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L'adieu à la RDA

C'était il y a 24 ans jour pour jour. Le 12 septembre 1990 au Parc Astrid de Bruxelles, la sélection nationale de RDA disputait le dernier match de son histoire. Une ultime victoire anecdotique et un clap de fin, après 38 années à défendre la patrie est-allemande, à l'ombre du géant à l'ouest. Le temps de la réunification – non sans douleur et amertume – était venu.

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«  Cela rend bien sûr un peu mélancolique, mais on veut quitter la scène du football dignement. » Une conférence de presse d'avant-match presque comme les autres en cette fin d'été de l'année 1990. Face aux journalistes, le sélectionneur de la RDA Eduard Geyer sait que son CDD se termine. Une dernière rencontre à venir, sans enjeu, face à la Belgique, puis il pointera au chômage. Mais il a dans l'idée de finir sur une bonne note avec une équipe nationale qui cessera d'exister au coup de sifflet final. Car les événements se sont précipités depuis un an et sa nomination au poste en août 1989. Il y a eu la chute du mur de Berlin bien sûr, mettant fin à l'absurde séparation entre les deux Allemagne. Assez rapidement, RFA et RDA se sont entendues sur l'idée d'une réunification. Le 23 août 1990 au petit matin, la Volkskammer – le parlement est-allemand – donne son accord pour une fusion des deux nations, officialisée le 3 octobre de la même année. Voilà pour un très rapide résumé du contexte géopolitique de l'époque.

Sur le plan footballistique, la RFA vient de remporter la Coupe du monde en Italie. C'est l'heure des qualifications pour l'Euro 1992. Or, le hasard avait voulu que les deux sélections nationales de RDA et de RFA se retrouvent dans le même groupe 5 de qualification, en compagnie de la Belgique, du Luxembourg et du pays de Galles. La RDA devait débuter par un déplacement en Belgique pour y affronter les Diables rouges. Or, avec la réunification qui se précise au niveau politique, il est aussi question de s'y préparer du point de vue des entités sportives. Le 20 juillet, la Fédération est-allemande de football annonce officiellement qu'elle retire sa sélection de la course à la qualification pour l'Euro 92. Les instances des deux fédérations discutent d'une unification, programmée au 21 novembre de cette même année 1990. Un ultime match de gala RFA/RDA doit sceller cette union, baptisé « Wir gegen uns » ( « Nous contre nous-mêmes » ).

Un doublé de Sammer pour finir


Ce 12 septembre 1990, le match entre la Belgique et la RDA, initialement prévu pour le compte des qualifications à l'Euro, n'a pas été annulé. Il s'est transformé en une simple rencontre amicale sans autre enjeu que de permettre à la sélection est-allemande de tirer sa révérence. Dans cette ambiance de déliquescence, il est plus question d'amertume que de joie du côté de la défunte « DDR  » . Le coach, Eduard Geyer, a toutes les peines du monde à convoquer un dernier groupe de joueurs, les meilleurs ayant profité de la chute du mur pour rejoindre des clubs à l'ouest. Ils ne voient plus l'intérêt de répondre favorablement à une convocation pour une sélection dont la disparition est imminente. «  Je n'ai plus aucune motivation à jouer encore pour la RDA » , se justifie ainsi Rainer Ernst, l'un des cadres de l'équipe nationale, nouveau joueur de Kaiserslautern, qui refuse de se rendre à Bruxelles.

Même fin de non recevoir de la part d'Andreas Thom et Ulf Kirsten, récemment transférés au Bayer Leverkusen, ou encore des Hambourgeois Frank Rohde et Thomas Doll. Parmi la délégation est-allemande passé de l'autre côté de la frontière, seul Matthias Sammer, le rouquin de Stuttgart, accepte sa convocation. Et c'est lui qui sera d'ailleurs le héros de ce match Belgique/RDA, avec un doublé à son actif inscrit en fin de rencontre, pour une victoire 2-0 des visiteurs. Un succès aussi symbolique qu'honorifique, face à une équipe des Diables rouges sur le papier supérieure, avec Preud'homme, Scifo, Staelens, Boffin, Wilmots… Un peu plus de 10 000 personnes ont assisté à cette affiche au Parc Astrid.

Le football est-allemand ne s'en est pas remis


Le « Wir gegen uns » RFA/RDA programmé le 21 novembre est finalement annulé, conséquence de menaces de manifestations de colère de la part de certains supporters est-allemands. Car cette unification des deux Allemagne du football ne se fait pas sans crispation. Au niveau des clubs surtout, la différence de niveau entre les formations de Bundesliga et leurs homologues d'Oberliga est telle qu'il est bien difficile de fusionner les deux championnats en un. Cette fusion se fera à compter de la saison 1991/1992, avec seulement deux clubs est-allemands incorporés en élite. Tous les meilleurs clubs de l'ex-RDA subissent l'exode de leurs meilleurs joueurs à l'ouest. Des talents irremplaçables, la faute à un système de formation et à des infrastructures hors d'âge. Aujourd'hui encore, la frontière entre les deux Allemagne n'a pas encore vraiment disparu d'un point de vue footballistique. Reste que régulièrement, des joueurs nés à l'est du mur continuent d'enrichir la sélection nationale réunifiée : Sammer hier, premier joueur de RDA à avoir été convoqué dans la nouvelle sélection allemande, Toni Kroos aujourd'hui.

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Par Régis Delanoë
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