1. //
  2. //
  3. // Académie du foot nantais

L'Académie du Foot : que sont-ils devenus ?

Avant de porter le maillot des Bleus et de signer à l'OM, Dimitri Payet a fait ses classes à la Jonelière. À l'époque, le fantastique Lorànt Deutsch contait les aventures quotidiennes du Réunionnais et de son duvet dans l'Académie du Foot, un documentaire diffusé sur Arte en marge de la Coupe du monde 2006. Mais le petit Dimitri n'était pas le seul héros de cette étrange expérience télévisuelle. Il y a avait aussi Vincent, Fréjus et Pacho. Et devinez quoi ? On les a retrouvés.

Modififié
199 17
Vincent Briant, buteur-bricoleur

Vincent, c'était le gardien de la bande. Un Breton pure souche, très fort, mais pas très bavard. C'était aussi le seul des quatre footeux en herbe à signer un contrat pro avec le FC Nantes dans le dernier épisode. Rudi Roussillon, le président de l'époque, lui prédisait alors une belle et longue carrière. Et en effet, sept ans plus tard, Vincent Briant joue toujours au foot. Sauf que c'est au poste d'avant-centre, et en DHR... Doublure de Barthez et de Heurtebis à Nantes, puis doublure de Regnault et de Costil à Sedan, il n'aura disputé qu'une trentaine de matchs en cinq ans de carrière pro. En 2011, fin du voyage, Vincent descend du train. En toute lucidité. « Gardien, c'est un poste particulier, c'est toujours difficile de prendre la place du numéro 1, confie-t-il aujourd'hui. Il faut avoir de la chance. Après, voilà, j'ai fait de bons matchs, mais je n'ai jamais été exceptionnel non plus. Je crois que je n'ai pas fait les arrêts qu'il fallait au bon moment, tout simplement. » Au chômage, et pas forcément intéressé par les propositions des clubs de CFA, il range les gants et réfléchit début 2012 à sa reconversion. Parce qu'il sait et qu'il aime se servir de ses mains – ce qui est toujours utile pour un gardien –, Vincent porte ses cojones et reprend alors le M. Store de Quimper.

Une aventure un peu folle dans laquelle il s'épanouit : « C'est parfait pour moi, ça allie le commercial et le manuel, raconte-t-il avec ferveur. Je fais tous les rendez-vous clients, et quand je peux, j'aide à trouver des solutions sur les chantiers. Fabriquer des équerres, des choses comme ça, c'est ça que j'aime. Je suis un bricoleur. » D'ailleurs, l'ancien Canari a également acheté avec sa femme un corps de ferme qu'il retape entièrement sur son temps libre. Du moins, quand il n'est pas parti tâter la gonfle sur la pelouse du FC Odet, « né de la fusion entre Bénodet et Gouesnac'h. » Vincent y a déjà joué deux saisons avec ses potes, ponctuées de deux montées successives. « Quand je suis arrivé, ils étaient en 1re division de district, et puis on est montés en PH et en DHR. Je ne voulais pas aller dans les buts à ce niveau-là, je voulais me faire plaisir. Du coup, je joue avant-centre, et c'est moi le meilleur buteur. » 17 pions cette année, 23 la saison d'avant. Respect. À 27 ans, Vincent Briant est désormais un mec posé, rangé des pelouses pro. « J'ai fait des choix, et franchement, j'en suis content. Je n'ai plus le même salaire, c'est sûr, mais le monde du football professionnel est particulier. Il y a beaucoup de faux-culs, humainement c'est assez faible. D'ailleurs, je n'ai quasiment pas gardé de contacts avec mes anciens coéquipiers. C'était des collègues, rien de plus. Et pour être franc, je n'ai pas regardé un seul match de foot à la télé depuis 3 ou 4 ans, je crois. Je préfère ouvrir le journal pour y découvrir la future poule de Bénodet. » La vie, la vraie.



Pacho Donzelot, à la poursuite de l'élite

« Il vient de Colombie. Et là-bas, il a pas eu beaucoup de chance. » Voilà comment Lorànt Deutsch présentait Francisco « Pacho » Donzelot dans le premier épisode. Pacho, c'était la belle histoire du programme, celle d'un gosse de Bogotá adopté par une famille française, sur le point de réaliser son rêve footballistique. Solide arrière latéral, il s'était pourtant – comme la plupart de ses camarades – fait jeter du centre de formation à la fin de l'Académie du Foot. On le quittait donc en train de passer des tests à gauche et à droite dans des clubs de Ligue 2. « Je suis même allé en Allemagne, dans des pays à l'étranger et tout, mais il n'y avait jamais rien à la clé, on me proposait juste de prolonger les essais » , se souvient Francisco. Finalement, au bout d'un an d'inactivité, il signe à Fréjus, en CFA. Il fait une saison correcte dans le Sud, puis se tire au Red Star, « un club mythique » . Mais là-encore, Pacho ne se pose pas longtemps. En 2009, il rejoint le National et les rangs du Paris FC. Cette année-là, il explose : « Reims s'intéressait à moi, mais ça ne s'est pas fait. Et en fin de saison, c'est Strasbourg qui m'a contacté pour me proposer mon premier contrat pro. À ce moment-là, ils étaient en Ligue 2, comme Nantes. Après avoir galéré pendant 3-4 ans, je me disais que j'allais enfin pouvoir rejouer contre mon club formateur. Inconsciemment, je crois que c'était peut-être une petite revanche. » Seulement, Pacho est un poissard. Lors de la dernière journée, Strasbourg perd 2-1 contre Châteauroux et descend en National. La L2 s'envole, ce qui ne l'empêche pas de bouger en Alsace avec un statut de professionnel. « La première saison au Racing, c'était génial, raconte Francisco. Pour la première fois, j'ai disputé la Coupe de la Ligue, j'avais vraiment un pied dans le foot professionnel. Je me rappelle qu'on rate la montée pour un petit point, c'est tout. » La poisse, encore.

Mais le plus grave n'est pas là. Quelques semaines plus tard, en pleine pré-saison, le club dépose le bilan et se voit reléguer en CFA 2 : « Là, gros moment d'angoisse. » Un peu perdu, Pacho refait des tests à l'étranger et s'apprête à signer un contrat en Grèce, à l'OFI Crète. « Le truc, c'est qu'il y avait déjà des problèmes de paiements là-bas, donc j'ai finalement décidé de revenir m'entraîner à Strasbourg. » Et de ne plus en repartir. Après une bonne première partie de saison, le Racing lui propose en effet un contrat fédéral de 3 ans et demi. Le dernier qu'il a paraphé. « Là, j'ai connu deux montées successives, je vais peut-être enfin pouvoir atteindre la Ligue 2, pour moi c'est parfait. Je suis tombé amoureux de cette ville, de ce club, et j'aimerais finir ma carrière ici. J'ai eu le temps de m'attacher, pas comme au Red Star, à Fréjus ou à Paris, où je suis resté seulement un an. » Et puis surtout, comme il en rêvait gamin, Pacho peut vivre de sa passion dans des conditions presque identiques à celles d'un club de l'élite. « J'ai toujours eu la chance de ne faire que du foot, je n'ai jamais eu à travailler à côté, précise-t-il. Je vis bien, là j'ai même pu m'acheter un appartement. À Strasbourg, si le club n'est pas pro administrativement, dans les faits c'est tout comme. On vit tous du foot, on s'entraîne tous les jours, on a des infrastructures dignes d'un club de L2 ou de L1, on a des kinés, des préparateurs, il y a un centre de formation... » Comme à Nantes, en fait. Ses trois compères en moins.

Quant à Fréjus Tchetgna, le milieu camerounais passé par la Corée du Sud et l'Allemagne avant Nantes, il n'a jamais réussi à percer. Après avoir porté les couleurs de Saint-Priest et de Lyon-Duchère en CFA 2, il joue désormais à Limonest Saint-Didier, un petit club de DH dans la banlieue lyonnaise. Il prépare aussi une « formation en climatisation » , mais n'a pas souhaité s'épancher plus sur sa nouvelle vie...

Par Clément Chaillou
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

BardonEscudéMoi Niveau : District
Parcours surprenant pour Briant, le gars à quand même connu les équipes de France de jeunes, très peu certes m'enfin de là à terminer attaquant en district il y a un monde ...

Néanmoins respect, renoncer à une carrière pro qu'il aurait eu à coup sur (Roumanie, Malte, Bulgarie ou autres championnats moins développés) pour replonger dans la "vraie vie", chapeau !
Viorel-Moldovan Niveau : District
Il ne fait pacho à Strasbourg ... lolilol
FlyingDutch Niveau : DHR
J'ai du tomber sur cette emission quelques fois, et jamais j'aurai cru qu'un d'entre eux est une carrière...

Dire qu'un d'entre eux à déjà été le meilleur joueur de l'EDF sur un match, c'est dingue...
Coach Mouzone Niveau : CFA
Note : 4
Ces mecs prouvent à quel point c'est difficile de devenir pro et surtout s'installer durablement dans ce milieu...
J'aurais jamais cru que ça arrive mais ça fait plaisir d'entendre parler du fc Odet sur sofoot...
Throat-Tackle Niveau : District
Fuck! Le temps passe trop vite!
Vincent Briant quoi!J'ai l'impression qu'il etait a centre de formation y a 3 ans.
romlakers Niveau : CFA2
Je sais pas s'il existe des stats sur le nombre de joueurs qui deviennent professionnels après avoir connu le centre de formation cependant je serais curieux de savoir combien y parviennent mais le pourcentage doit être faible.
Jack Facial Niveau : CFA
Ah, le mythe du Breton taiseux...
Le pourcentage de joueur qui passe du centre de formation à un statut pro est infime.
Rien qu'en ne comptant que les jeunes qui sont en Centre à l'age de entre 17 et 20 ans c'est infime alors si tu rajoute tout ceux qui y sont passé depuis le plus jeune age il ne reste rien.
1 joueur sur 100 devient pro à la suite de son cursus de formation...
Pl'anus en feu Niveau : District
belles tranches de vie ! suffit pas d'avoir la vista ou la technique, faut aussi être un killer pour réussir dans le futebol
"Et pour être franc, je n'ai pas regardé un seul match de foot à la télé depuis 3 ou 4 ans"

Étonnant pour un passionné... Même les gens qui ne s'y intéressent pas regardent au moins un match de temps à autre ou lors de la coupe du monde et l'Euro.
Le fait de ne pas réussir l'a peut-être un peu dégoûté
Ils ont fait ce reportage au moment où le FCN au même titre que son centre de formation étaient en crise

Mais ça a permis de mettre en lumière sa dernière pépite en date à être sortie de la jone (PAYET) et les désillusions de ces jeunes qui ne réussissent pas dans le foot pro.
Il est effectivement poissard le pauvre Pacho.
Maintenant qu'on vient enfin de réintégrer le National, il s'est fait une rupture du tendon d'achille pendant ses vacances, tout juste quelques jours avant la reprise.
Indisponibilité 6 mois.
Putain vincent briant, j'avais oublié! Le mec était prometteur en 2006-2007, je crois qu'il est dans les cages quand on bat l'OM à la beaujoire et on était pas mal à penser qu'il méritait la place d'Heurtebis. Puis Barthez a signé, ça a été une catastrophe, on est descendu et on a pas revu Briant. Dommage qu'il ait pas eu sa chance en L2 l'année d'après. Ça tient à pas grand chose
GenzoLloris Niveau : DHR
C'était Briant qui à la fin de l'émission semblait le mieux destiné à faire carrière : c'était le seul à la fin à signer un contrat pro et avoir déjà connu les sélections jeunes. Vu son pedigree, il aurait pu tenter les clubs d'Europe de l'Est ou celles de la D2 et D3 anglaise mais bon, il aspirait surtout à la sédentarité pour ses enfants et ce choix est tout à son honneur.

C'est beaucoup plus glauque pour Fréjus qui semblait avoir le plus ch*é des 4 pour devenir pro.

Dimitri Payet évidemment mais aussi Pacho (s'il devient le Ryan Giggs du RC Strasbourg, tant mieux, non?) ont chacun bien mené leur barque selon leur oppurtunités respectives de carrière.

J'aurai bien rajouté aussi dans l'article le cas de Mohammed Larbi (si vous avez la flemme de gougueuler son nom) qui s'était barré assez tôt dans l'émission pour signer tout de suite un contrat dans un club tunisien plutôt qu'attendre le FC Nantes le fasse signer éventuellement à la fin de l'année. Au final, il ne ne s'était pas imposé sur le long terme là-bas et est revenu en France pour faire maintenant de la CFA2.

Comme quoi, la jurisprudence Le Tallec ne prévaut pas uniquement pour les clubs huppés Arsenal ou Milan AC ^^.
Problema ? Niveau : DHR
Ahhh, souvenirs! Et payet avait un sale mono-sourcil, ça on n'en parle pas, premier contrat chez l'esthéticienne.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
199 17