L'Albiceleste est obsédée

Une victoire probante contre le Canada, quelques réglages autour de Lionel Messi, un débat sur la compatibilité entre les plaisirs de la vie et la haute compétition, avant un dernier bain de foule sur la route du titre mondial ; l'Argentine ne pense qu'à une chose : ramener la Coupe du Monde au pays, vingt-quatre ans après le slalom divin de son diable de sélectionneur.

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« Le sexe n'est pas un problème. Ça devient un problème si les joueurs le font à deux heures du matin avec une bouteille de champagne » . Le médecin de la sélection argentine, le Dr Donato Villani, n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il donne à ses protégés quelques recommandations sanitaires en vue de la Coupe du Monde. « On ne va pas les priver pendant plus d'un mois d'un asado (Ndlr : barbecue), d'un verre de vin ou d'un peu de confiture de lait. Ils auront droit à quelques exceptions » , a prévenu le Dr Villani, ce qui n'a pas manqué d'animer les discussions autour de la machine à café, dans les bus et les taxis ou chez le coiffeur, cette semaine en Argentine. Après avoir passé cinq buts à des Canadiens bien faiblards, sans Lionel Messi, laissé au repos pour une légère contracture à l'adducteur gauche, l'Albiceleste s'est remise au travail autour de son petit génie. A huis clos, Diego Maradona a continué d'expérimenter l'animation offensive de son équipe. El Diez avait pourtant arrêté l'équipe qui débutera contre le Nigéria, le 12 juin, à Pretoria, depuis plusieurs semaines. Se dessinait jusqu'alors un 4-4-2 avec Mascherano en soutien de Veron, Di Maria à gauche et Gutierrez à droite, avec Messi et Higuain en pointe.

Football, sexe et dulce de leche


La rencontre contre le Canada a brouillé les pistes. Tevez pourrait être le grand gagnant du remaniement opéré lundi par Maradona. Titulaire en pointe aux côtés d'Higuain, l'attaquant Citizen a les faveurs d'un sélectionneur issu des bas fonds de Buenos Aires, tout comme lui. Si l'Apache venait à remplacer Messi, le Ballon d'Or se retrouverait alors dans un rôle de meneur de jeu plus proche du poste qu'il occupe avec le Barça. Cette option enverrait le vieux lion Juan Sebastian Veron sur le banc et donnerait un relief bien plus fougueux à l'attaque albiceleste, une orientation clairement souhaitée par Maradona, entérinée par la mise à l'écart de Riquelme il y a un peu plus d'un an ou encore par l'absence d'un joueur comme Lucho Gonzalez dans sa liste. El Pibe de Oro ne devrait toutefois pas manquer de lancer la Bruja sur le pré lorsque l'équipe aura besoin de tenir le ballon. Javier Pastore a été étincelant dans le rôle de doublure de Messi et se pose en solution de rechange légitime.

Pastore et Rodriguez marquent des points


Maxi Rodriguez, revenu en grâce aux yeux de Maradona, n'a pas manqué sa chance, en inscrivant les deux premiers buts avec un certain aplomb, même si Di Maria –un but magique de l'extérieur du gauche– et Gutierrez –qui a mordu dans tous les ballons, offensivement et défensivement– apparaissent comme des titulaires inamovibles. Devant, Higuain, auteur d'une passe décisive pour Tevez, a du souci à se faire, avec Milito en embuscade, inapte lundi, malgré sa présence sur la feuille de match. Choix contesté, Agüero, qui a fermé la marque sur son premier ballon, quelques secondes à peine après son entrée en jeu, a conforté beau-papa devant l'opinion publique. Plusieurs centaines de supporters aux couleurs de la sélection sont venus dire au revoir à la sélection vendredi après-midi, de la sortie du Complexe d'Ezeiza à l'aéroport du même nom. Samedi, de retour de leur premier entrainement en terres sud-africaines, les vingt-trois joueurs ont trouvé un mot signé Maradona sur leur porte. “Rêve que tu peux et tu pourras”. Désormais, on comprend mieux pourquoi Diego a choisi le sport plutôt que la philo...

Alejandro Carbone, à Buenos Aires

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l'argentine a fait des finales avec des équipes finalement assez moyennes mais combatives, là depuis une dizaine d'années, elle a des talents incroyables mais rate le coche à chaque fois...
c'est vraiment la notion qui a le plus gros potentiel plus que le Brésil mais bizarrement on a un maradona qui se prive de cambiasso, de zanetti...qui nous rappelle des palermo et veron...
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