L'Allemagne en automne

Malgré les promesses de l'an dernier, le championnat allemand tarde à décoller. La faute à une coupe du monde réussie et à une préparation tronquée ; la responsabilité de certains clubs trop dispendieux sur le marché des transferts (Schalke 04, Wolfsburg, Stuttgart) ; un méfait dû à l'inefficacité ou au manque d'inspiration des buteurs outre-Rhin, voire la culpabilité de l'automne, tout simplement

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L'exercice précédent a exacerbé les fantasmes. Les excellents parcours du Bayern et de Hambourg en Europe ; la chronologie même de la Bundesliga ; le style pimpant de la Nationalmannschaft lors du Mondial sudaf' : tout concourait à ce que le championnat d'Allemagne recouvre son lustre d'antan. Pourtant, au bout de quatre journées, la baudruche s'est quelque peu dégonflée. Il est un peu tôt pour tirer des conclusions, forcément trop hâtives, mais force est de constater que les pétards sont mouillés et que les grosses cylindrées grincent pour le moins au démarrage. Heureusement, il reste quelques raisons de s'enthousiasmer...

La jouvence pop de Mayence


En ouvrant le score au Weserstadion l'autre samedi, Marcel Risse (20 ans, prêté par le Bayer Leverkusen) a fait d'une pierre trois coups : il est devenu le trois millième buteur de la Bundesliga, a mis fin à l'invincibilité annuelle à domicile du Werder et propulsé le FSV Mayence 05 en tête du championnat. Une première pour un club plus que centenaire. Promu l'an dernier, le club des bords du Main avait terminé neuvième au final grâce à un jeu débridé pratiqué par une bande de gamins sans complexes drivée par un coach quasi juvénile du haut de ses trente-six ans, Thomas Tuchel. « Le coach a toujours un plan et ne s'affole jamais. Il arrive à faire passer les choses les plus rébarbatives dans la joie et la bonne humeur s'enflammait André Schürrle » (19 ans, dont on sait déjà qu'il jouera à Leverkusen l'an prochain), l'autre buteur du FSV. Réputé proche de sa troupe d'adolescents post-pubères et acnéiques, Tuchel est un adepte du ‘toujours changer une équipe qui gagne'. Entre la victoire dans le derby de Rhénanie-Palatinat et la victoire d'hier soir contre Cologne (2/0), quatre joueurs nouveaux avaient intégré le onze-type. Cinq victoires de rang, quinze points sur quinze possibles, personne ne dit mieux...

Le remix sauce bavaroise


Comme l'année dernière, le Bayern connaît des difficultés à l'heure de l'automne. En 2009, les joueurs munichois devaient apprendre à causer le van Gaal couramment et s'imprégner de nouvelles méthodes. Cette fois-ci, ils payent le sempiternel tribut de ceux qui ont brillé en coupe du monde (Ribéry excepté, cela va sans dire). « Nous n'avons quasiment pas eu de préparation mais cela ne constitue pas une excuse, plaide pour sa part Hans-Jorg Butt. La patience que nous avons eue contre la Roma, on ne l'a pas eue contre le Werder et Cologne » poursuit le portier des champions d'Allemagne. Entre hier et samedi, ils vont pouvoir connaître l'étendue de leur sang-froid puisqu'ils affrontent à la suite Hoffenheim (en déplacement) et Mayence, soit les deux premiers du classement, la meilleure attaque et la défense la plus imperméable. « Il nous faut au moins trois points » avançait Butt avant la rencontre... La victoire (2/1) contre le TSG pourrait agir comme un déclic même si la blessure de Ribéry après l'indisponibilité de Robben prive le champion d'Allemagne de sa force créative.

Le TSG aux dents longues


Une année pour apprendre, une année pour comprendre, une année pour entreprendre de... gagner quelque chose. Ne serait-ce qu'un billet de tombola pour l'Europa League. Il y a deux ans, pour leur première année dans l'élite, une défaite contre le Bayern et la grave blessure d'Ibisevic avaient précipité Hoffenheim dans le ventre mou du championnat après un départ canon. Avec son président milliardaire, son nouveau stade et son sorcier d'entraîneur (Rangnick), le TSG rêve d'un destin doré et d'éclipser le VFB Stuttgart, son voisin de palier. La réception des Munichois et le déplacement à Cologne en fin de semaine donneront une vision plus exacte des possibilités des coéquipiers de Demba Ba. Reste à espérer pour eux qu'ils se remettront mieux de leur défaite d'hier soir à la Rhein-Neckar Arena (1/2) que de celle de décembre 2008 qui avait vu les coéquipiers d'Ibisevic dégringoler au classement...


L'éternel retour du Borussia


Après une défaite inaugurale contre le Bayer (0/2), les hommes de Jürgen Klopp, l'ex-coach chouchou de Mayence, viennent d'aligner quatre victoires sans bavure (Stuttgart, Wolfsburg, Schalke et Lviv Carpates en Europa). L'affrontement demain contre Kaiserslautern constituera l'autre choc de la journée. Promu cette année, K'lautern ne renouvellera pas l'exploit de 1998, où venant de l'étage inférieur, il était devenu champion d'Allemagne dès son accession dans l'élite, mais il en fera souffrir quelques-uns. Après une défaite imméritée à Mayence (1/2) et un nul pas veinard à domicile contre Hoffenheim (2/2), Marco Kurtz, leur coach, croit à « une saison sans trop de problèmes si nous mettons dans chacun de nos matchs, la même passion que dans les deux derniers. Même si nous pouvons envisager le premier tiers du classement, on ne doit pas perdre de vue l'essentiel, nous sauver d'abord et avant tout » . Sebastian Kehl, le capitaine du Borussia, s'attend de son côté à souffrir face à une équipe qui sera « [notre] test le plus consistant depuis le début de saison... » Voire.

Hambourg, Wolfsburg et les bouteilles à encre


Avec Schalke, le Bayer et le Werder, Hambourg et Wolfburg pouvaient être considérés comme les candidats les plus chauds pour prendre leur titre national aux vice-champions d'Europe munichois. Au lieu de quoi, les Loups chers à Volkswagen se sont pris les pieds dans le tapis, trois défaites de rang dont une claque mémorable contre Mayence (défaite 3/4 après avoir mené 3/0). La victoire contre Hanovre du week-end dernier n'en dira pas plus sur les possibilités des nouveaux potes de Diego. Cinquième du classement, Hambourg pourrait être un test des plus probants pour les hommes de Steve McCLaren mais leurs prestations alternent le bon et le pitoyable. Des victoires à l'arrache contre un Schalke anémique et Francfort guère mieux loti, un nul à domicile contre le foudroyant FC Nuremberg et une invincibilité sauvée in extrémis par Mladen Petric à deux minutes de la fin contre Sankt Pauli (1/1) dans le derby hambourgeois. Ce soir, au Volkparkstadion, ce sera d'abord l'affrontement de deux convalescents qui se craignent. Sur le papier, les deux équipes peuvent prétendre au titre mais pour l'instant, elles peuvent surtout se satisfaire que leurs concurrents directs au trône aient également traîné en route...

Le reste du monde


Si on pouvait avoir un doute sur l'état de forme du championnat d'Allemagne, il suffirait de compter le nombre de buts marqués depuis le début de la saison. Excepté une deuxième journée pantagruélique (39 buts), on dirait celui de la Ligue 1 (28, 21 et 22 pions le week-end dernier malgré le 7/0 de Stuttgart-M'gladbach). Pour le reste le Werder, qui a lourdement chuté à Hanovre (1/4), continue d'arpenter les montagnes russes, Fribourg affiche une fringante quatrième place, le Bayer constitue une équation à multiples inconnues, le ‘Gladbach ouvre sa défense à tous les vents (15 buts en quatre rencontres), les gauchistes du Sankt Pauli continuent leur apprentissage, Stuttgart –comme le Bayern– continue d'abhorrer les senteurs automnales et Schalke 04 –tout comme Arles-Avignon– rêve de pulvériser le record de défaites consécutives de Grenoble de l'an dernier. L'Allemagne en automne, quoi !

(1) : Film à sketches de 1980 de Fassbinder, Schlöndorff, Reitz, Kluge, etc...

5ème journée de Bundesliga

Mardi 21 septembre

FSV Mayence (1) / FC Cologne (12) : 2-0


TSG 1899 Hoffenheim (2) / FC Bayern Münich (9) : 1-2


Hanovre SV 96 (7) / Werder Brême (11) : 4-1

Mercredi 22 septembre

Borussia Dortmund (3) / FC Kaiserslautern.1 (6) (20h00)


SC Fribourg (4) / FC Schalke 04 (18)


Hambourg SV (5) / VFL Wolfsburg (17)


Bayer Leverkusen (8) / Eintracht Francfort (15)


Borussia Monchengladbach (13) / Sankt Pauli (10)


FC Nuremberg (16) / VFB Stuttgart (14)


Rik van Linden

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