1. //
  2. // Gr. A
  3. // Roumanie-Albanie (0-1)

L'aigle noir s'est envolé à Lyon

Ballotés pendant vingt minutes, les Albanais sont parvenus à ouvrir le score sur une belle tête de Lenjani. Ils ont ensuite résisté face à de peu inspirés Roumains tout en jouant les coups en contre-attaques. Une victoire logique célébrée dans une ambiance de feu et qui laisse la porte ouverte à une historique qualification pour les huitièmes de finale en attendant les résultats des groupes C et D.

Modififié
722 7

Roumanie 0-1 Albanie

But : Sadiku (43e)

Il paraît que la France est envahie par les Roms. Cela ne s’est pas vu à Lyon ce dimanche soir où l’équivalent de trois fois la population de l’Albanie s’était donné rendez-vous pour supporter son équipe nationale et agiter dans les tribunes d’un stade des lumières – pour le coup loin d’être plein – le drapeau aux deux aigles. Cet étendard est de loin le plus classe de cet Euro, le plus XIXe siècle, le plus « Tintin en Syldavie » , il sent le regard noir des hommes et des femmes d’honneur des montagnes arides, ce drapeau et ses aigles, c’est la tête du Maure des Corses en version balkanique. Parce qu’il en faut aux Albanais, de la fierté et de l’honneur, pour tenter d’exister sur la carte du football européen. De l’unité et du symbole aussi quand on a vu Lorik Cana, de retour de suspension, s’échauffer avec ses camarades dans un stade déjà bouillant un quart d’heure avant le début de la rencontre. Une partie débutée comme un seizième de finale, avec du cœur et du courage côté albanais, il fallait voir le pressing désespéré de Sadiku, l’avant-centre de la sélection, sur les défenseurs roumains après seulement cinq minutes et – il faut bien le reconnaître – un peu plus de maîtrise et de talent du côté des Roumains qui ont évolué quasiment avec quatre attaquants, dont Stanciu, auteur d’une belle reprise de volée des seize mètres boxée par Berisha sur sa ligne.

Oui mais voilà, ce n’est parce que les Albanais, majoritairement issus de la diaspora, sont prêts à mourir sur le terrain qu’ils ne sont pas capables de s’élever au-delà de leur statut d’hommes de devoir et de leur pressing de morts de faim. Après 20 minutes de jeu, une combinaison à trois se conclut par une talonnade de Sadiku au milieu du terrain vers Memushaj, qui renverse vers la gauche sur Hysaj dont le centre trouve Lenjani, seul à six mètres, mais qui trouve le moyen de la mettre au-dessus pour le plus grand malheur de tout un stade. C’est le début d’une belle séquence des Albanais qui trouvent des espaces dans la profondeur, notamment sur leur côté droit avec un Hysaj en feu. Le Napolitain est au four à pizza et au pressoir à huile, défend, déborde, renverse, transperce. Il donne des idées à Memushaj qui envoie un long centre vers Armando Sadiku – quel nom ! – qui trompe le gardien roumain d’une tête décroisée et lobée. C’est la mi-temps et les supporters du pays des aigles peuvent chanter : « Qui ne porte pas un petit chapeau blanc n’est pas alba-nais ! Nais ! » en allumant au passage quelques fumigènes, histoire de démontrer que ce n’est pas l’UEFA qui décide comment se comporter dans un stade.

Une attaque-défense


Le reste ? Un début de deuxième mi-temps comme on ne l’attendait pas, faute de réaction des Roumains sans idées ni génie. Au contraire, les Albanais, avec leurs moyens, continuent à jouer intelligemment et juste, poussés par leur public qui transforme chaque coup franc accordé en célébration de fête nationale. Au bout de 60 minutes, Sadiku est déjà rincé par les efforts consentis et remplacé par Balaj. Les Albanais nous sortent la position des barricades de Tirana, une tortue en 4-5-1 pour tenter de repousser des Roumains revigorés par l’entrée de Gabriel Torje, tout en crochets courts et provocations taurines. Seul aux 20 mètres, il dévisse une frappe du droit, l’une des seules situations qui ressemblent à un début d’occase pour les Roumains.

Sur le bord du terrain, Iordănescu feint la sérénité derrière sa tête d’apparatchik du ministère de la Sécurité nationale, tandis que De Biasi explose à chaque décision de l’arbitre. Andone, entré en deuxième mi-temps, s’enfonce dans la surface albanaise, mais l’attaquant de Córdoba tape l’arête de la transversale de Berisha. Pour les Albanais, le dernier quart d’heure est un séminaire au Futuroscope de Poitiers sur le thème « comment optimiser votre défense quand nous n’avez que 33% de position de balle » . Dans les tribunes, les petits bonnets blancs remettent un coup de « Qui ne saute pas… » Les joueurs, à bout de souffle, trouvent le moyen de lever les bras au ciel façon Diego Simeone. Les dernières occasions sont pour eux. Un brin de simulation pour gagner quelques secondes. Cinq minutes de temps additionnel, les cinq minutes les plus longues de l’histoire moderne du pays des aigles dans une ambiance de corrida. L’arbitre siffle, et le stade explose. Les Albanais vont maintenant retrouver leur camp de base de Perros-Guirec. Peut-être se faire une petite thalasso en regardant les matchs du groupe C et D. Deux jours de vacances et savoir. Le repos des hommes d’honneur.

Par Joachim Barbier, au Parc OL (Lyon)
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

Les albanais auraient mérités mieux.

Héroïques à 10 contre 11 face à la Suisse.

Malchanceux face aux français.

Ils auraient pu finir 1er du groupe.
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
Y'a pas deux aigles, y'en à qu'un. Bicéphale. L'héraldique c'est du sérieux les gars !
 //  01:02  //  Amoureux de la Bolivie
Note : 2
Bravo aux Albanais (ils méritaient mieux sur leurs 2 premiers matches). mais si leur possible qualification apparait comme rafraichissante et plutot agréable à plusieurs points de vue notamment pour récompenser le courage, le sacrifice et le collective de cette équipe, cela pose problème quand même. En effet, cet euro à 24 et ces meilleures 3èmes, font qu'avec 2 défaites et une victoire et 1 seul but marqué tu peut te qualifier en 1/8 èmes, voir être en quart avec le meme scénario (genre 0-0 et une qualif aux TAB)... C'est quand même un nivellement par le bas cet euro à 24

pierrot92 Niveau : CFA2
Je comprend spas pourquoi Andone n'est pas titulaire. Contre la France il avait été très bon.
Garrinchouille Niveau : District
Oh les gars, pas un mot sur le hors-jeu imaginaire sifflé aux Roumains alors que le gars n'avait plu qu'à mettre le ballon dans la cage à un mètre de la ligne? Pas un mot sur la barre, au même moment que celle de Payet (Je regardais les deux matchs)? Jamais ça doit finir à 1-0 ce match!
La hyène Niveau : DHR
Et un mot sur la "Air sortie" de Tatarusanu (Tatarusinos plutôt) et le "Air marquage" de Chiriches?

Les mecs vendus comme les leaders de l'équipe...
ThomasDandy Niveau : Ligue 2
 //  14:44  //  Amoureux de Lyon
Très bel article
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
722 7