L'art de recruter en Ligue 2

Quand on n'a pas de thunes, il faut des idées. Et aussi de bons réflexes, comme aller regarder en Ligue 2 pour étoffer son effectif de Ligue 1. Une véritable tradition qui donne lieu à quelques belles réussites. Tour d'horizon des profils de l'étage inférieur qui fonctionnent dans l'élite.

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Chaque saison, c'est la même : par contrainte budgétaire, par plaisir de fouiner aussi, les clubs de Ligue 1 vont piocher à l'étage inférieur. Avec des résultats divers et variés. Encore cet été, cela a déjà pas mal tapé dans les tiroirs du championnat financé par des pizzas à emporter. Angers a ainsi dégoté Karl Toko Ekambi à Sochaux, Baptiste Santamaria à Tours ou encore Famara Diedhiou à Clermont. Même l'OM a mis un billet sur un produit estampillé L2 avec Saîf-Eddine Khaoui, le jeune milieu de Tours, quand l'OGC Nice a tout simplement cassé sa tirelire en vue de la campagne en Ligue Europa : 5 millions d'euros sur Wylan Cyprien de Lens, 2,5 sur Arnaud Lusamba de Nancy, et un peu plus d'un million supplémentaire pour Arnaud Souquet, le latéral droit de Dijon formé mais jamais lancé à Lille. Avec l'espoir que ces investissements et paris donnent les mêmes résultats que les dernières grandes réussites en la matière comme Laurent Koscielny, Olivier Giroud ou Sofiane Boufal.

Profil 1 : les perles rares


Passés entre les mailles du filet des grands recruteurs nationaux et européens, ou tout simplement révélés sur le tard et récupéré par des écuries de National ou Ligue 2, ces joueurs peuvent s'imposer partout. Et très vite. Il y a 18 mois, le LOSC a ainsi déniché Sofiane Boufal à Angers. Sans lui, la bande à Stéphane Moulin a tout de même réussi à arracher sa place en Ligue 1, quand dans le Nord, il est devenu indispensable en quelques semaines seulement. Aujourd'hui international marocain et détenteur d'un bon de sortie, il peut partir pour environ 20 millions d'euros, soit une superbe marge potentielle pour son employeur lillois.


Exemples récents : Sofiane Boufal (Angers vers Lille), Giannelli Imbula (Guingamp vers Marseille), Paul-Georges Ntep (Auxerre vers Rennes)

Profil 2 : les faux joueurs de Ligue 2


Lorsque Sochaux vient le chercher au Mans à l'été 2011, Sébastien Corchia vient d'enquiller ses 35 matchs de Ligue 2. Mais les Manceaux ont échoué à la quatrième place et le talentueux latéral droit a besoin d'une opportunité à l'étage supérieur. Un niveau où il approche déjà la cinquantaine d'apparitions avec son club formateur. C'est donc « finger in the nose » qu'il s'installe sur le couloir droit des Lionceaux pendant trois saisons et vient d'en enchaîner deux de plus sous les couleurs du LOSC. Parce qu'il n'était déjà plus un joueur de Ligue 2 mais un joueur de Ligue 1 coincé au mauvais étage.


Exemples récents : Sébastien Corchia (Le Mans vers Sochaux)

Profil 3 : les jeunes prometteurs


C'est probablement le meilleur moyen de réussir un recrutement de la Ligue 2 vers la Ligue 1. Identifier un joueur encore perfectible, à gros potentiel, suffisamment jeune pour accepter de faire ses gammes sans pression dans un rôle de doublure, puis le faire mûrir gentiment en valeur sûre du championnat. Le dernier exemple en date n'est autre que Djibril Sidibé, recruté à Troyes à l'été 2012 pour devenir la doublure de Mathieu Debuchy puis de Sébastien Corchia, mais qui s'est imposé côté gauche jusqu'à devenir réserviste en équipe de France avant l'Euro 2016. Lille, encore une fois au top sur ce coup, vient de refiler son joueur pour 16 millions d'euros à Monaco. Comme quoi faire ses courses en Ligue 2, cela peut rapporter gros.


Exemples récents : Djibril Sidibé (Troyes vers Lille), Benoît Costil (Sedan vers Rennes), Romain Hamouma (Laval vers Caen), Romain Alessandrini (Clermont vers Rennes)

Profil 4 : les coups de maître


On pourrait les penser trop vieux - quand bien même on n'est pas forcément vieux à 23 ou 24 ans - pour devenir de futurs internationaux. Mais parfois, un crack refoulé se terre dans un club de Ligue 2. Lorient en a fait la délicieuse expérience avec Laurent Koscielny, déniché à Tours à l'été 2009 pour 1,5 millions d'euros. Une grosse somme pour un mec de 24 ans qui n'a jamais connu le plus haut niveau. Mais qui se termine un an plus tard par un transfert à Arsenal pour plus de 10 millions. Depuis, le natif de Tulle s'est imposé comme l'un des meilleurs défenseurs de Premier League et un titulaire solide en équipe de France. Avec un peu plus de réussite, il était même champion d'Europe en juillet.


Exemples récents : Laurent Koscielny (Tours vers Lorient), Olivier Giroud (Tours vers Montpellier), Prince Oniangué (Tours vers Reims), Grzegorz Krychowiak (Nantes vers Reims)

Profil 5 : les recrutements massifs


Quand on n'a pas beaucoup de moyens, qu'on vient de débarquer en Ligue 1, et qu'on n'a pas le choix, on ne peut recruter qu'en Ligue 2 voire plus bas. Ce qui peut être risqué, mais ce qu'Angers a parfaitement géré l'été dernier. Cheikh N'Doye, Romain Saïss, Yohann Andreu, Billy Kekteophompone et autres Pierrick Capelle ont crevé l'écran pendant les deux tiers de la saison sous les ordres de Stéphane Moulin. Leur point commun, ils étaient en Ligue 2 et ont assisté impuissants -sauf Andreu, lui aussi promu avec Ajaccio- à la montée angevine avant de l'accompagner à l'été. Individuellement, difficile d'imaginer l'un de ses éléments signer beaucoup plus haut prochainement -quand bien même une rumeur parlait de Saïss au Barça ou plusieurs écuries anglaises songeaient à N'Doye- mais collectivement, l'alchimie entre ces joueurs et leur club d'accueil a permis au SCO de s'offrir un maintien serein. Un recrutement sans clinquant mais efficace.


Exemple récent : le mercato d'été 2015 d'Angers

Profil 6 : les mecs qui font le taf


Ce sont finalement eux les plus nombreux, mais les moins marquants. Loin d'être de futurs ballons d'or ou internationaux en puissance, ils sont passés à l'étage supérieur et s'y sont installés au point de faire partie des meubles. Le secret de leur réussite ? On n'attendait pas forcément des miracles de leur part, et la Ligue 1 n'a plus forcément un gouffre d'avance sur sa petite sœur. Et voit donc les Nicolas Pallois, Julian Palmieri et autres Benjamin Jeannot être ses joueurs caractéristiques. Parce qu'un recrutement ne débouche pas forcément sur un coup de génie ou un gros fiasco. Le plus souvent, on réussit simplement à faire le nombre...

Exemples récents : Zargo Touré (Le Havre vers Lorient), William Rémy (Dijon vers Montpellier), Jérôme Roussillon (Sochaux vers Montpellier), Maxime Le Marchand (Le Havre vers Nice)...

Par Nicolas Jucha

Dans cet article

Eomer fils d'Eomund Niveau : CFA2
Pour Palmieri je vous trouve un peu dur... Le type me semble un peu plus prometteur que les autres de sa catégorie des lambdas de l1 (en tout cas cette saison sera déterminante).
Note : 2
Si j'ai bien compris, pour bien recruter en ligue 2, faut prendre les bons joueurs.

Pas con. Merci les mecs.
Le Baldé Vampire Niveau : Ligue 2
Message posté par Eomer fils d'Eomund
Pour Palmieri je vous trouve un peu dur... Le type me semble un peu plus prometteur que les autres de sa catégorie des lambdas de l1 (en tout cas cette saison sera déterminante).


Et pour Pallois alors!

Quant à la 1ère catégorie, Nicolas Jucha a très mal cerné leur profil. Au vu des exemples donnés, ils ne sont passés à travers les mailles d'aucun filet - ils arrivent simplement dans le monde pro avec leur club formateur, qui se trouve être en L2 à ce moment là.
Le Duc Blanc Niveau : Loisir
Nous aussi au Psg on a recruté malin. Letang, on l'a bien piqué à Reims!!!
einmaleinstern Niveau : DHR
Je suis encore étonné de pas voir Sliti ou Bouazza quitter le Red Star d'ailleurs. Ils étaient vraiment impressionnants l'année passée!
"Passés entre les mailles du filet des grands recruteurs nationaux et européens, ou tout simplement révélés sur le tard "
Ou simplement formé dans leur club....Lusamba, boufal et Cyprien par exemple, trois des trois exemples donné
Ailier Gauche Niveau : DHR
Note : 1
Nicolas Jucha, tu n'es pas un gros suiveur de Reims !
Krychowiak était déja passé en prêt à Reims (National et L2) avant son prêt à Nantes (L2) et il appartenait donc à Bordeaux. Tout cela avant de signer et revenir à Reims suite à la montée en L1.
Oniangué est plutôt à mettre dans la catégorie 6 même si ses 9 buts lors de sa première saison ont gonflé son image.
Note : 1
J'ai bien vu Oniangue dans la même catégorie que Giroud, Krychowiak ou Kos?
rossonerii Niveau : DHR
N'empeche Tours en matiere de tremplin est pas mal ces dernieres années avec en plus Diego de Reims, Delort, Kekteo sans oublier Abraham Gui-Guie parti a Nice pour 1million avec ces 9 buts lors des 3 premiers matches du championnat pour au final finir la saison a 11buts...
GovouLegend Niveau : DHR
Si vous vous lancez là dedans, SoFoot, faites un article sur le recrutement des clubs de Ligue 2. C'est assez chaotique mais super intéressant.
didier gomis Niveau : CFA
Guillaume Hoarau ça rentre dans quelle catégorie ?
Pallois parmi les mecs qui "font le taf" ? OK c'est pasur thiago Silva mais il nous sauve la saison passée et j'ai aucune honte à le mettre au niveau des umtiti Perrin ou Raggi
Metz a cette année tenté quelques coups en L2 (ils connaissent bien le championnat) avec Falette et Mollet qui semblent être des valeurs sures de la ligue. A voir si ça va le faire.
@ailier gauche
Je t'aurais bien mis +2 tant tu as raison aussi bien sur le cas Krychowiak que sur celui du très surcoté Oniangué (en mettant Diego Rigonato à sa place).

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