid a remporté tous ses matchs, détient la meilleure défense du championnat et profite de la forme étincelante d'un Costa, actuel Pichichi. Bref, un rythme de champion qui offre aux ouailles de Simeone le très symbolique «  meilleur départ de l’histoire du club » . Pour un club vieux de 110 ans, la performance est à souligner. De quoi redistribuer les cartes d’un championnat promis au FC Barcelone et au Real Madrid. Et émoustiller tout un peuple matelassier qui n’ose y rêver. Explication d’un succès qui doit beaucoup à Diego Simeone, à ses guerriers et à une ferveur retrouvée.

Luis Enrique : « Le rival le plus puissant »

Ce dimanche, après une huitième victoire consécutive, le Vicente Calderón était en fusion. Son XI, malgré une seconde période presque insipide, a bonifié le succès acquis une semaine plus tôt dans le derby de Madrid (1-0). Une victoire en patron (2-1 face au Celta Vigo) pour Luis Enrique, coach adverse et admiratif du parcours de son bourreau du jour : « Pour ce que j’ai vu jusqu’à aujourd’hui, il ne fait aucun doute que l’Atlético est un candidat pour le titre. C’est le rival le plus puissant que nous avons affronté. La Liga est très longue, mais, s’il continue ainsi, il serait absurde de ne pas penser à lui (l’Atlético, ndlr) comme un candidat. » Diego Simeone préfère, lui, tenir un autre discours. Adepte du « pour vivre heureux, vivons cachés  » , El Cholo n’a pas dérogé à sa règle à base de : «  Nous devons penser au match face à l’Espanyol dans deux semaines.  » Une stratégie au jour le jour qui permet à ses joueurs de rester en alerte sans se disperser. Pourtant, tous les signaux sont au vert pour rendre crédible la thèse d’un Atlético en haut de l’affiche en juin prochain.

Car l’Atlético de Simeone est un rouleau compresseur ordonné. Depuis le départ de Radamel Falcao, le jeu des Matelassiers est tourné vers son propre rendement. Autrement dit, l’Atlético qui « jouait pour Falcao » , dixit Diego Simeone, a laissé place à un Atlético qui joue pour son collectif. Le début de saison prolifique de Diego Costa (dix buts en huit matchs, champagne) ne change rien à cette nouvelle philosophie. Depuis l’Inter de Mourinho, jamais une équipe n’avait tant ressemblé à son coach. Tout en grinta, l’Atlético ne lâche jamais rien. Le derby face à l’ennemi merengue en a été la parfaite illustration : durant 90 minutes, les Colchoneros se sont jetés comme des morts de faim sur chaque ballon sans jamais perturber l’organisation de Simeone. En Ligue des champions, même topo : l’Atlético régale. Que ce soit face au Zénith (rejoint au score) ou à Porto (mené), le caractère des Madrilènes a fait la différence. Niveau talent, Koke, Arda Turan et David Villa sont là pour régaler. Et depuis cet été, même le banc de touche a pris de l’épaisseur (Leo Baptistão, Toby Alderweireld, Josuha Guilavogui).


Simeone redonne sa fierté aux Matelassiers

Surtout, l’Atlético dispose d’un soutien populaire sans commune mesure actuellement en Espagne. Si le Barça a les faveurs des bookmakers, et une expérience du haut niveau bien plus riche, son actuel dauphin a pour lui un entraîneur charismatique. Depuis décembre 2011 et l’arrivée de Diego Simeone, tout a changé. « Diego Simeone, avant d’être l’entraîneur de l’Atlético, en était joueur, rappelle César Colmenarejo, président de la peña Atlético Remedios. Il connaît très bien le club et a uni tout le monde : joueurs, salariés et supporters. Ceci, tu ne peux pas l’acheter avec de l’argent.  » Avec une Supercoupe d'Europe, une Europa League, et une Copa del Rey, le Cholo a redonné ses lettres de noblesse au club centenaire. « J’étais à toutes les finales, se souvient ce même César, abonné depuis les années 70. Pour sûr, la finale de Copa, au Bernabéu, face au rival du Real, reste un très grand souvenir.  » Et surtout, le début de quelque chose.

Par Robin Delorme, à Madrid
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