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L’Anzhi à la conquête de l’Europe

C’est officiel : l’Anzhi de Samuel Eto’o et de Guus Hiddink jouera l’Europe la saison prochaine. Pas la Ligue des Champions, comme le Camerounais l’avait espéré, mais l’Europa League. Ce qui est déjà pas mal, pour un club qui était en D2 il y a deux ans.

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Samuel Eto’o l’avait pourtant promis. Dans sa toute première interview en tant que joueur de l’Anzhi Makhachkala, accordée à Canal+, l’attaquant avait annoncé la couleur. « On a un rêve : on veut arriver très haut. On a un président qui a peut-être les moyens de sa politique. En apportant certains joueurs, on peut faire un bon groupe et espérer demain jouer la Champions League et pourquoi pas rêver de la gagner  » assurait-il. Bon. On se calme. L’Anzhi ne disputera pas la Ligue des Champions l’année prochaine. La faute à une saison régulière terminée à la 8ème position, à 11 points de la deuxième position, qualificative pour le tour préliminaire. Manque de bol, aussi, car l’an dernier, le troisième du classement accédait au tour préliminaire de la C1. Cette saison, non, puisque les Russes se font gauler une place en Ligue des Champions par les Portugais.

Malgré une excellente remontée lors des play-offs du championnat russe, l’Anzhi n’est pas parvenu à combler totalement son retour sur le CSKA Moscou, qui va, comme cette saison, rejoindre le Zénith en Ligue des Champions. Pour l’Anzhi, ce sera donc l’Europa League. Une compétition que Fils n’a plus disputé depuis 2004, à l'époque où il portait le maillot de Majorque. Mais qu’importe. L’Europe reste l’Europe. Et il faut bien commencer par quelque chose. « J’espère que j’arrive vraiment au bon moment pour que cette équipe prenne son envol  » avait affirmé le Camerounais juste avant son premier match officiel. Une qualification pour la Coupe d’Europe dès la première saison : on peut dire que cela commence plutôt bien.

Du drame au renouveau

Il ne faut pas oublier que lors de la saison 2009, l’Anzhi évoluait en deuxième division russe. Le club de Makhachkala termine premier, malgré un effectif constitué de joueurs totalement inconnus au bataillon (Josan, Martsvaladze, Mamaev). L’Anzhi retrouve l’élite après sept ans d’absence. Mais c’est un retour plutôt anonyme, puisque lors de sa première saison en Premier League russe, la formation au maillot jaune termine à la 11ème place, trois points au-dessus de la zone de relégation. La saison se ponctue par un drame. Le 5 décembre, une semaine après la fin du championnat, le défenseur de l’équipe, Shamil Burziyev, décède dans un accident de voiture. "Burzi" ne jouait à l’Anzhi que depuis quelques mois, mais avait été formé au club, une dizaine d’années plus tôt.

Sa mort apparaît comme un symbole : elle marque la fin de la première ère de l’Anzhi, ce club fondé en 1991 par le patron de la Dagnefteprodukt, le sultan Magomedov, et un ancien joueur du Dinamo Makhachkala. Quelques semaines plus tard, un nouveau chapitre s’ouvre. Le milliardaire russe Suleyman Kerimov rachète le club, avec un objectif clair : en faire l’un des plus grands clubs d’Europe. Son projet inclut la construction d’un nouveau stade, et, évidemment, l’arrivée de nombreux champions du football international. Les premiers à franchir les frontières du Daguestan sont Roberto Carlos, Jucilei da Silva, Boussoufa, Dzsudzsák et Zhirkov. Puis, évidemment, Eto’o. Enfin, depuis février 2012, l’Anzhi est entraîné par Guus Hiddink. Les résultats ne se sont pas faits attendre. Avec le coach hollandais à sa tête, l’Anzhi a pris 18 points en 11 rencontres, soit 1,63 par match. Sur la même période, personne n’a fait mieux, hormis le Zénith (1,81), champion de Russie. Prometteur pour la suite.

Questions pour du pognon


La suite, c’est maintenant. Comme le changement. L’Anzhi jouera dimanche son dernier match de la saison, contre le Zénith, déjà sacré champion depuis une dizaine de jours. Or, gagner devient impératif. En cas de succès, l’Anzhi pourrait, en fonction des résultats du Spartak et du Dynamo Moscou, accrocher la troisième place (à l’heure actuelle, le classement affiche Spartak 72, Dynamo 71, Anzhi 70). Terminer troisième, ou même quatrième, cela voudrait dire éviter un tour de qualification de l’Europa League, en plein mois de juillet. Ce qui n’est pas négligeable, lorsque l’on prépare une longue saison. La cinquième position qualifierait en effet le club de Samuel Eto’o pour le deuxième tour de qualification de la prochaine C3, à disputer les 19 et 26 juillet. Il faudra donc écourter les vacances à Formentera.

Après ce dernier match de championnat, les dirigeants de l’Anzhi devront donc plancher immédiatement sur la saison à venir. Et autant dire que la petite liste du président Kerimov est déjà bien longue. Et bien bling-bling. Lors des dernières semaines, on a entendu les noms de Dani Alvès (qui a décliné), Raùl Meireles, Lavezzi, Obi Mikel, Pazzini ou encore M’Vila comme futures recrues. Il faudra au moins cela pour continuer la fulgurante progression, et réaliser dès la saison prochaine une belle campagne européenne, en plus de venir enquiquiner le Zénith dans la lutte pour le titre. Bah ouais, l’Anzhi a du pognon, des rêves plein la tête et encore du pognon. Déjà assez d’arguments pour s’imposer dès la saison prochaine comme l’une des nouvelles certitudes du panorama européen. Même si un club où des joueurs sont obligés de vivre à 2000 kilomètres de leur stade pour des raisons de sécurité ne sera jamais, vraiment, comme les autres.

Eric Maggiori
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