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  1. // Amical
  2. // Angleterre-Espagne (2-2)

L'Angleterre crache sur sa copie

Quatre jours après un succès convaincant contre l’Écosse, l'Angleterre s'est sabordée à domicile contre l'Espagne (2-2) après avoir longtemps mené facilement face à une équipe en travaux et au bout d'un match globalement maîtrisé. Du sourire aux nouveaux doutes.

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Angleterre 2-2 Espagne

Buts : Lallana (9e sp) et Vardy (48e) pour l'Angleterre // Iago Aspas (89e) et Isco (90e+6) pour l'Espagne

Alors oui, ce n’était qu’un match amical. Oui, ce n’est pas forcément le type de soirées pour tirer des conclusions. Mais respirer n’a jamais fait de mal à personne, et l’Angleterre du foot en avait définitivement besoin. Tout était parfait, Wembley s'apprêtait à savourer un succès de prestige et les Three Lions s'amusaient tranquillement face à une Espagne inoffensive, en plein renouvellement de génération et minée par les blessures. Puis, les hommes de Southgate ont tremblé dans les dernières minutes de la rencontre et Lopetegui peut souffler malgré la manière (2-2). Pas si amical, finalement.

Lallana, la pomme croquée


Jusqu’ici, Gareth Southgate n’était qu’un pansement intérimaire. Rien de plus qu’une couche de Biactol pour rectifier la gueule d’une nation de foot qui cherche de la confiance, qui se reconstruit depuis sa chute en mondovision et ses récents problèmes internes. Mais le sélectionneur temporaire de l’Angleterre veut savoir jusqu’à quand il tiendra la barre et si éventuellement il replongera sa tête sur le banc des Espoirs du pays. Au départ, ce n’était que pour quatre matchs et il était jusqu’ici invaincu après deux succès en trois rencontres officielles, dont la dernière plus convaincante contre l’Écosse (3-0) vendredi. Un match amical reste pour autant amical, contrat de travail sur la table ou pas pour l’ancien pote de Franck Queudrue. Alors, il voulait faire des tests face à une Espagne retravaillée par Julen Lopetegui et qui s’avançait avec six changements par rapport au onze victorieux de la Macédoine samedi à Grenade. Rooney est reparti à Manchester, Kane termine de se remettre sur pied et résultat, l’Angleterre débarquait donc mardi soir dans un Wembley où elle est invaincue depuis mars dernier avec quelques bricolages : Vardy préféré à Sturridge, Lingard à la place de Rooney et Clyne plutôt que Walker sur le côté droit. Un beau plateau, malgré tout.


Sauf que Lopetegui n’a rien à foutre des plans de table. Alors son Espagne attaque le repas avec une défense à trois, contrôle le ballon et tricote un peu, histoire d’étouffer les hôtes. Problème : cette Angleterre est cynique, n’est pas vraiment encore une équipe et ne vit pour le moment qu’aux exploits individuels. Comme une ouverture superbe de Lallana après un subtil grattage pour trouver Vardy qui n’a plus qu’à aller chercher une faute dans les gants de Reina. D’entrée, les hommes de Southgate font sauter la soirée sur un penalty logique transformé par le milieu génial de Liverpool (1-0, 9e). Et après ? Après, pas grand-chose entre une Espagne qui peine à refaire surface malgré une belle combinaison mal bouclée par Vitolo au quart d’heure de jeu et qui se cherche encore dans une organisation où Mata et Thiago Alcántara gribouillent, et une Angleterre encore en soins palliatifs et rapidement privée de Lallana. La rencontre est assez triste, seul David Silva tente d’imposer son costume de patron, et plusieurs sales coups sont échangés. Sterling, lui, offre quelques gourmandises techniques, rigole avec Carvajal et pousse plusieurs fois au supplice un Íñigo Martínez en souffrance. L’Espagne s’est remise à quatre derrière, mais est encore sur ses croquis. Peu d’enseignements donc.

Le temps des révisions


Alors, le mode laboratoire est de nouveau activé : Jagielka remplace Cahill, Heaton prend la place de Joe Hart et Lopetegui offre les premières minutes internationales à Iago Aspas et Ander Herrera. Peu importe, l’Angleterre continue de travailler, gobe de la confiance et, après une première alerte de Walcott sur Reina, Jamie Vardy vient claquer une superbe tête sur une offrande de Henderson (2-0, 48e). Le coup est beau, le Mannequin challenge de l’attaquant de Leicester arrache un sourire, et Wembley s’éclate alors que le gardien de Naples sauve l’Espagne sur une nouvelle cartouche de Walcott. L’Espagne, de son côté, peine à se montrer dangereuse, à l’exception d’une belle tentative de Silva détournée par un bon réflexe de Tom Heaton. La maîtrise anglaise n’est pas totale, mais suffisante face à une telle opposition, alors que deux styles s’opposent : la projection face à la construction. La dernière demi-heure n’est donc qu’une longue agonie vers un coup de sifflet final attendu malgré de belles combinaisons anglaises, une bonne copie rendue par John Stones après sa mauvaise première mi-temps contre l’Écosse et une révision complète de la part des deux sélectionneurs. Puis Iago Aspas décide de fêter sa première sélection par une belle réduction du score (2-1, 89e) et Isco s'en va battre Heaton au bout du temps additionnel (2-2, 90e+6). Terrible à avaler pour l'Angleterre, chanceux pour l'Espagne, mais Southgate devrait pouvoir signer en bas de la proposition qui va lui être faite par la FA. Sur une série de quatre matchs sans défaite et encore quelques doutes.



Par Maxime Brigand
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