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L'Alessandrini de Clermont

Ce mercredi soir, l’OM se déplace à Clermont en Coupe de la Ligue. Et le club auvergnat espère de tout cœur pouvoir retrouver Romain Alessandrini, qui a fait les beaux jours du club pendant deux ans.

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« Vous savez si Romain sera de retour dans le groupe pour jouer contre nous ? On aimerait tous le revoir à Clermont. Ça ferait plaisir à tout le monde au club. » À l’image de tous ceux qui ont côtoyé Romain Alessandrini au Clermont Foot 63, l’attaché de presse du club garde un bon souvenir du passage du Marseillais de 2010 à 2012. Il faut dire qu’en seulement deux ans, le gamin de Plan-de-Cuques a largement eu le temps de laisser son empreinte dans le Puy-de-Dôme. En soixante-seize matchs sous le maillot clermontois, il trouve le chemin des filets vingt-quatre fois, et est nommé chaque saison dans le onze type de la Ligue 2 lors des trophées UNFP. Deux saison pleines, sans blessure, en pleine confiance, dans un environnement familial qui lui sied si bien. « Tous les joueurs marchent à l’affectif, et Romain en particulier. Et chez nous, c’était parfait pour lui » , pose Jean-Noël Cabezas, entraîneur adjoint à l’époque.

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Le plein de confiance


Pourtant, lorsqu’il arrive à Clermont-Ferrand, Alessandrini sort d’une saison difficile à Gueugnon. Dès le premier match de National contre le Paris FC, il est victime d’un arrachement des ligaments croisés du genou et manque quasiment l’intégralité de la saison. À son retour, il se retrouve en concurrence avec Giovan Vairelles, le frère de Tony, joueur, entraîneur et propriétaire du club. Autant dire qu’il est un peu injustement mis de côté. « Olivier Chavanon, notre directeur sportif, le supervisait depuis un moment déjà et voulait le recruter. Alors même s’il revenait tout juste d’une grosse blessure, on l’a quand même pris » , se souvient Jean-Noël Cabezas. Un choix gagnant puisqu’il intègre rapidement le onze de départ et réussit ses débuts avec brio, en marquant dès son premier match contre Boulogne-sur-Mer. « Il était ici pour se relancer, et il a tout de suite explosé en livrant de grosses prestations » , rappelle Jacques Salze, un ancien coéquipier, toujours au club.

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Sa prise de décision rapide, sa spontanéité, sa capacité à répéter les efforts et son habileté technique séduisent Michel Der Zakarian, qui en fait son leader d’attaque. Qu’il soit aligné à gauche, à droite ou derrière l’attaquant, c’est toujours la même cible qu’il vise : Sloan Privat. Les sept passes décisives qu’il délivre cette saison-là sont destinées à l’attaquant prêté par Sochaux. « C’est moi qui avais fait venir Sloan la même année. On s’est dit qu’il serait très complémentaire avec Romain, et ça n’a pas loupé » , explique fièrement Cabezas. Les deux compères, amis dans le vestiaire, s’offrent but sur but. Quand Alessandrini ne dépose pas un centre parfait sur la tête de Privat, il s’appuie sur lui, véritable point d’appui, en partant de la droite pour frapper. Mais le buteur clermontois retourne à Sochaux à la fin de la saison. Sollicité par bon nombre de clubs de l’élite et par le Torino, Alessandrini finit par rester un an de plus. « Il voulait absolument confirmer » , assure Salze.

L’ambition


Désormais seul fer de lance de l’attaque clermontoise, il continue sur sa lancée et inscrit onze buts, permettant aux siens de se hisser à la cinquième place du championnat. « C’était une année fantastique, on était tout proches de la montée et l’ambiance était géniale » , raconte Salze, nostalgique. En pleine confiance, Alessandrini s’éclate, à l’image de cette panenka contre Bastia, et commence à penser à l’avenir. « Je m’occupais des spécifiques devant le but. Je peux vous dire que j’en ai vu défiler avec Romain. C’est un véritable compétiteur. Dès qu’on mettait un enjeu au bout, il mettait un peu plus d’implication. Et il le faisait savoir quand il gagnait (rires). Son essence, ce qui le fait courir, c’est son esprit joueur » , s’amuse l’actuel entraîneur des U19 de Clermont. Jean-Noël Cabezas, marseillais également, sait très bien qu’il doit profiter de ces dernières semaines avec son petit protégé. Car cette fois-ci, rien ne pourra l’empêcher de rejoindre l’élite.


« On a eu l’occasion de voir passer de très bons joueurs à Clermont, que ce soit Yacine Brahimi, Medhi Benatia, Joris Marveaux... Ils avaient tous ce point commun, cette sensation qu’ils ne voulaient pas, qu’ils ne pouvaient pas se contenter de la Ligue 2. C’est quelque chose de mental. Romain avait ça, et son parcours difficile, son échec à Marseille chez les jeunes, le retour en National, la blessure, ça l’a endurci. Il était costaud dans la tête et savait ce qu’il voulait » , explique Cabezas. Jacques Salze, son ancien coéquipier, abonde : « Il se défonçait à l’entraînement, il faisait toujours un peu plus que les autres. Il donnait l’impression de ne pas avoir de limite. On se disait qu’on ne savait pas jusqu’où il irait. » Pour l’instant, il est allé jusqu’à Marseille, le club où il a toujours rêvé de revenir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en aura besoin, de ces « formidables qualités mentales » , pour réussir à revenir dans les plans de Rudi Garcia.




Par Kevin Charnay
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