1. // Groupe C
  2. // Angleterre/USA (1-1)

L'Angleterre évite le pire

L'Angleterre a dû se contenter d'un nul poussif (1-1) face à des Etats-Unis décidément bien surprenants. Le pire, c'est que les failles affichées par Gerrard et les siens semblent trop grandes pour rêver du titre suprême tant attendu depuis 44 ans.

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Rien que pour la diminution drastique de vuvuzelas durant ses matches, il faut souhaiter que l'Angleterre aille loin dans la compétition. Les supporters des Three Lions savent encore ambiancer les tribunes comme personne et sur ce plan au moins, les Anglais n'ont pas de rivaux. Sur la pelouse, c'est une toute autre affaire. Et il faut bien le dire, la formation de Fabio Capello a montré de vraies faiblesses. Trop sans doute pour pouvoir espérer quelque chose. Car l'inventaire fait peur : un gardien inquiétant, une défense fragile, un milieu inconsistant et une attaque bien trop dépendante du talent de Rooney. Allez gagner une Coupe du monde avec un profil pareil vous ! Reste les inconnues. L'Angleterre a-t-elle souffert de l'altitude ? Est-elle programmée pour monter en puissance ? Le prochain match face à l'Algérie donnera une sérieuse indication sur son potentiel.

Gerrard axial : bien pour l'attaque, moins pour la défense

Une des interrogations côté anglais portait sur le positionnement de Steven Gerrard, une équation jamais résolue auparavant en sélection. Placé à gauche durant les éliminatoires, le capitaine des Reds avait été recentré lors des matches de préparation, une tendance confirmée face aux USA. Une idée intéressante quand on connaît la capacité du skipper rouge à plonger au cœur des défenses adverses. Comme sur cette remise en une touche signée Emile Heskey, une vieille connection du temps où le gros nounours d'Aston Villa officiait à Liverpool, avec une conclusion de l'exterieur de Gerrard (4e, 1-0). Oui, Gerrard dans l'axe, une bonne idée. Enfin, surtout sur le plan offensif devrait-on préciser. Car sans vrai six attitré, soumis à l'alternance entre Gerrard et Lampard pour la récupération, l'Angleterre éprouvait de vraies difficultés quand le cuir circulait dans les pieds adverses. Et pour info, jusqu'à preuve du contraire, les Etats-Unis ne sont ni l'Espagne ni le Brésil...

Conscients de leur manque d'envergure à la récupération, les Three Lions renouaient avec une mauvaise manie des années passées : la défense ultra-basse. Et parfois de façon caricaturale comme sur un corner joué en deux temps par les hommes de Bradley sans la moindre pression des Blancs, tous agglutinés dans leurs six mètres. Et quelques minutes plus tard, sur un centre ciselé de Donovan, il fallait toute la maladresse d'Altidore pour rater le cadre de la tête. En même temps, quand on cire le banc de Hull, c'est qu'on n'est pas un génie, hein. Au vrai, hormis les impulsions de Gerrard, une certaine présence de Heskey et les inspirations de Rooney (un régal dans son art du décalage), l'Angleterre envoyait davantage de signaux inquiétants que de belles promesses. Et puis, tant qu'à retomber dans ses travers ancestraux, il fallait bien une boulette du gardien, Robert Green en l'occurrence, sur une frappe anodine de Dempsey (40e, 1-1). Peut-être le signal définitif, s'il en fallait un, que la solution se nomme peut-être Joe Hart. En tout cas, c'est sur ce score de parité que tout ce petit monde rejoignait les vestiaires.

Mais où est encore passé Lampard ?

A la reprise, et le remplacement de King (décidément en cristal le stoppeur des Spurs) par Carragher (qui a bien fait de revenir), l'Angleterre, sans doute convaincue que ce n'est pas sa défense qui ferait la différence, se mettait à accélérer. Et sur un cadrage-débordement d'une rare simplicité par Lennon, les Anglais étaient tout près de reprendre l'avantage (48e) avant que Heskey ne massacre un one on one face à Howard (51e). Oui, l'Angleterre décidait enfin de tester la défense en papier des USA, dans les pas d'un Demerit au chômage à Watford, ce qui situe assez son (absence de) niveau. Mais Albion continuait à donner d'inquiétants signes de fragilité avec ce milieu si peu compact (mais bon sang, quelqu'un a-t-il des nouvelles de Frank Lampard ?) et cette charnière centrale Terry-Carragher d'une lenteur infinie.

Et il fallait un pur miracle quand Altidore semait Carragher pour aller frapper sur Green qui déviait on ne sait trop comment sur son poteau (63e). Qui plus est, on sentait Rooney un poil moins explosif que d'habitude même si, sur sa classe, le bougre délivrait une frappe sur un pas assez bluffante (72e) ou encore un décalage soigné pour Wright-Philipps et son tir sur Howard (75e). Une rareté pour le côté gauche britannique souvent navrant (Ashley Cole porté disparu) car, et c'est un enseignement de la soirée, c'est bel et bien le flanc droit avec Lennon et surtout Johnson, qui aura le plus percuté. Dans ce contexte, malgré une vraie envie de jouer les coups à fond, les Américains se distinguaient surtout en défense avec un Onyewu assez épatant. Les derniers ballons balancés dans la boîte vers Crouch (entré pour Heskey) avaient quelque chose de désespéré et sonnaient comme un aveu : oui, cette Angleterre n'avait absolument pas la tête d'un champion du monde en puissance.

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