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Krychowiak, milieu compte double

Le vrai Polonais de la Ligue 1, il est là. Épatant avec Reims depuis le début de la saison, Grzegorz Krychowiak traîne son mètre 86 avec brio sur les pelouses de l’Hexagone. Rapidement arrivé en France après avoir débuté le football sur les bords de la mer Baltique, l’ancien Bordelais s’éclate, à seulement 23 ans. Focus sur un type qui devrait finir en Bundesliga.

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De Grzegorz Krychowiak, les amoureux de la Ligue 1 ne connaissaient que le nom, bon à être épelé par Laurent Romejko, en début de partie des Chiffres et des lettres. Alors quand, ce dimanche, ils ont vu le Rémois en compagnie de Jérôme Rothen, sur le plateau de beIN Sport, ils ont tous découvert un visage, quelques heures après avoir découvert un joueur. Brisons les tabous d’entrée de jeu : beaucoup ont pensé qu’il s’agissait de Mickaël Vendetta. Mais derrière cette ingrate ressemblance, le Polonais est plein de talent. Lui qui a parfaitement su profiter de ce que le PSG fait de mieux cette saison, à défaut de jouer : éclairer certaines zones d’ombre de l’élite. En revanche, il n’a pas eu besoin de faire grand-chose pour devenir un cadre du Stade de Reims. Car oui, contrairement à son mauvais sosie, Grzegorz est très doué.

Adolescent en exil

Grzegorz est un homme de côte. C’est là, tout au nord-ouest de la Pologne, non loin de la frontière allemande et au bord de la mer Baltique, qu’il a touché ses premiers ballons. Orzel Mrzezyno, Zaki 94 Kolobrzeg puis le Stal Szczecin, des équipes dont le nom peut évoquer celui des fausses équipes de jeux vidéo, mais qui ont le mérite de tracer une route toute faite au jeune homme vers l’Arka Gdynia, en 2004. Deux ans plus tard, le joueur fait son premier voyage en France, à Strasbourg, à l’occasion d’une opposition entre les U16 bleus et les U16 polonais. Dans les tribunes, Philippe Goubet veille au grain. Ancien joueur des Girondins de Bordeaux de 1980 à 1990, le recruteur a pour objectif « d’observer le maximum de jeunes de 12 à 15 ans pour préparer l’avenir  » . Quelques jours plus tard, Krychowiak débarque en famille, au Haillan, pour effectuer un essai. Convaincant, il rejoint alors Sertic, Obertan et Saivet. Le début de son histoire d’amour avec la France.

Dans un contexte pas facile – il arrive jeune dans un pays dont il ne connaît pas la langue – Grzegorz fait le boulot. À Bordeaux, il progresse année après année et devient un joueur important de l’équipe réserve. À la recherche de temps de jeu, il se barre en prêt. À Reims. Là-bas, il connaît la montée en Ligue 2, découvre ce qu’est être titulaire dans un club professionnel et prend ses premiers cartons (huit jaunes et deux rouges), avant de revenir à Bordeaux. De retour à la case départ, il fait deux apparitions en pro en 2011-2012 avant d’être prêté à Nantes. Après une nouvelle saison passée en prêt, à l’échelon inférieur, Grzegorz saute dans le train pour la Ligue 1 avec Reims, où il s’engage pour trois ans à l’orée de la saison 2012-2013. Des retrouvailles intéressantes et une bonne affaire à 800 000 euros pour les Rémois.


Un homme Bundesliga

C’est donc à 22 ans et après six années passées en France que le jeune Polonais découvre sérieusement la Ligue 1. Et réciproquement. Dès ses premiers pas dans l’élite, la France voit bien que les promus tiennent là un homme de caractère. Un joueur rugueux, capable de mettre des coups quand il faut, mais pas seulement. Krychowiak, c’est le pied de velours avec des crampons de fer, un type dur mais précieux, intelligent mais intransigeant. Depuis le début de la saison, il ne fait pas de bruit, mais est sans conteste l’une des révélations à son poste. Vrai Polonais dans un monde fait de Perquis et d’Obraniak, Krychowiak regarde d’un œil attentif la Bundesliga, où ses compatriotes s’éclatent, dans des stades pleins, dans un championnat terriblement sous-coté. Là-bas, on parle déjà de lui et de sa frappe de mule estampillée «  Deutsche qualität  » qui avait fait plier le Brésil lors du championnat du monde des moins de 20 ans. Titulaire face à l’Angleterre en sélection, Grzegorz a goûté aux joies de jouer derrière Lewandowski. En attendant de peut-être découvrir l’Allemagne, il donne des ballons à Gaëtan Courtet et Diego. Et c’est très bien comme ça.

Par Swann Borsellino
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