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Krychowiak, le talisman polonais

La Pologne attendait Lewandowski, Milik ou encore Błaszczykowski. Depuis le début de l’Euro, elle n’aura finalement vu qu’un seul homme crever l’écran : Grzegorz Krychowiak. Révélé à Reims, le joueur de vingt-six ans a étoffé sa palette à Séville pour devenir un milieu complet. Et, surtout, le poumon d’une sélection ambitieuse.

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Peut-être est-ce parce qu’il se sent quelque part chez lui. Peut-être, aussi, est-ce parce que cela lui rappelle un temps pas si lointain où tout a commencé. La France, Grzegorz Krychowiak, qu'il a découverte à quinze ans, en parle sans doute mieux que certains compatriotes tricolores. Ses atouts, ses charmes, ses raffinements, il les connaît tous. « Les Français sont fiers. Difficile de vous impressionner. Je comprends, car vous vivez dans un super pays, expliquait-il sans détour dernièrement. Vous avez Paris, la Côte d’Azur, le bassin d’Arcachon, plein d’endroits magnifiques. Paris, on n’y va pas pour se reposer ou passer des vacances, mais, au niveau architectural, il n’y a pas mieux. Avec la nourriture, je ne vous apprends rien, vous êtes au top. Quand vous allez à l’étranger, vous n’êtes donc pas impressionnables. » En revanche, le milieu de terrain polonais n’a eu de cesse depuis le début de l’Euro d’éclabousser l’Hexagone de son talent. Si les Biało-Czerwoni s’apprêtent à disputer le premier quart de finale d’un championnat d’Europe dans leur histoire, ils le doivent beaucoup au travail acharné réalisé dans l’ombre par le joueur de Séville.

De bûcheron rémois à belle andalouse


« À ce moment, je me sentais fort, j’avais confiance en moi. Lorsque c’est rentré, après un tel match, cette joie de continuer à l’Euro était quelque chose d’extraordinaire.  » Le poing serré, l’exultation irrépressible et le soulagement manifeste. Quand Krychowiak a été le dernier à s’élancer sur la pelouse de Geoffroy-Guichard et a nettoyé la lucarne gauche de Sommer au terme d’une séance de tirs suffocante contre la Suisse (1-1, 5 à 4 aux t.a.b), c’est toute la Pologne qui est tombée dans l’ivresse. Et qui l’a remercié. Pour la qualification historique. Pour sa pugnacité sans faille. Car si le natif de Gryfice a donné l’impulsion lors du premier acte, il est également celui qui a permis aux siens de ne pas sombrer en seconde période. Une nouvelle prestation majuscule qui témoigne de la dimension prise par un joueur qui s’est révélé au Stade de Reims, après deux passages poussifs aux Girondins et à Nantes. C’est au cours de deux saisons (2012-2014) sous le maillot rémois que la Ligue 1 a appris à connaître l’homme de l’Est. Aux qualités d’abord athlétiques. « Ce qu’il dégageait, c’était tout d’abord une énorme force physique, confie Anthony Weber, son ex-coéquipier en Champagne-Ardenne. On l’appelait d’ailleurs le "Polak", voire parfois le "Bûcheron" (il mesure 1m86 pour 83 kg). Il bossait énormément et avait déjà une carrure naturelle imposante. Malgré cela, il était capable d’avoir un volume de jeu extraordinaire et d’avaler les kilomètres sans problème. Je me souviens que c’était quasiment impossible de le bouger dans les duels à l’entraînement. »


« Il ne rigole vraiment pas. À la fin des entraînements, il y avait toujours un joueur qui avait pris un coup à la cheville ou autre part (rires). Il ne fait pas exprès hein, c’est son jeu ! » complète Prince Oniangué, un autre ancien compère, avant de s’appesantir sur ses qualités : « Il effectuait un gros abattage au milieu de terrain et il avait une grosse détermination. Mais il a un secret : il travaille vraiment plus que tout le monde. Il arrive avant tout le monde, travaille en salle avant et après les entraînements. Et ça se répercute directement sur le terrain. C’est d’ailleurs à ses côtés que j’ai réalisé ma meilleure saison. » Vite trop grand pour l’Hexagone, le compagnon de la plantureuse Célia Jaunat est enrôlé par le FC Séville à l’été 2014. Un transfert vers l’Espagne qui s’accompagne toutefois d’interrogations, notamment sur le plan technique. Physiquement impressionnant, le Polonais étalait à l’époque encore quelques lacunes balle au pied. Mais au sein d’une Liga exigeante et sous l’égide d’un Unai Emery qui a su l’aiguiller, il élève son niveau de jeu. Se perfectionne. Prend de l’assurance. « On savait que c’était ça ce qui lui manquait au départ. On s’est rendu compte de sa progression quand on a affronté Séville en match de préparation la saison dernière, explique Weber. Il avait pris une dimension énorme, tous les ballons passaient par lui. Quand il avait signé là-bas, on se demandait si ça allait lui correspondre. Et, finalement, ça lui va comme un gant. »

Le cerveau d’Adam Nawałka


À pas feutrés, l’ancien sosie de Mickaël Vendetta et probable futur Parisien s’est logiquement imposé comme un membre inamovible du système andalou. Et si Séville a soulevé sa troisième Ligue Europa d’affilée cette année, c’est parce que le bougre de vingt-six ans a joué un rôle prépondérant. « Il a été important pour l’équipe comme la saison dernière et nous a donné une stabilité défensive. Avec Steven N’Zonzi, ils ont fait du bien. C’est une bonne doublette, assure son partenaire français Timothée Kolodziejczak. Il a progressé techniquement, ce n’est pas sa qualité première, mais il a travaillé là-dessus. On le sent plus à l’aise avec le ballon désormais, c’est sûr. Il n’est pas en galère avec ses pieds. Il a eu une confiance aveugle avec le coach Emery et il a pu encore plus se lâcher. » Dans les rangs d’une sélection polonaise décomplexée et qui peut regarder en face toutes les grandes nations du foot depuis son succès charnière contre l’Allemagne en 2014 (2-0, 11 octobre), la place du milieu a pris elle aussi un peu plus d’épaisseur. Au pays, d’aucuns murmurent même qu’il s’est tout simplement érigé comme l’élément le plus indispensable de l’équipe. Devant Glik, Błaszczykowski et le capitaine Lewandowski, lesquels forment avec lui la colonne vertébrale façonnée par Adam Nawałka.


Une formation qui se veut à l’image de la personnalité de son sélectionneur : rigoureuse, pointilleuse, orgueilleuse et passionnée. Après deux derniers championnats d’Europe complètement manqués (éliminations au premier tour en 2008 et 2012), la Pologne a soif de reconnaissance et entend s’inviter à la table des grands. En dépit d’une animation offensive parfois poussive et d’une défense souvent chahutée. « On veut que les Polonais soient fiers de nous. On a beaucoup de responsabilités vis-à-vis de notre pays, nos supporters, nos familles » , martelait au début de l’Euro le numéro 10 de la Polska, par ailleurs élu homme du match face à l’Irlande du Nord (1-0). Galvanisé par la victoire contre la Suisse, le discours de celui qui totalise 38 sélections s’est voulu bien moins policé. À l’aube d’un quart de finale historique, les ambitions sont désormais assumées et clamées avec une conviction inflexible : « Ce n’est que le début. Cette équipe a faim. Je pense qu’on a encore rien fait jusqu’à présent. Cette équipe a beaucoup plus d’ambitions qu’un quart de finale. On peut réaliser des choses encore plus belles. » Avec un Grzegorz Krychowiak rayonnant comme jamais, il n’est plus interdit de rêver.

Par Romain Duchâteau Propos d’Anthony Weber, Prince Oniangué et Timothée Kolodziejczak recueillis par RD, ceux de Grzegorz Krychowiak extraits de L’Équipe et France Football

Dans cet article

Il fut une époque où un certain Francis G. entraineur des Girondins trouvait que ce joueur n'avait pas et n'aurait jamais le niveau ligue 1...
Jean-Michel Footix Niveau : Loisir
Ca fait plaisir de voir ce mec etre reconnu. J'attends juste un vrai eclair, un truc flamboyant de sa part sur le terrain et toute l'Europe des neophytes va ecarter les cuisses!
Message posté par gagarine
Il fut une époque où un certain Francis G. entraineur des Girondins trouvait que ce joueur n'avait pas et n'aurait jamais le niveau ligue 1...


J'étais dégoûté quand on l'a laissé partir. Un peu réconforté parce qu'il est allé à Reims et y a fait du bon taf mais, bon sang, n'importe qui pouvait voir le potentiel du gars, surtout que le FCGB n'avait pas (et n'a toujours pas) de 6, bordel ! Franchement, s'ils ne sont pas capables de voir ça, ils peuvent aussi arrêter les évaluations par eux-mêmes et faire confiance à football manager (l'évolution possible de Krychowiak dans le 13 était vraiment très proche de l'actuelle)...
@ Gagarine

Il fut une époque où Génésio disait de Nabil Fékir qu'il n'avait pas le niveau pour la L1.

Faut arrêter de s'imaginer qu'un joueur qui est fort aujourd'hui, ça devait sauter aux yeux 5 ans plus tôt qu'il serait effectivement bon.
C'est totalement faux. Les contre exemples se comptes en centaines.

Contrairement à certaines croyances actuelles qui veulent que si t'as pas percé à 22 ans t'es fini, la progression d'un joueur peut se faire à tout âge, et dans TOUS les domaines (ces mecs qui s'imaginent que la technique ça s’acquiert pas...).

Et en bon supporter de l'OM, des joueurs qui ont connu des progressions incroyables en peu de temps, j'en ai connu de sacrés paquets ces 10 dernières années.

Ribéry, Valbuena, Ayew, Drogba, Niang...
Ces mecs là, 2 ans avant qu'ils soient titulaires à l'OM, PERSONNE les voit faire le quart de ce qu'ils ont finalement fait.
On parle beaucoup de Porto et de Benfica mais Séville c'est pas mal non plus dans l'achat et la revente de joueur en terme de plus- value Des mecs passés par Séville et revendus au prix fort après 1 ou 2 ans il y'a en un paquet quand même hein!
Message posté par Phil...
@ Gagarine

Il fut une époque où Génésio disait de Nabil Fékir qu'il n'avait pas le niveau pour la L1.

Faut arrêter de s'imaginer qu'un joueur qui est fort aujourd'hui, ça devait sauter aux yeux 5 ans plus tôt qu'il serait effectivement bon.
C'est totalement faux. Les contre exemples se comptes en centaines.

Contrairement à certaines croyances actuelles qui veulent que si t'as pas percé à 22 ans t'es fini, la progression d'un joueur peut se faire à tout âge, et dans TOUS les domaines (ces mecs qui s'imaginent que la technique ça s’acquiert pas...).

Et en bon supporter de l'OM, des joueurs qui ont connu des progressions incroyables en peu de temps, j'en ai connu de sacrés paquets ces 10 dernières années.

Ribéry, Valbuena, Ayew, Drogba, Niang...
Ces mecs là, 2 ans avant qu'ils soient titulaires à l'OM, PERSONNE les voit faire le quart de ce qu'ils ont finalement fait.


Le problème c'est que Krychowiak avait déjà des qualités intéressantes. On parle pas d'un inconnu pour les Girondins, ils le connaissaient bien. Ils auraient pu le prêter par exemple mais vraiment, vu la situation, il avait sa place sur le banc.
C'est vrai que c'était une grosse erreur de la part de Bordeaux (et pas que Gillot, mais l'ensemble du staff, notamment des équipe de jeunes). Après, il n'y a pas un club qui ne fasse pas d'erreur de ce genre.
Et quand tu as chaque année une trentaine de jeunes qui arrivent entre 18 et 20 ans, qu'il faut choisir à les intégrer avec les pros ou les faire partir (parce qu'il n'y a que 3-4 places), il y a forcément des ratés, des joueurs laissés de côté qui ont un potentiel certain mais pas encore assez bien exprimé à cet âge. Et celle-là est, il est vrai, la plus grosse de ces dernières années chez les Girondins. En espérant que ça serve pour le futur. En attendant, on ne peut qu'être fier de ce que ce joueur formé à Bordeaux soit devenu un si bon footballeur
pedrolito19 Niveau : CFA2
Ils peuvent faire sauter le mur portugais ce soir, c'est largement possible. Suffit de tenir les 2 attaquants. Ca va chauffer ce soir !
tu as raison beaucoup de joueurs n'ont jamais percé malgré des qualités évidentes mais pour "Krycho" dès 17 ans tu pouvais t'apercevoir qu'il avait non pas un potentiel de star mondiale mais un potentiel de bon joueur, hyper mature pour son age, costaud physiquement et dix poumons. Dans les équipes de jeunes en Pologne il était toujours surclassé, par exemple lors d'un mondial des U20 il a été sélectionné alors âgé de 17 ans et a étouffé et battu le Brésil à lui tout seul d'un coup franc de plus de 30m.
J'ai quand même l'impression qu'à Bordeaux, ils ont pas le compas dans l'oeil , autre exemple Gaetan Laborde ça fait 2 ans que je le vois jouer , une année superbe avec le Red star et une demi-année tout aussi remarquable avec Clermont, et pareil on lui a dit qu'il n'avait pas le niveau !!

Bref, tu as raison on ne peut jamais savoir mais ça coutait pas grand chose à Bordeaux de l'essayer au moins sur une saison
Message posté par Phil...
@ Gagarine

Il fut une époque où Génésio disait de Nabil Fékir qu'il n'avait pas le niveau pour la L1.

Faut arrêter de s'imaginer qu'un joueur qui est fort aujourd'hui, ça devait sauter aux yeux 5 ans plus tôt qu'il serait effectivement bon.
C'est totalement faux. Les contre exemples se comptes en centaines.

Contrairement à certaines croyances actuelles qui veulent que si t'as pas percé à 22 ans t'es fini, la progression d'un joueur peut se faire à tout âge, et dans TOUS les domaines (ces mecs qui s'imaginent que la technique ça s’acquiert pas...).

Et en bon supporter de l'OM, des joueurs qui ont connu des progressions incroyables en peu de temps, j'en ai connu de sacrés paquets ces 10 dernières années.

Ribéry, Valbuena, Ayew, Drogba, Niang...
Ces mecs là, 2 ans avant qu'ils soient titulaires à l'OM, PERSONNE les voit faire le quart de ce qu'ils ont finalement fait.


Si les contre exemples se comptent en centaines, alors les exemples doivent être des dizaines de milliers...

Que ça arrive n'est pas un problème en soi.
Le problème, c'est que ça arrive TRES SOUVENT.

Quand Verratti est arrivé en L1, que le mec responsable de la formation des jeunes à la FFF ose dire que "on en a 30 en France des Verratti, il ne jouera même pas 5 matches dans la saison", je trouve ça dramatique.
Skywalker Texas Ranger Niveau : DHR
Message posté par toof11
Si les contre exemples se comptent en centaines, alors les exemples doivent être des dizaines de milliers...

Que ça arrive n'est pas un problème en soi.
Le problème, c'est que ça arrive TRES SOUVENT.

Quand Verratti est arrivé en L1, que le mec responsable de la formation des jeunes à la FFF ose dire que "on en a 30 en France des Verratti, il ne jouera même pas 5 matches dans la saison", je trouve ça dramatique.


C'était pas de Saint Sernin, ancien président de Rennes, qui avait dit ça ? C'était risible mais pardonnable, ce dernier étant plus dirigeant que réel expert, mais qu'un formateur puisse dire cela, c'est assez ahurissant.

Quant à Krycho il est considéré comme formé en France ? Pour Paris ça ferait un argument en plus de le prendre.
Les deux, en fait. Saint Sernin, j'ai d'ailleurs du mal à "pardonner" tant c'était dit sur RMC avec une certaine condescendance vis à vis de ce que faisaient Leonardo et QSI. Mais il s'était effectivement contenté de dire qu'il était certain que Verratti serait très rarement dans le groupe des 18 et qu'il trouvait le prix de son transfert bien trop élevé.

Mombaerts, de son côté, y voyait un joueur tel qu'il en pullule dans les centres de formation.
Lost in translation Niveau : CFA2
Rhalala Verratti... Il me manque le petit saligaud. Vivement la reprise qu'il nous revienne en forme!
danseavecmamie Niveau : DHR
Il n'a pas eu que gillot, il eu aussi tigana, blanc, batiston, trésor etc et deux prêts à Nantes et Reims en national. Je veux bien être patient mais en six ans au club il ne s'est pas imposé.
Un peu comme Sala très bon en prêt en national et en ligue 2 mais pas au niveau de la ligue 1.

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