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L'appel de Khartoum

Icône d'un pays en guerre, Didier Drogba s'est longtemps battu pour l'unité de la nation ivoirienne. Son combat a commencé en 2005, à Khartoum, lors d'un appel resté célèbre.

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Il y a le joueur, adoré des supporters. Et il y a l'homme, encore plus respecté. Pour comprendre qui est Didier Drogba, il faut revenir le 8 octobre 2005, soir de victoire face au Soudan. À 2650 kilomètres de là, à Yaoundé, le penalty de Pierre Womé vient de se fracasser sur un poteau égyptien. Contre toute attente, la Côte d'Ivoire se qualifie pour la première Coupe du monde de son histoire. Dans le vestiaire, c'est la liesse. Dans le pays, c'est la guerre. Didier Drogba prend le micro et s'exprime, en direct à la télévision : « Ivoiriennes, Ivoiriens, on vous a prouvé que toute la population de Côte d'Ivoire peut cohabiter et jouer ensemble pour un même objectif. Aujourd'hui, on vous le demande à genoux : un pays qui a toutes ces richesses ne peut pas sombrer dans la guerre. Déposez les armes. Organisez des élections. »

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« L'appel de Khartoum » est resté célèbre. Son écho fut immense. Aux côtés de Drogba, les joueurs de la sélection ont prié ensemble, à l'image d'Arthur Boka, né dans le Sud, de Kolo Touré, originaire du Nord, et de Boubacar Barry Copa, issu de parents guinéens. « Rien de prémédité, confiait à l'Express Cyril Domoraud, ancien capitaine des Éléphants. C'est venu comme ça, spontanément. En sélection, il n'y a pas de gars du Nord, de l'Ouest, du Sud. Nous sommes là pour le drapeau. » À l'époque, la Côte d'Ivoire est dans l'impasse. Les partisans de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara s'affrontent sans pitié. Le pays compte ses morts par milliers. Il est profondément divisé, entre le Nord, sous influence rebelle et musulmane, et le Sud, chrétien et loyaliste.

« Ce ballon appartient à tout le pays »


Dans ce contexte, il faut mesurer la symbolique d'une doublette offensive constituée d'Aruna Dindane, Dioula musulman, et de Didier Drogba, Bété chrétien. L'appel des joueurs, qui évoluent tous en Europe, va apporter sa pierre à l'édifice branlant de la réconciliation. « Je ne pensais pas que ce message allait avoir une telle portée » , confiera plus tard la star de Chelsea. Même si la Coupe du monde 2006 est un bide, le processus de paix est enclenché. Il aboutira le 6 juillet 2007 au « match de la réconciliation » , disputé à Bouaké, la capitale des rebelles. Devant un stade comble, qui n'avait pas vu un match international depuis des années, la sélection atomise Madagascar 5-0, avec un dernier but superbe de Drogba. Un mois après, les premières armes sont brûlées dans ce même stade.

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Difficile de résumer des mois de négociations et de pourparlers secrets à un match de football. Mais l'impact de Drogba aura été réel. En mars 2007, alors qu'il est invité au palais présidentiel pour fêter son Ballon d’or africain, il se présente au micro, une seconde fois. « Monsieur le président, ce ballon appartient à tout le pays, déclare-t-il, la gorge nouée. Permettez-moi, s’il vous plaît, d’aller le présenter aussi à Bouaké. » Le lendemain, Drogba s'envole à bord de l'avion présidentiel, direction le Nord. Les scènes de liesse s'enchaînent. Une poignée de main avec Guillaume Soro, le chef des rebelles, acte « le retour définitif de la paix » .

« Je ne suis pas Superman »


Au plus fort de la crise, Drogba n'aura jamais pris parti. Alors même que la famille du cousin de son père a été massacrée, il refusera de prêter allégeance à l'un des deux camps, pourtant pas malhabiles en récupération. En plus de collectionner les titres avec Chelsea, « Gbagbadê » aka « la foudre » enchaîne les campagnes de sensibilisation et crée en 2007 sa propre fondation, qui finance des hôpitaux grâce à ses revenus publicitaires. De quoi jouir d'une popularité sans limites, et le faire accéder au rang d'icône charismatique et pacifique. En 2010, le magazine américain Time l'inclut même dans sa liste des cent personnalités mondiales les plus influentes.

La « drogbamania » s'étiolera pourtant, tout comme le souffle de l'appel de Khartoum. En 2010, le conflit reprend, plus terrible que jamais, à la suite de la crise post-électorale. Plus de trois mille morts sont à déplorer pendant la flambée des violences, qui aboutiront en avril 2011 à l'arrestation rocambolesque de Laurent Gbagbo. À l'époque, Drogba semble fatigué, peine à emmener sa sélection au sommet et voit son combat pour la paix s'effondrer. « Je ne suis pas Superman » , plaidera-t-il, une fois nommé par le président Ouattara dans la commission « Dialogue Vérité et Réconciliation » , d'où il martèle son message : « C'est plus facile de se lever, de prendre des armes et de faire la guerre que de s'asseoir, de discuter, d'essayer de comprendre et de pardonner. Surtout, il faut faire en sorte que cela ne se reproduise plus. »


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À ce jour, la Côte d'Ivoire vit sur les cendres encore chaudes de la division. Au milieu des rancœurs, la paix est là, fragile, mais réelle. « Didier Drogba, c’est ma fierté, c’est notre fierté. C’est un grand joueur qui a marqué son temps et qui continue de jouer même à trente-six ans. Il a une place très importante dans la réconciliation nationale, estimait le chanteur Tiken Jah Fakoly, dans Le Parisien en août 2014. Je pense que le seul qui peut réconcilier les Ivoiriens reste Didier Drogba. Tout le monde l’adore du Nord au Sud. » De quoi envisager une carrière politique, à l'instar de Weah ou Eto'o, deux illustres du football africain ? Drogba répond non : « La politique aux politiciens, je reste footballeur, c'est ce que je fais de mieux. » Si vous le dites, Monsieur.



Par Christophe Gleizes
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Top 100 : Ils ont marqué
le foot africain
N°4 : Didier Drogba




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