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L’anomalie Cuenca

Des interminables heures passées à s’amuser à jongler devant ses potes, au plat du pied chirurgical qui termine sa course dans le but de Levante, de Tarragone à Barcelone, de footballeur de rue à footballeur international. L’histoire d’Isaac Cuenca, c’est celle d’un mec comme vous, en plus laid, mais en plus doué. Focus sur un gamin qui n’était pas fait pour la Masia.

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Comme un jean slim dans une soirée hip-hop. Comme le pop-corn sans boisson au cinéma. Comme préférer le Coca Light au Coca « normal » . Isaac Cuenca, 1,81 mètres de charge explosive, est une anomalie. Né tripoteur de ballon à Tarragone, devenu showman au pays du toque, le nouveau chouchou de Pep Guardiola épouse les courbes des incohérences les plus folles autant qu’il fascine. Lancé dans le grand bain de la Ligue des Champions le 19 octobre 2011 face au FC Viktoria Plzen (, le gamin de vingt ans est le nouveau symbole de la formation estampillée « Masia » . Joueur atypique, ailier revendiqué, Isaac s’est fait attaquant là où tous (ou presque) étaient et seront milieux de terrain. Jongleur troubadour quand les autres nabots apprenaient le sens du mot efficacité, le jeune Cuenca ne s’est pas cassé la gueule au moment de passer du tripotage au « vrai » foot. Rare. L’occasion de retracer le parcours d’un joueur à l’image de son physique : étrange.

Le roi de la cour de récré

Les muscles ? Pas la peine. Le look ? Inutile. Les sous ? Pas encore. Mais ça viendra. Du Royaume de France à celui de Navarre, dans une Europe à 27 ou à 17, se faire une place dans la cour de récréation est toujours plus difficile que réussir sa scolarité. Et si les mères du monde entier essayent, aujourd’hui encore, de faire gober à leurs mômes que c’est à coup de valeurs morales et d’éthique, qu’ils deviendront un jour, les caïds de 12 à 13h30, les papas, eux, savent. Ils savent que le meilleur moyen de se faire respecter dans cette foutue zone de non-droit, qu’on soit maigre, nain, ou atteint d’un strabisme, c’est le football. Exit la loi du talion, bonjour la loi du ballon.

Futé, Isaac Cuenca a vite compris cet incontournable du monde des mioches. Du coup, à tout juste dix piges, le gosse de Tarragone poste ses vidéos d’otarie humaine, de ménestrel du football lors desquelles, devant ses camarades admiratifs, il câline le ballon plus délicatement qu’une première amoureuse. Il faut dire qu’avec son physique disgracieux, le gamin a plus de chance avec les clubs formateurs qu’avec les minettes de son âge. Bingo. Repéré en 2002, il rejoint la Masia à l’âge de onze ans, pour trois années de formation, où là encore, il ne fait rien comme les autres.



Tellement bon que Guardiola « se chie dessus »

Ces dernières années, la Masia n’était plus un centre de formation, mais une écolé spécialisée pour milieu de terrain en devenir. Xavi, Iniesta, Fabregas, Busquets, Alcantara, tous les majors de promos barcelonais se sont construits une identité footballistique dans l’entrejeu. Exceptés Messi l’extraterrestre, et Bojan la banane. Plutôt mature et sûr de ses qualités, Isaac Cuenca sait qu’il ne s’inscrira pas dans ce mouvement artistique. Lui, son truc, c’est l'aile. Une filière pour laquelle seul l’infatigable Pedro s’est amouraché. Dans un profil assez semblable à celui de l’international espagnol, le côté rase moquette en moins, Cuenca est l’archétype du joueur qui plaît à Guardiola. Mangeur d’espace et de ligne de touche, il aime dribbler, déborder, et occuper son côté. Des caractéristiques qui collent à merveille au jeu extrêmement écarté des Catalans.

Isaac Cuenca, un profil disgracieux face au miroir. Né sans cou, Cuenca possède un physique qui ne laisse personne indifférent, pas même Pep Guardiola, très inspiré en conférence de presse après la manita infligée à Levante : « Physiquement, Cuenca ne plaira peut être pas aux filles, mais sur le terrain, il fait tout tellement bien que tu te chies dessus. Il est hallucinant. Son travail est parfait, absolument parfait » . Tout aussi dithyrambique, Carme Torres, madame Cuenca, n’a pas tardé à voler au secours de son amoureux : « La première fois que je l’ai vu, je me suis dit, il est pour moi. C’est le meilleur, sûr et en dehors du terrain » . En espérant, évidemment, que ses exploits extra sportifs n’entrainent pas les mêmes réactions chez Carme que chez Pep.

Par Swann Borsellino
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Par contre j'comprend pas pourquoi il se fait chambrer pour sa gueule, Messi il se fait pas vanner par son coach et ses coéquipiers...
Normal, c'est le meilleur de sa cour de récréation.
C'est stupide de le feinter comme ça sur son physique. Pas besoin d’être un bogoss pour être un super joueur. Messi, Rooney,Ozil sont loin d’être beaux, pourtant c'est des joueurs de classe mondiale ...
"né sans cou" ???!!


il a un cou de diplodocus, mais bon c'est pas grave.
Paul_101_Moro Niveau : District
Ouais c'etait un peu maladroit de la part de Pep de dire ca, meme si bien sur il deconnait. Il a un gueule plutot quelconque.

Bon article.
"Sur et en dehors des terrains", c'est plus sûr. Mais bel article, à point.
Excellent article, comme celui sur Busquets! Un formidable joueur, qui possède en plus de ses qualités techniques une intelligence de jeu exceptionnelle. Encore une trouvaille "made in Masia". Ou pourquoi le meilleur entraîneur au monde est Espagnol, et s'appelle Josep Guardiola.
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