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Krychowiak, témoin assisté

Le Polonais Grzegorz Krychowiak est la recrue la plus chère de l’été parisien (trente millions hors bonus), vient de passer deux ans dans le onze d’Unai Emery à Séville, serait un proche du directeur sportif du PSG Olivier Letang et sort d’un Euro-2016 très convaincant. Pourtant, le milieu passe tous ses matchs sur le banc du club de la capitale. Drôle d’idée.

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Quand Grzegorz Krychowiak est arrivé sur Paname en provenance de Séville, tout le monde a crié au favoritisme. Unai Emery ramenait ses soldats andalous, à commencer par le milieu de terrain polonais qui venait de faire près de quatre-vingt-dix matchs en deux saisons à Séville, avec deux Ligue Europa à la clé. Pour s’attacher les services du milieu de terrain international, Paris avait d’ailleurs sorti le chéquier et le Montblanc : trente millions d’euros sans les bonus et un contrat de cinq ans à la clé. C’est la recrue la plus onéreuse de l’été. Tout semblait se dessiner pour le Polonais avec, en vue, la place de Thiago Motta dans le onze à prendre. Mais entre le postulat de départ et la vérité du terrain, « Krycho » a vite déchanté. Quatre petits matchs de Ligue 1 au menu, aucune titularisation à domicile et une place de choix lors des gros matchs : le banc de touche. Où est donc passé le formidable milieu qui rayonnait dans l’entrejeu polonais durant l’Euro ? « Je sais que depuis l'Euro, j'ai du mal à revenir à mon niveau » , lâchait-il en zone mixte à Nancy, où il était encore passé à côté de son match malgré la victoire parisienne (1-2).

Pourtant, tous les ingrédients sont là pour que l’ancien Rémois s’épanouisse au PSG. Il connaît la Ligue 1 (formé à Bordeaux, passé par Nantes et Reims), le coach et la langue. Mieux, il serait proche d’Olivier Létang, le directeur sportif francilien, qu’il a notamment côtoyé au Stade de Reims quand le dirigeant y était directeur général. Le Parisien évoquant même l’idée que l’un pourrait être le témoin de mariage de l’autre. Sur le papier, a priori, le milieu avait un boulevard devant lui niveau intégration. Même l’intéressé semblait apprécier le fait de retrouver son coach comme le laissait entendre son entretien accordé au magazine FourFourTwo : «  C’est une situation parfaite parce que nous nous connaissons très bien l’un et l’autre. Cependant, je ne pense pas avoir de faveurs venant de sa part. Je dois être à mon meilleur niveau pour gagner ma place dans l’équipe. » Déjà, dans les propos, il y avait cette volonté d’être au top pour intégrer le onze parisien. Sur ses premiers pas, on s’est dit que c’était largement jouable, puisque ses débuts (entrée à la pause contre Saint-Étienne et titularisation contre Arsenal) étaient prometteurs. Le numéro 4 envoyait de l’impact, grattait des ballons et forçait les meneurs de jeu adverses à fuir sa zone. C’est ainsi que face aux Gunners, Mesut Özil n’a jamais voulu aller se frotter à la mâchoire carrée du Polonais.

Le syndrome du numéro 4 parisien


Cette mise en bouche réussie va vite laisser la place à des prestations d’un autre niveau. Difficultés dans le jeu de possession, incapacité à être performant face à des blocs bas et resserrés, « Krycho » a chopé ce qu’on appelle au PSG le « syndrome du numéro 4 » , à savoir le lourd fardeau issu de l’héritage laissé par Yohan Cabaye et Benjamin Stambouli, des joueurs qui étaient censés amener de la concurrence au milieu et pousser Thiago Motta dehors. L’histoire est formelle, personne n’a encore délogé l’homme aux Mizuno. Il semblerait qu’Emery, décidément très pointilleux avec les recrues, attende plus de son poulain. Après Arsenal, contre lequel il avait pourtant été bon, le milieu n’avait pas reçu tant de louanges que ça de la part du Basque. « Je connais bien Krychowiak, il peut faire plus, beaucoup plus sur le terrain. Je veux que Krychowiak s'améliore avec le ballon » , a lancé Emery. À l’époque, le problème était évident : qui est le plus complémentaire de Marco Verratti, Motta ou le Polonais ? « J'ai besoin des deux joueurs. Marco Verratti peut jouer avec les deux. Il connaît mieux Thiago Motta, bien sûr. Ils ont des automatismes. Mais avec Krychowiak, Marco Verratti peut se projeter » , concluait Emery, comme si l’évidence était là. Marco Verratti est plus à l’aise avec son compatriote qu’avec le Polonais, question d’alchimie, de sensibilité technique. Et puis les deux hommes n’ont pas le même profil. « Krycho » détruit l’adversaire et le repousse loin quand Motta est plus un architecte dans l’âme. Mais comme Paris rencontre plus souvent des équipes au profil de Nancy que d’Arsenal...


Alors devant son faible temps de jeu, des médias se sont emparés de l’affaire et parlent déjà mercato. Récemment, selon la Gazzetta dello Sport, l’ancien joueur du FC Séville serait dans le viseur de l’Inter Milan qui proposerait Kondogbia ou Brozović, ainsi qu’un petit billet vert pour ramener le milieu en Italie, ce à quoi le frère et agent de l'international polonais, Krzysztof Krychowiak, a répondu dans les colonnes de l’Estadio Deportivo : « Grzegorz est heureux à Paris. Et il se bat pour une place dans le onze titulaire. Il sait que le PSG est un grand club avec une forte concurrence et qu'il doit faire preuve de patience. » Après Jesé et Ben Arfa, voilà encore une recrue parisienne de l’été obligée de ronger son frein sur le banc. L’avantage, c’est que celui du Parc des Princes est très confortable.

Par Mathieu Faure
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