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L’APOEL à frire

C’est un adversaire inédit que va affronter Lyon ce soir à Gerland pour le compte des 8e de finale de C1 : l’APOEL Nicosie déboule de l’île de Chypre avec 5000 supporters survoltés et une folle envie d’exploit, un de plus. Le club aux 10 petits millions d’euros de budget est un nain à l’échelle européenne, mais un nain aussi dur au mal que malin, qui sait parfaitement attendre patiemment son heure, faire déjouer et « tuer » en contre. Décryptage.

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Le club

L’Athleticos Podosferikoros Omilos Ellinon Lofkosias, soit le club de football athlétique des Grecs de Nicosie, est le club le plus titré du pays, avec 21 championnats nationaux à son palmarès. Il ne domine pourtant pas outrageusement la première division chypriote, puisque son grand rival de la capitale Nicosie, l’Omonia, le talonne avec 20 titres. APOEL contre Omonia, deux clubs dans une même ville et une vieille rivalité proche de ce qui se fait à Glasgow avec le Celtic et les Rangers. Là où en revanche les Ecossais placent l’origine de la guéguerre sur le plan religieux, celle qui oppose les deux de Nicosie est bien plus politique. Traditionnellement et depuis sa fondation en 1926, l’APOEL est le club de la droite pro-grec et anti-communiste, tandis que l’Omonia, créé peu après la seconde guerre mondiale par d’anciens de l’APOEL, est le club de la gauche et du peuple.

L’exploit

Champion de Chypre en titre, l’APOEL a débuté son parcours européen dès le second tour de qualification de C1 en juillet dernier, par une facile victoire 6-0 sur l’ensemble des deux matchs face aux Albanais de Skënderbeu Korçë. Faciles aussi au troisième tour (2-0 face au Slovan Bratislava), les Chypriotes ont en revanche bien galéré pour sortir le Wisla Cracovie lors du tour préliminaire : battus 1-0 à l’aller, ils font juste ce qu’il faut au retour, avec une victoire 3-1. Reversé dans le groupe G avec Porto, le Shakhtar et le Zénith, soit trois récents vainqueurs de la C3, on ne donnait franchement pas très cher de leur peau. Ils terminent pourtant à la première place, avec une seule défaite au compteur, concédée à domicile face aux Ukrainiens lors de la dernière journée et alors qu’ils avaient déjà la qualification pour les 8e en poche. Avant ce revers sans conséquence, la recette chypriote pour engranger des points avait été aussi simple que redoutable : tenir en échec son adversaire loin de ses bases (1-1 à Donetsk, 1-1 à Porto, 0-0 à Saint-Pétersbourg) et prendre les trois points dans le bouillant GSP Stadium de Nicosie, avec deux victoires de prestige, acquises sur le même score : 2-1 contre le Zenith puis face à Porto. Résultat, une première place acquise à la différence de buts particulière face aux Russes et des Portugais et Ukrainiens éliminés. L’exploit est de taille pour une formation au budget riquiqui de 10 millions d’euros, classée seulement 77e à l’indice UEFA des clubs.

Le jeu

Il ne faudra certainement pas s’attendre ce soir à Gerland à voir une équipe joueuse venir défier Lyon. Aux belles intentions balle au pied qu’ils savent impossibles à tenir face aux grands d’Europe, les Chypriotes préfèrent mettre en avant un certain nombre de valeurs morales : la patience, la solidarité, la sagesse, l’opportunisme, le réalisme. L’équipe est expérimentée, avec 30 ans de moyenne d’âge. Parmi le 11 qui devrait débuter ce soir, seul l’attaquant macédonien Ivan Trickovski a moins de 25 ans. Inexpérimentés au niveau continental mais pas nés de la dernière pluie, les joueurs devraient donc évoluer face aux Lyonnais comme ils l’ont fait avec réussite lors des matchs de poule, en laissant l’initiative du jeu et la possession à l’adversaire, pour mieux l’user mentalement, gicler dans le camp adverse dès que possible et tenter de marquer sur les rares occasions de contre. Façon Grèce millésime 2004.

Les joueurs

L’effectif chypriote n’est en réalité composé que de très peu d’autochtones. Et parmi les rares à y figurer, un seul est incontournable : le milieu et capitaine de l’équipe Constantinos Charalambidis, auteur d’un doublé vendredi dernier lors de la dernière victoire acquise par les siens en championnat (2-1 face à l’Ethnikos Achna). Le reste de l’équipe est majoritairement lusophone, avec notamment le Portugais Paulo Jorge en défense, ses compatriotes Helio Pinto et Nuno Morais au milieu de terrain, ainsi que les Brésiliens Gustavo Manduca sur l’aile (annoncé remplaçant ce soir) et surtout Ailton en attaque. L’homonyme du cube du Werder est la star de l’équipe, débarqué en 2010 de Copenhague contre une indemnité de transfert de 800 000 euros, record du club. Triple champion du Danemark, il a été élu MVP du championnat chypriote pour sa première saison sur place au printemps dernier. Très mobile, adepte du jeu à terre, il exploite les moindres ballons trainant dans la surface adverse. Avec trois buts à son compteur en phase de poule, cet attaquant âgé de 27 ans est l’homme des grands matchs. A Lyon ce soir, il ne sera pas à 100 % néanmoins, puisqu’il revient de blessure. Vendredi, il était titularisé pour la première fois depuis le match disputé fin novembre à Saint-Pétersbourg. Enfin, les Lyonnais vont aussi devoir se méfier d’Ivan Trickovski, attaquant international macédonien, un des artisans du bon parcours de son pays en phase de qualification pour l’Euro 2012 (la Macédoine a terminé troisième de son groupe derrière la Russie et l’Irlande).

L’ambition

En 2009-2010 déjà, l’APOEL était parvenu à se qualifier pour les phases de poule de la C1, terminant quatrième mais n’étant pas ridicule face à Chelsea, Porto et l’Atletico Madrid. Ils ont fait mieux encore cette saison, devenant le premier club chypriote à atteindre les 8e de finale. Sportivement, ils ont donc atteint et même dépassé les objectifs initiaux. Financièrement aussi, c’est une excellente opération, puisqu’ils ont déjà l’assurance d’empocher à peu près l’équivalent de leur budget annuel. Désormais, c’est donc du bonus, comme l’a souligné l’entraîneur serbe de l’équipe, Ivan Jovanovic : « Ce qu'il faut voir, c'est où est le plafond pour cette année. J'espère qu'on ne le connaît pas encore » . Devant 5 000 supporters qui ont fait le déplacement jusqu’à Lyon, l’idée est de « donner de l'intérêt au deuxième match, de jouer la qualification à la session retour  » . Un nul ou une petite défaite ce soir serait donc de nature à encourager les Chypriotes à croire en l’exploit à la maison dans trois semaines. « On peut réaliser la même chose que ce qu’on a réalisé face à Shakhtar, Porto et le Zénith, affirme le capitaine Constantinos Charalambidis. Je crois en cette équipe. Avec la bonne approche et un soupçon de chance, qui sait…  » .

Par Régis Delanoë
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"(la Macédoine a terminé troisième de son groupe derrière la Russie et l’Irlande)"

Ouais avant-dernière en fait (et heureusement pour eux qu'ils avaient Andorre dans le groupe). C'était l'Arménie les 3e.. Et puis super parcours pour le joueur. 1 but contre l'Irlande en phase de qualif'. M'enfin bon, c'est pareil au final j'imagine.
merci pourle titre pourri... on dirait celui de l'Equipe du jour...
bien vu Ron Harris. ça pourrait aussi être "OL, gaffe à l'APOEL", ça se prononce pareil finalement. en plus vu le jeu des lyonnax en ce moment, ils devraient vraiment se méfier.
C'est vrai que de prendre un ou deux buts d'entrée et remonter ça va quand c'est le championnat ou la coupe en élimination directe, mais avec un retour bien chaud et Lyon-Lille 3 jours plus tard. Ils n'ont pas intérêt de trop se rater ce soir.
Si Lyon commence à avoir peur d'un club chypriote, ça devient grave.
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