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  3. // Départ de Puyol
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L’adieu au roi Carles Puyol

L’équipe la plus talentueuse de ces dix dernières années avait pour capitaine un homme qui ne s’embarrassait pas de bonnes manières. Carles Puyol a décidé d’arrêter parce qu’un roi part quand il veut. L’Espagne lui doit bien ça.

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Celui qui a vécu comme un fou a bien le droit de perdre un peu son temps. De rêvasser à l’ombre des jeunes filles en fleurs. De se remémorer des souvenirs oubliés. À l’heure des honneurs, il rêverait des jours bénis où il était fort, où il était beau. Il aurait le droit de se dire qu’après autant d’années passées à courir après les autres, à chasser les rivaux qui le provoquent, à défendre les couleurs d’un maillot de plus en plus serré, c’était maintenant l’heure de s’asseoir, de regarder le passé dans les yeux et puis de s’alanguir un peu au milieu des courtisans. Carles Puyol aurait pu se faire désirer et faire grandir la rumeur. Il l’aurait nourrie de messages contradictoires. Il y aurait eu ceux qui auraient juré qu’ils savaient, mais qui n’auraient rien dit. Et puis il y aurait eu tous les autres. Ceux qui ne savent jamais rien, mais qui parlent toujours. Carles aurait pu nous faire mariner un peu. On l’aurait regretté un peu plus. On aurait fini par se dire que c’était de notre faute s'il partait. Mais Carles Puyol n’est pas de ceux-là. Il a des choses plus importantes à faire que d’agencer les mots de façon harmonieuse. Son langage à lui n’a besoin que d’une minute quarante-cinq (en catalan) pour tout dire : il quittera le Barça à la fin de la saison, il renonce aux deux ans qui lui restent, il ne sait par encore ce qu’il fera le 30 juin prochain, il organisera une conférence de presse à cette occasion, les questions y seront autorisées. Puyol, c’est clair, c’est net, c’est ça.

La ligue des patrons

Puyol, c’était le cœur, l’esprit, le visage, la jambe, le genou, les cheveux, le coude, la pommette, le sang, le corps de Barcelone. Une quarantaine de blessures, six opérations, un nombre infini de sauvetages, de visages ensanglantés, de tacles rageurs, de courses généreuses, d’envies de sauter encore plus haut, de rugir encore plus fort, de bramer encore plus dur. Les yeux fixes et l’air appliqué, Piqué, Messi, Abidal, Valdés, Alvés, Thiago n’étaient que des écoliers disciplinés à côté de celui qui n’était ni grand, ni beau, ni même doué. Mais il pouvait leur en gueuler, des choses. Jamais ils ne mouftaient. Personne ne répond à un roi. Même pas Messi. Surtout, il y avait Gerard et ses montées irresponsables : « Sur le terrain, je passe mon temps à parler et à donner de la voix. Une fois sur deux, c’est pour vérifier qu’il est bien attentif... Et il l’est. Je m’entends tellement bien avec lui sur le terrain que, parfois, on a même le temps de rigoler un peu. » Puyol n’avait rien de ces êtres misérables qui sont chefs comme ils seraient flics ou percepteurs. Puyol n’était pas le boss parce qu’il courait plus que les autres, ni non plus parce qu’il était entré au Barça comme ailier pour finalement se retrouver arrière central. Pourquoi au milieu d’une équipe de magiciens aux traits raffinés et aux manières policées, c’était un emmerdeur à perruque longue qui portait le brassard ? Les Culés le savent bien. C’est parce que tous ont rêvé au moins une fois de se faire engueuler par Carles Puyol.

Le siècle d’or

À Madrid aussi, Puyol est aimé. Au moins autant que Philippe IV, le roi d’Espagne à la tête de chou (le Henri IV espagnol). Peint par Velázquez, artiste de cour qui campait les nains et les fous comme des rois, le descendant des Habsbourg a les mêmes trais gras, les mêmes lèvres charnues, les yeux rapprochés, les mêmes cheveux blonds, le même air de victoire que Puyol. Tous les gamins espagnols qui défilent dans les longs couloirs des galeries consacrées au peintre andalou savent qu’au musée du Prado (le Louvre local), des salles entières sont ainsi tapissés de leur héros : Carles Puyol à la cour, Carles Puyol à la guerre, à la chasse, Carles Puyol sur son cheval, Carles Puyol et sa descendance. Au Prado, il n’y en a pas encore de Carles Puyol soulevant la Coupe du monde, mais il y en a de ses trophées de guerre. La ressemblance est troublante, un peu comme si chez nous Laurent Blanc avait des airs de Louis XVI. Puyol n’a pas que des allures de roi. Il en a aussi les manières et les valeurs. L’homme qui a marqué le deuxième but le plus important de l’histoire du foot péninsulaire (contre l’Allemagne en demi-finale du mondial 2010) est parti d’un coup sec. Parce que le corps du roi ne disparaît jamais et qu’il survit dans les mémoires de chacun de ses sujets. Puyol tapisse les murs de tous les musées imaginaires des Espagnols. Mais le roi a dit qu’il restait encore trois mois à jouer. Qu’il ne fallait pas s’apitoyer. Qu’il fallait jouer. Alors jouons.



Par Thibaud Leplat, à Madrid
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Merci Carles, à force de transpirer la classe à tous les matchs, t'as fini par puer le football. Ou l'inverse je sais plus.
Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

C'est pas non plus le joueur du siècle hein.
LaPaillade91 Niveau : Loisir
Message posté par samotraki
Merci Carles, à force de transpirer la classe à tous les matchs, t'as fini par puer le football. Ou l'inverse je sais plus.


Toi tu pues des cheveux

Quant à Puyol, c'est vraiment le gars qui devait en chier un maximum dans le travail foncier et avoir une hygiène de vie 100% pro (ou alors je comprends rien).

Ca m'étonnerait pas qu'il ait un physique de décathlonien à la Briegel.

Très très bon à la coupe du monde, surtout vers la fin, là encore ça montre qu'il avait un temps d'avance sur tout le monde pour ce qui est d'avoir la fraicheur physique au moment le plus important.
Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

C'est pas non plus le joueur du siècle hein.
Le dernier Led Zeppelin, rien que pour sa coupe de cheveux, j'adorais ce joueurs.

Bon vent, y a un escalier pour le paradis des footballeurs qui t'attend (le Qatar à ce qu'il parait) !
Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

C'est pas non plus le joueur du siècle hein.
Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

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Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

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C'est pas non plus le joueur du siècle hein.
Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

C'est pas non plus le joueur du siècle hein.
Nerazzurro Niveau : CFA2
Apatride, tu n'es qu'un con*.
Max_Payne Niveau : CFA
Oui, un rempart du foot comme on l'aime tant qui s'en va.
Comme les Nedved, Zidane et Figo. Et avant les Pirlo, Buffon, Giggs et Trezeguet.
Désolé pour ceux que j'ai oublié.
Message posté par Apatride
Bon il va y avoir combien d'articles sur ce farfadet ?

C'est pas non plus le joueur du siècle hein.



En effet, ce n'est pas le joueur du siècle.

Mais c'est un joueur comme on en voit très très peu. Un mec fidèle à son club, qui aura oeuvré pour celui-ci, un putain de guerrier, un mec qui a humilié les plus grands dans sa carrière, avec comme simple exemple, un certain Ronaldo Luis Nazário de Lima. Puis au-delà de tout ça, même si ça me semble déjà bien, Puyol c'est surtout le fair-play à l'état pur. (http://www.youtube.com/watch?v=XwRCkUOSPj4)

Bref, un mec qui aura marqué le football de son empreinte, et pas seulement à cause de sa coupe de cheveux !
Paulgeorge Niveau : DHR
Putain tout fout le camp
La lettre d'adieu de Piqué à Puyol :

« Mon ange protecteur,

Le jour est arrivé. Tu t'en vas. Même si c'est la loi de la vie, il m’est impossible d’imaginer un Barça sans toi. Si je regarde dans le rétroviseur, je me souviens de Paris (Ligue des champions 2006 ndlr) ou de Rome (2009), la première image qui me vient en tête c'est toi en train de lever la Ligue des champions. A Wembley (2011), tu as laissé cet honneur à Abi, un détail qui te rendra toujours plus grand.
Ma génération et les suivantes ne savent pas ce qu'est un Barça sans "Puyi" en défense, avec le brassard et le numéro "5" dans le dos. J'imagine que désormais, plus rien ne sera comme avant. Je t'ai côtoyé presque six ans. Tu étais le capitaine et l'emblème du club et moi un jeune qui arrivait pour dévorer le monde.
Depuis le premier jour, on a eu une grande relation, autant sur le terrain qu’en dehors. A tes côtés, je me suis senti protégé, je savais que si un jour je me ratais, tu serais derrière pour me sauver. Tu es mon ange protecteur. Je veux que tu saches que tes discours dans le vestiaire vont me manquer, tes conseils et surtout, tes coups de gueule sur le terrain. Tu es unique et irremplaçable. Ça me fait rire d'entendre qu'on parle de recruter un "nouveau Puyol". Qu'on continue de le chercher car jamais nous le trouverons.
Merci pour tout Puyi. »
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