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K.Zéribi : « L'OM ne donne pas de plaisir »

Engagé depuis octobre 2010 avec Europe Ecologie, le Marseillais Karim Zéribi revient sur son passé de footballeur et sa reconversion en politique. Deux mondes différents, mais une même passion.

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De votre carrière de footballeur avec le Stade Lavallois, que retenez-vous ?


Je ne retiens que des bons souvenirs, de la camaraderie, beaucoup de plaisir à taper dans le ballon deux fois par jour, à exercer le métier dont je rêvais. Je l'ai fait quelques années avant de me blesser. J'étais certes loin de mes bases et, à Laval, à part le foot, il n'y a pas grand-chose. La compétition, l'entraînement, le travail, c'était pour moi une formidable école de la vie.

Quel meilleur souvenir gardez-vous de cette époque ?


Les matchs qui m'ont marqué, c'étaient les oppositions contre Le Mans. L'entraîneur-joueur du Mans était Christian Gourcuff. Il jouait numéro 10 et moi milieu défensif. C'était un joueur doué techniquement, qui avait une belle vision du jeu et on m'avait demandé de le marquer individuellement. J'avais en face de moi un homme d'un grand respect, un footballeur talentueux. La compétition, la concurrence, c'est aussi ça le football. Un milieu sans pitié, la vie en société quoi.

Quel regard portez-vous sur le football professionnel aujourd'hui ?


J'étais footballeur à une époque bien différente. Il n'y avait pas autant d'argent, de “peoplisation”. J'ai l'impression que ça fait un siècle tellement les choses ont évolué. Quand on voit des gamins à 20 ans gagner des sommes astronomiques, être traités comme des extraterrestres par la bulle médiatique, je me dis que c'était vraiment une autre époque.

Et aujourd'hui, vous avez encore le temps de jouer au foot ?


J'ai fait la bêtise de faire un futsal hier avec des gamins de quartier entre 20 et 25 ans mais ils allaient trop vite pour moi. Je joue très rarement, mais quand je joue, je souffre énormément physiquement. Le pied gauche est toujours là mais le physique ne suit pas.

Vous êtes supporter de quel club ?


L'OM. Je vais quasiment à tous les matchs au stade Vélodrome. Je suis un supporter, pas un fanatique. Un supporter, un peu comme les supporters catalans, demande à son équipe de gagner mais aussi de bien jouer alors qu'un fanatique demande à son équipe de gagner sans pour autant être portée sur le beau jeu. Je suis un peu insatisfait parfois de voir l'OM gagner sans la manière. Je trouve que cette équipe joue mal, qu'elle ne prend pas de plaisir et qu'elle n'en donne pas. C'est aussi la méthode Deschamps.

Pensez-vous que l'OM peut être champion ?


Oui. Avec Didier Deschamps qui est de ma génération. J'étais en classe sport étude à Rouen quand j'avais 14-15 ans et j'étais en sélection des meilleurs cadets de Normandie et Deschamps était en Loire-Atlantique avec le centre de formation de Nantes. On se confrontait et on s'est même retrouvés par la suite lors de Laval-Nantes. Deschamps, c'est un garçon qui est né avec une étoile au-dessus de la tête. Ce n'était pas un grand footballeur mais c'était un meneur d'hommes. Il fait jouer l'OM un peu comme il est, avec beaucoup de réalisme, beaucoup de pragmatisme dans le jeu. L'OM va certainement se retrouver champion comme l'année dernière même si elle joue mal. Ça ne me fait pas rêver, je préfère le FC Barcelone.

Que pensez-vous du niveau du championnat de France par rapport aux autres championnats étrangers ?


Il n'est pas si mauvais que ça. Lille, Rennes ou encore Montpellier démontrent que l'on peut pratiquer du bon football et être dans les cinq premiers. Le championnat est intéressant car il n'est toujours pas joué contrairement aux autres championnats européens. Il faut arrêter de dire que notre championnat n'est pas de bonne qualité. Chaque année, on prend des joueurs du championnat de France pour aller jouer à l'étranger, ce qui veut dire quand même que l'on est capables de produire des bons footballeurs.

Un joueur préféré ?


J'aime les artistes. Le FC Barcelone est mon équipe favorite, c'est celle qui fait rêver les gens qui aiment le football. Messi est pour moi le joueur fantastique, qui sait jouer collectif, qui sait faire marquer mais aussi marquer, capable d'exploits individuels et de passes lumineuses, de jeu à une touche de balle. Xavi et Iniesta respirent le football, ils jouent simple. Comme disait un jour Cantona : « Le plus difficile en football, c'est de jouer simple » . Ils sont capables de le faire, c'est pour ça que ce sont des artistes.

Comment êtes-vous arrivé à la politique ?


Je suis issu d'une famille qui s'est toujours intéressée à la chose publique. Quand je me blesse, je dois penser à ma reconversion. Je deviens jeune commercial à la SNCF à Marseille et rapidement je me syndique et m'engage dans des associations. Mais je voulais être acteur, décideur. Évidemment, la bascule fut énorme.

Pourquoi s'engager avec Europe Écologie ?


Europe Écologie est un parti qui est ouvert à la population, qui casse un peu les codes traditionnels de la politique. Je trouve que les autres partis sont assez homogènes et j'ai envie d'être dans un parti qui s'interroge sur les questions d'environnement, d'écologie politique et sociale. Il faut réfléchir à la manière dont on consomme, dont on produit, comment on se déplace etc. Ces questions-là me tiennent à cœur. Et en tant que président de la Régie des transports de Marseille, j'essaye de prouver que ce à quoi je crois est possible à mettre en œuvre. Europe Écologie, c'est un peu de fraîcheur dans ce monde politique.

Président de la Régie des Transports de Marseille, l'une des voix des Grandes Gueules de RMC, responsable associatif, comment arrivez-vous à tout concilier ?


L'organisation. Et la passion. Avec un million et demi d'auditeurs, je peux faire passer mes idées sur RMC. Je suis à la tête d'une entreprise de 3400 salariés dans le transport, j'ai un cabinet de recrutement associatif pour les jeunes diplômés des quartiers qui place 200 personnes par an sur le marché de l'emploi avec 4 personnes salariés de cette association. Tout ce que je fais, c'est par conviction. Je suis aussi un privilégié et j'espère que ça va durer.

Propos recueillis par Florence Mazet

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