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  2. // Retraite de Steven Gerrard

L'année américaine de Steven Gerrard

Comme dernière danse, Steven Gerrard s'est offert une année et demie sous le soleil californien, avec le Los Angeles Galaxy. Un voyage à l'intérêt limité puisque Gerrard n'a pas réussi à s'acclimater aux États-Unis, et qu'il a connu des fortunes sportives diverses.

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Chaque envol de géant du foot européen pour la MLS donne lieu aux mêmes scènes, aux mêmes quolibets, aux mêmes réflexions. Les années passent, les joueurs concernés jurent que le niveau progresse, qu'il ne s'agit plus d'un séjour touristique pour se remplir les fouilles en fin de carrière, et que le défi sportif est bien réel, mais presque personne ne les croit. Car le Vieux Continent est peu partageur quant il s'agit de sa supériorité footballistique, et ne s'est jamais laissé berner par les bravades de l'Oncle Sam et de son soccer. Tout Steven Gerrard qu'il était, le légendaire numéro 8 de Liverpool n'avait pas échappé à la règle lors de son exil à l'été 2015. Allait-il devenir un people, comme David Beckham, et être pris en photo avec le tout Hollywood ?


Stevie G avait beau déménager à LA, personne ne l'imaginait courir les mondanités. Peut-être passerait-il son temps à prendre des selfies dans des endroits cools comme Andrea Pirlo à New York alors, en toute simplicité. « Je ne peux pas être plus heureux. Après n'avoir pas pu marcher dans la rue sans être arrêté, je me retrouve anonyme ici, et j'aime ça » , s'extasiait-il peu après son arrivée. Mais surtout, le monde se demandait ce que Gerrard donnerait sur le terrain. Les transversales de 50 mètres, les lucarnes de 35, les courses de capitaine courage, les gueulantes de soûlard, tout ça s'était-il définitivement perdu avec le départ de Liverpool ? Gerrard a eu un an de rêve américain pour montrer qu'il en avait encore sous le pied. Mais comme on pouvait s'y attendre, le résultat a été moyennement concluant.

All Star Steve


Pas de longues vacances d'été, Steven Gerrard a plongé dans le grand bain dès le mois de juillet 2015. Enfin, en passant d'abord dans le petit bassin, puisque sa première apparition sous le maillot des LA Galaxy se fait lors d'un tranquille match amical, le 11 juillet, au cours duquel il ne joue que la première mi-temps. Pas grand-chose, et surtout trop peu pour se faire une idée de la forme du bonhomme, mais à la sortie du match, son coach Bruce Arena n'en démordait pas : « Ses passes étaient excellentes, et sa relation avec Juninho intéressante. Il a taclé, créé des occasions, et a même failli marquer. » Le « failli marquer » en question étant un brin enthousiaste, puisqu'il faisait référence à une frappe à ras de terre un peu molle rapidement boxée par le gardien. Gerrard, de son côté, avait un peu plus les yeux en face des trous : « Physiquement, c'était dur. Je n'ai pas joué en compétition depuis six ou sept semaines, c'était bien que je joue 45 minutes. »


Le LA Galaxy était alors lancé dans la saison régulière de MLS, qui se déroule entre mars et octobre, et Gerrard avait joué son dernier match avec Liverpool fin juin, avec la rouste reçue à Stoke 6-1. Mais six jours après cet échauffement, le 17 juillet, Arena lui faisait tout de même confiance pour le match face aux San José Earthquake. Une idée en or, puisqu'après un début de match un peu dingue, Gerrard provoque le penalty qui ramènera les siens à 2-1 à la demi-heure de jeu, dix minutes avant de marquer le but de l'égalisation. Derrière, LA s'envole et gagne 5-2 avec une passe dé de Gerrard pour Roy Keane. Deux semaines plus tard, Gerrard participait à la grande foire du All Star Game de la MLS.

American Psycho


Des débuts en fanfare, mais le match de cette saison face aux mêmes San José Earthquake, en mars dernier, huit mois après son match réussi de juillet 2015, symbolise à quel point la forme de Gerrard est allée en déclinant au cours de l'année. L'Anglais était sorti blessé en trois minutes, et entre ces deux dates, il a eu le temps de se rendre compte qu'il ne se plaisait pas tant que ça dans le championnat américain. « Faire de longs trajets, jouer sur des pelouses artificielles, en altitude, dans l'humidité... Ce sont des choses auxquelles j'ai dû faire faire face, je n'y étais pas préparé. Chaque match est un nouveau challenge » , se plaignait-il déjà sur le site des LA Galaxy à l'hiver 2015. Les Angelinos aussi commençaient à se demander si Gerrard était vraiment indispensable, lui qui avait attendu fin septembre 2015 pour marquer son deuxième but en MLS.


Un but après un corner/cafouillage très moche, mais très important puisqu'il offrait le 3-2 aux siens. Fier de lui après la rencontre, il répondait aux critiques : « Je n'ai jamais eu de problème avec ma confiance. » Mais lors des playoffs, en octobre, un boulette de Gerrard en défense avait conduit à une défaite au premier tour face à Seattle, l'élimination la plus rapide de LA depuis 2008. Et les playoffs de cette saison, le Galaxy les a préparés début octobre sans Gerrard, blessé et qui était rentré à Liverpool voir sa famille. Le 6 novembre dernier, il jouait son dernier match et perdait face aux Coloraro Rapids aux pénos, en ayant marqué le sien, à un souffle de la finale de la conférence Ouest. L'Amérique, il la voulait, et il l'a presque eue.



Par Alexandre Doskov
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Loulou Nic au Lin Niveau : District
Bon ça me rassure on va pouvoir continuer à dire que la MLS c'est un championnat de vieilles gloires cramées.
Pour moi il aura fini sa magnifique carrière avec Liverpool. (pitié faites que totti finisse à la roma et pas à Miami)
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