1. //
  2. // Affaire des paris clandestins

L'Atalanta tremble

L'affaire des paris clandestins, qui agite l'Italie depuis le début de l'été, est à l'heure des jugements. Et ils font mal. L'Atalanta pourrait débuter la prochaine Serie A avec 7 points de pénalité, tandis que Beppe Signori et Cristiano Doni risquent cinq et trois ans de radiation. Vraiment mérité ?

Modififié
0 2
La requête du procureur fédéral fait mal. Sept points de pénalité pour l'Atalanta, l'une des équipes la plus mouillée dans l'affaire des paris clandestins, les "scommesse", comme on les désigne en Italie. L'équipe bergamasque, tout juste promue en Serie A, évite déjà le pire, et ce que tous les tifosi craignaient : la relégation. Cette même relégation que les juges n'avaient pas hésité à infliger à la Juventus, lors de l'été 2006. Mais le parallèle entre les deux affaires est visiblement déplacé. Les dirigeants du club n'ont visiblement pas grand-chose à voir avec toute cette histoire, qui se limiterait à des matches arrangés entre joueurs.

Or, à ce petit jeu, les joueurs de l'Atalanta se sont fait pincer. Et en particulier Cristiano Doni. Le mythique capitaine de l'équipe, symbole du club depuis la fin des années 90, aurait magouillé avec des joueurs d'autres équipes pour influencer le score de certains matches. Même si lui se dit "totalement étranger" à cette affaire, le procureur fédérak en charge de l'affaire, Stefano Palazzi, est apparemment convaincu du contraire. Il requiert trois ans et six mois de suspension pour le meilleur buteur de l'histoire du club lombard. Une sanction qui veut dire bien des choses pour Doni. Dans trois ans, il aura 41 ans. Sa carrière pourrait donc s'arrêter au Tribunal.

Signori, patron ou dindon ?

Mais Doni n'est évidemment pas le seul contre qui une sanction de ce genre a été requise. Son coéquipier, Thomas Manfredini, est également menacé d'une suspension de trois ans. Tout comme d'autres joueurs appartenant aux divisions inférieures, parmi lesquels d'anciens pensionnaires de Serie A, comme Mauro Bressan (5 ans), Antonio Bellavista (5 ans) ou Vincenzo Sommese (5 ans). Mais ce qui fait le plus mal au cœur, c'est cette même sentence qui tombe comme une massue sur Beppe Signori. Le juge a également requis cinq ans de radiation pour l'ancien bomber de la Serie A, qui crie pourtant sur tous les toits son innocence, en affirmant qu'il n'est pas « le chef du groupe des Bolognais » . De fait, selon les premiers éléments de l'enquête, Signori serait plutôt dans le rôle ingrat de celui qui se fait pincer alors qu'il s'est fait engrainer par d'autres. Et la sentence peut paraître d'autant plus surprenante que Signori n'apparaît sur aucune des 56 000 écoutes téléphoniques à disposition. Étonnant, pour quelqu'un censé être le chef d'une association de malfaiteurs.

Somnifères offerts

Si les premiers jugements relatifs aux requêtes du juge devraient tomber à partir de lundi, l'affaire des paris clandestins est loin de s'arrêter là. Tout n'est évidemment pas encore sorti. Loin de là. Lorsque le scandale a éclaté, au mois de juin, celui-ci semblait uniquement concerner les séries inférieures. D'ailleurs, tout est parti d'un match de Lega Pro entre la Cremonese et la Paganese, au terme duquel des joueurs de la Cremonese ont découvert qu'ils avaient pris, à leur insu, des somnifères. Marco Paoloni, le gardien du club, est suspecté. Mais la police se rend compte qu'il n'a pas agi seul, qu'un réseau de parieurs est à la tête de toute cette machination, et que de nombreux autres matches ont pu être influencés de la même manière.

Feu de paille ou incendie généralisé

Et puis, soudainement, des noms plus importants sortent du chapeau. De Rossi. Vieri. Totti. Le fantôme de 2006 plane alors. Mais les avocats et les joueurs concernés eux-mêmes ont rapidement fait leur boulot pour démentir. Et le soufflé retombe. L'enquête, qui était partie comme un boulet de canon, s'arrête alors presqu'aussi précipitamment. La presse italienne, faute d'informations concrètes, se focalise sur les matches arrangés en Serie B et Lega Pro. Arrangés, oui et non. Car visiblement, et contrairement au scandale Calciopoli, les ordres ne venaient pas d'en haut.

Les vrais méchants de l'histoire seraient en réalité des petites frappes (l'ancien de Bari Antonio Bellavista, Massimo Erodiani et l'orthodontiste Marco Pirani font, entre autres, partie de la liste des suspects), qui vont voir les joueurs pour tenter de les corrompre avec une belle somme d'argent à la clef. L'idée étant d'obtenir, en contrepartie, l'assurance d'un résultat pour que les parieurs puissent miser gros sur le bon score (sur le modèle : « Je te donne 30.000 euros, et toi, tu te débrouilles pour que le match se termine sur le score de 2-0 » ). Doni a marché dans la combine. Et s'est fait prendre. Manfredini aussi. Reste maintenant à savoir si tout va s'arrêter là. Des suspensions à droite à gauche, des radiations, des points de pénalité, et hop, on remballe dans les cartons d'affaires classées. Ou si, au contraire, ces requêtes du juge vont marquer le début d'une ascension vers quelque chose de bien plus énorme.

Eric Maggiori, avec Lucas Duvernet-Coppola

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Je suis surpris que le Calcio-scommesse prenne plus de place dans les médias français que les nouvelles dans l'affaire Calciopoli qui ont eu lieu au cours de la même période.

En gros, le procurateur Palazzi a estimé dans son rapport que l'Inter (Championne d'Europe et 4 fois championne d'Italie depuis 2006) avait eu (comme cela a été également reproché à la Juve) des contacts (bien plus explicites et clairs que les appels reprochés à Moggi) avec le responsable des arbitres et même certains arbitres. Ce qui a sauvé l'Inter c'est uniquement la prescription que Moratti, s'il voulait prouver son innocence, pouvait très bien la refuser et affronter un tribunal. Il ne l'a pas fait. Si ces faits avaient été découverts en 2006, l'Inter aurait également été sanctionnée et l'histoire du foot italien et européen n'aurait sûrement pas été la même.

De plus, récemment, un document a été publié dans lequel on voit que la police avait, en 2006, écouté les appels de Facchetti (ancien président de l'Inter) et de Meani (sorte de lien entre Milan et les arbitres) et que ces appels ont été considérés comme extrêmement graves. Après, pour une raison ou une autre, avec le légendaire bordel administratif rital, ces appels ont été littéralement cachés.
Abete, président de la FIGC, qui autrefois clamait haut et fort que "l'éthique ne se préscrit pas" a hier déclaré que pour lui le cas Calciopoli est clos...
D'autres témoignages ont également attesté récemment que la Roma était également impliquée dans l'affaire, mais que de la même façon, les écoutes ont été enterrées ...

Bref, c'est un secret pour personne que tous avaient trempé au moins une fesse dans l'histoire
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 2