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L'Allemagne se soulève contre Viagogo

Le 9 juillet dernier, le FC Schalke 04 a mis un terme à son partenariat avec Viagogo, une semaine seulement après son entrée en vigueur. C'est le fruit du mécontentement d'un groupe de fans du club de la Ruhr qui ne pouvait supporter qu'un revendeur tiers se fasse un fric monstre sur le dos des gens. Un mouvement qui a été suivi dans toute l'Allemagne au cours de la saison dernière, et qui a touché sa cible à Gelsenkirchen. En attendant d'autres actions.

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La saison dernière, 13 039 267 spectateurs se sont rendus au 306 rencontres de 1.Bundesliga. L'année d'avant, ils étaient 13 805 496. De beaux chiffres, qui donnent naturellement envie aux clubs de « s'occuper » de tous ces jolis clients qui passent leurs samedis après-midis à gueuler pour encourager leur équipe, une pinte dans un gobelet en plastique dans une main, une saucisse dans un petit pain dans l'autre. Alors les mecs du service marketing se retrouvent à bosser, à plancher sur le meilleur moyen pour que les fans s'identifient au mieux à leur équipe. Toutefois, faut pas pousser. Si le père de famille fan du Bayern est prêt à refaire la garde-robe de son fiston pour lui transmettre son amour qui date du temps de Lothar Matthäus et Steffan Effenberg, il faut pas se foutre de sa gueule non plus. Il ne faudrait pas que la venue au stade devienne une tannée pour le porte-monnaie (en cuir, bien évidemment). Car avec le temps, tout augmente. Les contrôles à l'entrée, par exemple. Les prix, aussi. En automne dernier, les groupes ultras avaient observé des grèves de 12 minutes et 12 secondes au début de chaque match de 1. et 2.Bundesliga durant quelques journées pour protester contre une série de mesures que la Ligue allemande (DFL) voulait présenter aux différents clubs pros le 12 décembre. Quelques semaines après commençait un autre combat, celui contre le plus grand vendeur de billets pour spectacles et événements en tout genre au monde, Viagogo.

« La légalisation du marché noir »

C'est à Gelsenkirchen que tout a vraiment démarré. Offusqué de voir son club de cœur signer un contrat avec Viagogo, Michael Eckl, fan de Schalke 04 « depuis qu'[il est] en mesure de penser » a décidé de créer le collectif « ViaNOgo » en compagnie d'un autre fan des Knappen, Frank Zellin. Le but : obliger le S04 à rompre ce contrat le plus vite possible. « Cette décision a été communiquée le 19 décembre, et devait être effective le 1er juillet. On a réagi immédiatement » , raconte Eckl. Le deal est simple : pendant trois ans, Viagogo a 300 billets à sa disposition pour chaque match joué à domicile par Schalke, des billets qu'il peut revendre jusqu'à 100% de leur prix initial. « C'est purement et simplement la légalisation du marché noir, et nous sommes évidemment contre ça » , justifie Eckl. Il faut dire que la réalité de Gelsenkirchen est connue : une ville de la Ruhr où règne le chômage, et qui n'a pas sombré dans l'oubli uniquement parce que Schalke 04 est là. Du coup, Eckl, Zellin et les membres de ViaNOgo estiment que c'est tout simplement dégueulasse de faire du profit sur le dos de gens qui n'ont peut-être pas les moyens, mais pour qui le club est une religion. Alors ils décident de multiplier les actions, malgré les moqueries au sein du club : « Au départ, on était une vingtaine, et à Schalke, ils ne pensaient pas qu'on pourrait faire quoi que ce soit. Il y a eu des manifs à Hambourg, là où tout a commencé avec Viagogo, mais aussi à Wolfsburg, à Nuremberg. Mais c'était à Schalke qu'il y avait le plus grand potentiel. Nous, on a réussi à faire signer notre pétition à 7000 membres du club, soit 10% du total. Les dirigeants n'y croyaient pas. »

« Nous sommes des Schalker, et pas toi ! »


Du coup, les dirigeants n'ont pas trop fait les malins lorsqu'ils se sont présentés à l'assemblée générale annuelle du club, le 29 juin dernier. Si Clemens Tönnies s'est fait élire une nouvelle fois à la tête du conseil de surveillance par la majorité des 10 000 membres présents, Peter Peters, le président du club, et Alexander Jobst, l'homme du marketing, se sont fait huer comme jamais. « Nous sommes des Schalker, et pas toi ! » , ont même chanté des fans à l'encontre de Jobst, l'homme qui a ficelé le contrat avec Viagogo. Ça aurait pu être une belle opportunité pour le club, puisque ce sponsoring aurait pu rapporter 3,6 millions d'euros sur trois ans. Mais non, les fans en ont décidé autrement. Ils ont trop mis la pression sur le club, qui a fini par craquer et résilier son partenariat avec le revendeur de billets (avec effet immédiat), une semaine seulement après son entrée en vigueur. Viagogo est dégoûté, mais ne se laisse pas abattre pour autant. « Nous avons respecté chaque aspect de notre contrat et c'est vraiment dommage pour nous, pour le club, et plus important, pour les fans, que Schalke ait pris cette décision. Ce qui est bien pour nos clients, c'est que nous ne comptons pas sur des partenariats avec des clubs pour assurer notre position de "marketplace" de billets. La seule différence maintenant, c'est que le club ne va pas en profiter. Notre marché en Allemagne n'a de cesse de grandir, et nous nous réjouissons vraiment quant au futur » , justifie Steve Roest, chef du département « Business Development » en Europe pour Viagogo.

De son côté, Michael Eckl est content, mais sa joie est modérée : « Pourquoi avoir attendu une semaine de plus, une semaine de trop, s'ils savaient que ça allait se passer ainsi ? » Peut-être parce que les dirigeants de Schalke ont compris un peu tard à quel point il ne fallait pas blaguer avec leurs supporters. Des supporters plus que déterminés, qui ne comptent pas en rester là. « Maintenant que le club sait qu'on existe, on va travailler un peu avec eux, devenir une sorte de passerelle entre le club et les fans » , dixit le pensionnaire de la Nordkurve. Qui compte bien mener d'autres combats, plus acharnés, ceux-là. «  On veut expulser Viagogo de l'Allemagne. Ce qu'on fait pour les stades, on veut aussi le faire pour les concerts. Il y a des tas d'artistes qui sont contre ce principe. Die Toten Hosen, par exemple » . Car le supporter allemand a beau adorer la Wurst, il n'aime pas être pris pour un jambon.

Par Ali Farhat
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