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L'année de la Roma ?

Avant d'affronter le Bayern, City, le CSKA Moscou et de se frotter au gratin européen, la Roma a rendez-vous avec la Fiorentina pour son entrée en lice dans le Calcio. Une rencontre où les hommes de Rudi Garcia devront briller afin de justifier leur nouveau statut de favori. Car oui, même sans Benatia, la Louve reste un prédateur redouté.

Et si c'était maintenant ? Treize ans après son dernier sacre en Serie A, la Roma de Rudi Garcia n'a jamais semblé aussi menaçante que cette année. Première dauphine de la Juventus supersonique d'Antonio Conte la saison passée, l'écurie de l'ancien coach lillois a hérité de l'étiquette de favori à l'annonce de la démission du technicien bianconero et de la nomination de Massimiliano Allegri. Symbole d'une équipe qui gagne, la Roma a recruté malin en s'attachant les services des expérimentés Ashley Cole et Seydou Keita, du Hollandais Emanuelson et des pépites Salih Uçan et Juan Iturbe, chipé au nez et à la barbe de la Juve. Dans le même temps, ses adversaires directs que sont la Vieille Dame et le Napoli n'ont, certes, perdu aucun joueur majeur (excepté Reina et Behrami pour Naples), mais ne se sont guère plus renforcés en vue des campagnes européennes que les trois clubs ont à disputer. En pleine bourre après une saison 2013/2014 magnifique (26 victoires, 7 nuls, 5 défaites), la Louve a désormais toutes les cartes en main pour décrocher le quatrième Scudetto de son histoire et, qui sait, tenter d'aller jouer les trouble-fête dans le groupe de la mort en Ligue des champions (Bayern Munich et Manchester City). La réception de la Fiorentina, ce soir, constitue à coup sûr le premier test pour la bande de Garcia.

Champion d'été


Si le championnat italien devait décerner des médailles à l'intersaison, nul doute que l'AS Rome trusterait la plus haute marche du podium. Assommée par le départ précipité de son coach à la mi-juillet, la grande Juve va devoir réapprendre à vivre sans la rigueur implacable du père Conte. Peu importe le temps que cela prendra, la Roma, elle, ne se fera pas prier pour distancer son principal rival à la course aux points. Bien en place et dotés de bases solides, les Giallorossi peuvent également compter sur la popularité de leur entraîneur français, plus que jamais apprécié par les tifosi romains. Ce que ne peuvent pas forcément dire les Juventini à propos de leur nouveau coach, arrivé dans le Piémont sous les huées après s'être fait mettre dehors par le Milan AC en janvier dernier. Il va sans dire que, malgré un effectif pratiquement inchangé, voire même renforcé par les arrivées de Coman, Évra, Pereyra, Rômulo et Morata, Max Allegri va devoir reconstruire un collectif sur les ruines de l'empire Conte et gagner petit à petit la confiance des supporters. En manque de matchs tests, la Juve aborde cette nouvelle saison sans aucune certitude quand, dans le même moment, Naples et la Roma ont pu se frotter à des écuries de la trempe de Manchester United, Barcelone et le Paris Saint-Germain. Même si Naples, au premier gros test officiel, a flanché.

Gérer sans Benatia


À y regarder de plus près, il y a bien un hic sur lequel la Louve pourrait buter. Un hic à 30 millions d'euros nommé Mehdi Benatia, qui vient de rejoindre le Bayern Munich de Guardiola après une saison énorme sur les bords du Tibre (5 buts en 33 rencontres et un statut de joueur de l'année pour les tifosi). En désaccord avec ses dirigeants, le défenseur central marocain (qui affrontera ses anciens partenaires en C1), a été remplacé au pied levé par le Grec Kostas Manolas, 23 ans et homme fort de la défense de l'Olympiakos depuis deux saisons. Débarqué dans la capitale italienne pour 13 millions d'euros, le jeune espoir aura la lourde tâche de faire oublier celui qui était considéré par beaucoup comme le meilleur arrière central de Serie A la saison dernière. Avec une défense qui affiche environ 28 ans de moyenne d'âge et un gardien, De Sanctis, qui se rapproche doucement mais sûrement des 38, la saison s'annonce longue pour l'arrière-garde de la Roma.

Frapper les premiers


Aujourd'hui en position de force, personne ne peut affirmer avec certitude ni où, ni dans quel état se trouvera le vice champion d'Italie au soir de la 38e journée. Si, après son élimination en barrages de la Ligue des champions et sa défaite en amical face au PSG (1-2), le Napoli ne semble pas en mesure de venir titiller la Juve et la Roma, il n'est pas exclu que les hommes de Benítez laissent de côté l'Europa League pour se concentrer à 200% sur le championnat. Ce qui, dans le fond, serait un moindre mal après une saison 2013/2014 plutôt décevante.


Ce soir, sur leur sol, le sergent Garcia et ses soldats giallorossi devront mettre à terre la formation viola de Vicenzo Montella afin de montrer à leurs poursuivants qu'un quatrième sacre leur est promis. Adversaire redoutable, la Fiorentina se présentera au Stadio Olimpico avec l'objectif de faire bien mieux que le 2-1 d'il y a un an. Huitième de finaliste en Ligue Europa et quatrième de Serie A la saison passée, la Fio a, cette année, bien plus qu'un statut d'outsider à faire valoir. Emmenée par ses diamants Cuadrado (partira ? partira pas ?), Vargas, Borja Valero et Pepito Rossi (encore out), l'équipe du sosie officiel de Manuel Valls promet de mener la vie dure à Totti et ses sbires. L'an dernier, pour sa première sur le banc romain, Rudi Garcia a marqué l'histoire du Calcio en devenant le premier coach à enchaîner dix victoires consécutives lors des dix premières journées. Cette année, pour sa deuxième saison sur le banc romain, Rudi Garcia pourrait marquer l'histoire du Calcio en devenant le premier coach français* à soulever le Scudetto. Les voyants sont au vert, rendez-vous dans neuf mois.

* Excepté Helenio Herrera, argentin né à Buenos Aires et naturalisé français, qui remporta le Scudetto avec l'Inter en 1963, 1965 et 1966.

Par Morgan Henry
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