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  1. // Amical
  2. // Allemagne/Italie (1-1)

L'Allemagne a son chat noir

Depuis la fameuse demi-finale de 2006, l'Allemagne est en constante progression et l'Italie en constante régression. Du coup, c'est écrit, les Allemands vont enfin battre les Italiens. Bah non.

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Allemagne-Italie. La revanche de la revanche. Cinq ans après la terrible demi-finale de Coupe du Monde, remportée par les Italiens au terme d'un finish qui a dû faire lâcher quelques cœurs, les deux équipes se retrouvent. Même stade, Dortmund, mais pas les mêmes acteurs. Grosso et Del Piero, les deux buteurs, ne sont plus là. Marcello Lippi non plus d'ailleurs. L'Italie affiche un visage rajeuni : rafraîchissement obligatoire après le désastre sud-africain. Côté allemand, on retrouve à peu de choses près l'équipe qui avait enchanté la planète pendant le Mondial en juin dernier. Löw s'appuie notamment sur le quatuor offensif Mueller-Özil-Podolski-Klose, douze buts à eux quatre en Afrique du Sud. Belle carte de visite. Pour les retardataires : Rudi Völler ne joue plus.



Dès le début de la rencontre, le quartet des merveilles fait des merveilles. Logique. Sinon ce serait le quartet d'autre chose. A la 12ème minute, Thomas Mueller et Özil dialoguent avec le ballon, la défense de l'Italie ressemble à celle de la Juve, et Klose, seul au point de pénalty, mystifie Buffon 2011, cousin germain de Buffon 2006. Déjà 1-0 et une équipe d'Italie apathique. On imagine bien se profiler un remix du quart de finale Allemagne-Argentine, surtout lorsque Klose, une minute plus tard, bute sur un Buffon version 2008 (entre les deux). Mais bizarrement, les Allemands n'osent pas enfoncer le clou, alors qu'ils n'auraient même pas eu besoin d'un marteau. Trop de respect, peut-être. Ou la trouille des fantômes, peut-être aussi. L'Italie n'existe que par quelques grigris de Cassano, qui retrouve pour l'occasion son pote Pazzini. D'ailleurs, lorsque l'ex-joueur de la Sampdoria se fait balancer dans la surface par Mertesacker (qui a encore sur le visage la trace de la reprise de volée de Tevez), Fantantonio envoie quelques jolis « vaffanculo » à l'arbitre. Qui ne comprend pas l'italien, heureusement. De Rossi tente bien une reprise de volée, mais Neuer repousse. Et c'est tout. 1-0 à la mi-temps. Logique. Mais un peu tristounet. Tiens, un texto : « Hernanes vient de faire une De Jong » . Zappage sur TF1. Un peu d'action, au moins.



Retour à Dortmund. Cesare Prandelli décide de changer sa doublette d'attaque. Borriello et Giuseppe Rossi, le seul joueur de la Squadra évoluant à l'étranger, remplacent Cassano et Pazzini. Löw lance dans le grand bain la future pépite du foot allemand, Mario Goetze, 18 ans. Mais rien ne change. Le match est toujours ennuyeux. La Mannschaft garde le ballon sans pour autant offrir de belles actions comme à son habitude et l'Italie attend comme si elle menait au score. A ce rythme-là, on peut directement remettre TF1. Mais à l'improviste, le match s'anime. L'Italie a un sursaut d'orgueil et se met à bien jouer. Si si. On n'avait pas vu ça depuis longtemps. Borriello se procure la première occasion avec une frappe que Neuer sort du bout des gants. Au même moment, à 600 bornes de là, son coéquipier Menez délivre un caviar à Benzema. Ah, cette sacrée connexion romaine. Dans la foulée, Aquilani tente sa chance de loin, suivi par Montolivo. Toujours à côté. Mais on sent que les Allemands ont baissé de pied. Et ce qui devait arriver arriva. A dix minutes du terme, Giuseppe Rossi, servi dans la profondeur par Criscito, frappe une première fois sur Neuer, et une deuxième fois au fond des filets. Dans les mêmes cages qu'il y a cinq ans. Les fantômes sont de retour. Heureusement, cette fois-ci, personne ne fond en larmes dans le stade. En fin de rencontre, Khedira tente bien de chasser le mauvais sort d'une frappe d'une gauche, mais rien n'y fait. 1-1, score final. Encore une fois, même en ayant une équipe supérieure, l'Allemagne ne bat pas l'Italie. Comme en 1970. Comme en 1982. Comme en 2006.



Eric Maggiori

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