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L'année Debuchy ?

De retour de suspension, Mathieu Debuchy va de nouveau pouvoir impressionner sur son couloir droit ce soir, face à Trabzonspor. Avant peut-être d'être appelé sous les drapeaux, jeudi, par Laurent Blanc.

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Il y a quelques semaines, quand l'excellent Jamel, originaire de Tourcoing, candidat aussi fantasque qu'impressionnant de "Question pour un Superchampion", laissait son cœur parler avant son cerveau et confondait Claude Debussy et Mathieu Debuchy, personne, ni même l'lllustre Julien Lepers, n'a bronché. Comme si, noyé dans un bain de culture générale, le latéral lillois n'existait pas. Normal. Si le latéral droit n'a pas sa ganache imprimée sur les billets de 20 francs, ni son inspiration rédigée sur des partitions, il n'en demeure pas moins, à 26 ans, une des valeurs sûres du football français. L'histoire de Mathieu Debuchy, c'est l'histoire d'un mec comme tout le monde, ou presque. D'un type trop discret pour être une star, mais trop talentueux pour rester planqué. Dans l'ombre d'un pianiste, dans l'ombre de Bacary Sagna, peu importe. La vie du natif de Fretin est ce qu'elle est, et ne lui demandez surtout pas s'il regrette quoi que ce soit. Alors qu'au cours des dernières années, il s'est affirmé comme l'un des meilleurs à son poste, il croque désormais à pleines dents dans une carrière remplie et embellie par une fidélité, aussi belle que rare, jurée au LOSC de son cœur. Ce soir, avec Lille, le latéral droit se délectera une nouvelle fois des effluves de l'Europe du football. Avant d'attendre sagement, jeudi, une convocation méritée en équipe de France ?



L'histoire de Mathieu Debuchy c'est aussi l'histoire touchante du mec qui a un peu la poisse. Pas le sempiternel manque de bol du footballeur super prometteur mais qui, la faute à une saloperie de blessure au genou, a dû embrasser une carrière de caissier chez Leclerc. Plutôt celle du beau gosse qui, pendant que les plus belles filles de la ville passent leurs soirées aux bras de sinistres gaillards, s'entraîne à embrasser tout seul, dans sa chambre, faute de propositions. Pourtant, les gonzesses n'attendent que lui. Trop timide, pas assez bling-bling, Mathieu parvient quand même à faire son trou. Alors qu'il passe chacun des obstacles qui lui sont présentés avec succès, l'année 2006 doit être celle du changement de statut. Mais alors qu'il s'apprête à disputer l'Euro Espoirs, potentiel tremplin vers une carrière dorée en A, Debuchy se fait les ligaments croisés face à Strasbourg, le 25 mars 2006. Opération, convalescence, doute. L'addition, bien que salée, est classique, mais elle a du mal à passer. D'autant plus que le joueur sort d'une belle saison. 27 matches, 4 buts, et un rôle qui ne cesse de prendre de l'ampleur au sein du collectif lillois. Et deux années plus compliquées, entre 2006 et 2008, n'y changeront rien. Depuis son éclosion, ni Claude Puel ni Rudi Garcia, n'ont véritable trouvé quelque chose à redire. Joueur d'équipe par excellence – on se souvient notamment de son match héroïque contre Rennes lors de l'exercice 2009-2010 –, il a toujours plu à ses coaches. Pas toujours aux sélectionneurs.

Laurent Blanc comme parrain

Certains diront qu'il y a un avant et un après 11 août 2010. Ce jour-là, Mathieu fait partie du groupe qui affronte la Norvège. A cela, d'autres opposeront l'idée intéressante qui veut qu'une convocation sans passer une minute sur la pelouse soit aussi inutile qu'une pré-convocation. Pas faux. Mais le Lillois n'est pas le genre de type qui ne se donne pas à fond. Alors Debuchy impressionne. Si on ne le voit pas fouler la pelouse de l'Ullevaal Stadium, les observateurs internes diront que le latéral droit s'est montré «  impressionnant à Clairefontaine » . Tout sauf une surprise. Pourtant, avant et après cela, rien. Le fantôme Debuchy court toujours après sa place. Au fond, son seul vrai contact avec Laurent Blanc date de 2004, quand le président était le parrain du jeune Mathieu aux Etoiles du Sport. Depuis, pas de nouvelle du coq, si ce n'est la vulgaire amourette chez les Bleuets. Pas même un regard de la Grande Bleue qui lu préfère les tresses de Bacary Sagna et, dieu seul sait pourquoi, Anthony Réveillère. C'est là la vraie question posée par le cas Debuchy : aujourd'hui, il n'a rien à envier à ses deux concurrents. Si le Sagna d'il y a deux ans avait de quoi inviter le sélectionneur à la prudence, celui d'aujourd'hui tirerait la gueule si le Président voyait plus loin que le bout de son nez. Idem pour le concurrent lyonnais qui, à bientôt 32 ans ne paraît plus réellement en mesure de pérenniser son étonnante avance. Alors quel est le problème ? Un problème d'exposition ? Non.

Si le Lille d'autrefois pouvait avoir l'étoffe d'une petite équipe, occuper aujourd'hui le poste crucial de latéral droit du champion de France en titre apparaît plus comme une grosse ligne sur le CV que comme une tare. Aujourd'hui, Mathieu Debuchy est le meilleur latéral droit de Ligue 1, et son cas fait inévitablement pensé à son alter-égo du côté gauche, Jérémy Mathieu. Alors quoi, va t-on retomber dans le débat vaseux « faut-il être charismatique pour mériter une sélection » ? Non. Ces deux-là méritent certainement plus une cape frappée du coq qu'une place dans le classement “Forbes” des hommes les plus influents du moment. C'est là que la Ligue des Champions peut avoir son importance. Et à quelques mois de l'Euro, pas sûr que Mathieu Debuchy souhaite revivre le scénario de 2006.

Swann Borsellino

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Debuchy est tout simplement le meilleur arrière droit français depuis 2 ans.
Laurent Blanc, le Domenech bis, a juste de la merde dans les yeux ou a tout simplement peur qu'en le mettant titulaire une fois, la faiblesse et la nullité de Sagna éclatent au grand jour! je ne vois pas d'autres explications.
Son absence en EDF est juste un scandale.
Dégage Lolo et vite
Dans l'article il est mentionné que la Ligue des Champions (et les coupes d'Europe en général à mon avis) aident à la médiatisation, mais rappelez-moi juste où il joue Jérémy Mathieu? Il joue pas à Valence , par hasard? Et c'est pas un club jouant régulièrement les coupes d'Europe?
vu que Bernes ne s'occupe pas de Matthieu Debuchy, il y a très peu de chances que le sélectionneur s'intéresse à lui...

dommage, mais poulpy sagna s'accroche à sa place !!
« faut-il être charismatique pour mériter une sélection »? Nan ! Un peu moins de joueurs charismatiques et un peu plus de besogneux en EDF siouplait...

En plus le couloir droit des bleus c'est pas trop ça, donc je demande à voir.
en effet il a montré hier qu'il peut bien aider les bleus debuchy, dommage qu'on l'ait pas prévenu avant que le foot ne se joue pas avec les mains....
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