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Klaxophonie

La France est en finale. Et Marseille n'a pas oublié de le fêter. De Castellane au Vieux-Port, en passant par la fan zone, tout le monde a eu le droit à son concert de klaxon.

Un homme court en direction du Vieux-Port. Pas de chaussure, pas de vêtement, pas de pudeur, il saute depuis le ponton, poing en l’air, tel superman, et puis se remet en position plongeon. Ses amis sont contents. Ils rient, bière à la main, comme des bienheureux. Mais surtout, ils chantent en refrain : « Il est des nôtreuh… Il a plongé dans l’eau de mer comme les autreuh ! » L’homme nu n’est pas forcément très fier. D’ailleurs, il tend la main pour que les autres le repêchent, au plus vite. Il sort de l'eau tant bien que mal. Mais il a le mérite d'être allé au bout du délire : « On est en finale, on est en finale » , répond-il, automatiquement. Et c’est à peu de choses près le même refrain que l’on entend de partout dans la ville. Enfin, surtout à partir de 23h30. Parce qu’avant ça, les Français et les Marseillais, tous autant qu'ils sont, ne faisaient pas vraiment les malins.

Incendiaire


Tout a démarré très tôt sur le port. Français et Allemands se sont croisés au bord de l’eau, sans vraiment s’affronter. Ils ont erré dans la ville, en attendant le moment crucial. Et puis l'heure avançant, et la pression montant, les tensions ont commencé à monter. Concours de jongles sous l’ombrière, de chants devant la fan zone, de descentes de bière devant le Vélodrome... Bref, la rivalité est là et elle a tourné à l'avantage des Allemands. Les chanceux entrent dans le stade. Les autres s’éparpillent dans la ville. Le coup de sifflet est donné, et Antoine Griezmann envoie un premier frisson. Réponse allemande assez rapide d’Emre Can. Les bières s’enquillent, le pastis aussi. Et puis vient ce contre de la main de Bastian Schweinsteiger. Des chaises volent, des voix commencent à s’égosiller, des fumigènes s’allument. 1-0. Boateng sort sur blessure, Payet sort, et le torero français vient planter sa deuxième banderille… 2-0. C’est la fin de tout suspense en dehors du stade.


Les Marseillais chantent déjà qu’ils sont en finale, qu’ils vont gagner 3-0, qu’ils n’arrivent pas à trouver les Allemands. Les dernières minutes du match ne sont que cul sec et accolades. Au coup de sifflet final, c’est l’apocalypse. Au Vieux-Port, les gens se ruent vers le comptoir. À la fan zone, certains renversent les grillages. À Castellane, voitures et motos s’amusent à faire des tours de rond-point. Loïck, 26 ans et torse nu, fait grincer les pneus de sa Honda, sans trop s'inquiéter des CRS à 2m50 de lui. Deux amis à lui, légèrement éméchés, se la jouent toreador et font des passes avec un drapeau sur les véhicules qui passent par là : « On va les manger, les morues ! » D’autres n’hésitent pas à grimper sur la statue, à agiter le drapeau français ou à brûler le drapeau allemand. La copine de l'incendiaire, visiblement plus lucide, le rappelle à l’ordre. Mais la raison n’y est pas : « On s’en bat les couilles, on va en finale ! »

Gueule de coton


Et puis, la masse se dirige vers le port, le point de rassemblement. Les Français ont du mal à communier, à s’unir autour d’un chant, à rester vraiment ensemble malgré quelques exceptions qui apparaissent par-ci, par-là. Un homme qui se baigne nu dans le port donc, des scooters qui cabrent en bas de la Canebière et quelques mégaphones qui usent les dernières piles. Sinon, tout le monde préfère débriefer au calme la performance autour d'une table, d'un verre, d'amis et de préférence sur une terrasse. De toute manière, vers 2h du matin, la sanction tombe : « On ferme ! Demain, il y a des gens qui bossent... » Les derniers courageux resteront assis sur des marches ou tenteront leur chance dans les derniers établissements ouverts à cette heure tardive. Quoi qu'il arrive, la gueule de bois devrait être, pour une fois, agréable à vivre.

Par Ugo Bocchi, à Marseille
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