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L'Albanie l'évidence

Les Bleus font leur retour à la compétition avec une petite escapade en Albanie. Un déplacement que tout le monde redoute. Surtout pour la ferveur populaire d'un pays qui a toujours résisté aux envahisseurs...

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« Nos adversaires ne jouent pas contre une équipe mais contre tout un pays » éructe l'Albanais Lorik Cana dans Téléfoot. De prime abord, ça fait marrer. L'Albanie, 57ème pays au classement FIFA, qui souhaite faire peur aux ouailles de Laurent Blanc ? Soyons sérieux. L'équipe en elle-même n'a pas de quoi effrayer. Un vice-capitaine remplaçant à la Lazio de Rome, milieu de formation mais évoluant en défense centrale en sélection. Un attaquant sorti de la draft NBA (Bogdani, 1m91), quelques godilles évoluant en Teutonie (Lala, Kapllani) et des lascars œuvrant dans le championnat local. On a beau chercher, sur le papier, la team de Josip Kuze n'aurait pas de quoi inquiéter les Français.

Sauf que la force de persuasion albanaise est avant tout dans les tronches. Venir s'imposer à Tirana demande un certain doigté. Et surtout une sacrée paire de... Bref. Patrice Evra le sait et a d'ailleurs profité des conférences de presse d'avant-match pour abonder dans ce sens: « Ce sera difficile de jouer là-bas, notamment à cause de l'atmosphère. Quand tu n'as pas l'habitude, ce n'est pas évident. Il faut bien rentrer dans le match. Si tu commences à rater des passes, que le public pousse, tu peux passer une bonne partie du match sous pression. Il faut tuer cette atmosphère, répondre présent d'entrée » . Parce que les Alabanais vendront chèrement leur peau. C'est un peu l'ADN maison. Suffit de se pencher sur le blase du stade local : Qemal Stafa. Le bonhomme est tout simplement un héros de la seconde Guerre Mondiale. Ça plante le décor.

Les frères Belushi et Basile Boli

Pour comprendre l'amour de la chair des joueurs albanais, il suffit de se pencher sur l'histoire du pays. Une histoire ô combien austère entre 1940 et 1991, date à laquelle la République populaire d'Albanie se casse la gueule en même temps que le rideau de fer. République, façon de parler. A cette époque, c'est Enver Hoxha qui gère tout. Il va même jusqu'à proclamer l'Albanie « premier État athée du monde » en 1967 et isole son pays du reste de l'Europe. C'est simple, tout est interdit. La doctrine marxiste définie par Enver Hodja s'incruste dans tous les domaines de la pensée et de l'art. La religion est interdite et les membres des clergés, musulman, orthodoxe ou catholique, doivent cesser toute activité sous peine d'emprisonnement. Pis, Tirana, la capitale, devient une ville sans automobile, dont la possession est interdite sauf pour les voitures officielles du Parti. Putain de destination touristique...

En 1990, lors de leur seul voyage en Albanie, Basile Boli et les siens reviennent de Tirana avec une précieuse victoire (1-0) dans un pays dont le régime politique s'effondrera quelques semaines plus tard. Autre temps, autre époque. Il a fallu tout changer, réapprendre le football sans les bases communistes. Un sport enraciné dans le système politique. Le nouveau credo ? Trouver des perles rares dans un pays rongé par la diaspora des siens, comme les acteurs John et James Belushi, nés aux Etats-Unis une famille d'Albanais ayant fui le pays. Pour réapprendre à rêver, il faut avant tout ne pas mourir. C'est un peu le leitmotiv de l'équipe albanaise. Le schéma tactique est simple : 4-5-1. De l'impact, des duels et la sensation d'être investi d'une mission. Celle de mener le pays jusqu'aux barrages de l'Euro 2012. Autrement dit, terminer second du groupe. Un miracle sportif en soi. Pour le moment, les Albanais sont quatrièmes (à quatre points du second mais avec un match en moins) et prient pour accrocher le bon wagon. Ca passe par un résultat ce soir contre les Français. Une histoire de survie. Rien d'anormal pour un pays dont les armoiries portent la marque de Skanderbeg. On parle quand même d'un mec qui a dirigé la résistance albanaise conte l'Empire ottoman au XVe siècle. Un seigneur de guerre. Un Lorik Cana avant l'heure.

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