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Ki Sung-Yong, né pour gagner

Oubliez la flopée de Park et de Lee en sélection sud-coréenne, l'homme qui détient les clés de la maison Taeguk s'appelle Ki Sung-Yong. A 21 ans, ce pur produit de la mondialisation espère tutoyer les sommets et se compare volontiers à Steven Gerrard. Présomptueux ?

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« Gerrard est mon idole, c'est un milieu de terrain complet. Il peut marquer, il fait des passes et il n'arrête jamais de travailler sur le terrain. C'est pourquoi il est le meilleur au monde et c'est ce que je veux être » . Nul ne sait si Ki Sung-Yong castagne du DJ le week-end ou martyrise ses oreilles en écoutant du Phil Collins, par contre on est certains de connaître son modèle. A force d'asséner sa préférence pour le milieu emblématique de Liverpool, il a obtenu un surnom en forme de contraction : Kirrard. Cela lui plait. Pourtant les experts les plus avisés préfèrent le comparer à un ancien de Merseyside : Xabi Alonso. Comme l'Espagnol, Ki Sung-Yong est un milieu relayeur, une belle rampe de lancement comme en rêve Kim Jong-il. Sauf que Ki ne fait pas dans l'uranium enrichi, son truc c'est plutôt le caviar. Il use de sa technique pour construire, servir impeccablement dans la profondeur et distiller le jeu en maestro. Derrière le visage de poupon se cache une arme de destruction massive programmée pour conquérir l'Europe depuis sa naissance.

Ki Sung-Yong voit le jour à Gwangju en 1989. En gigotant dans son berceau, il l'ignore encore mais son père a déjà décidé de sa destinée : il sera footballeur et rien d'autre. A 12 ans, il quitte donc la triade et rejoint le John Paul College de Brisbane. Quel meilleur endroit que le pays du didgeridoo et du rugby à XIII pour apprendre le métier ? Un cadre tranquille, de belles pelouses et la possibilité de repartir d'Océanie bilingue. Connaître l'anglais, c'est bon pour l'export pense le daron qui espère déjà faire fructifier son placement. Le temps d'une puberté, il sera couvé par Jeff Hopkins : « C'était définitivement le meilleur. J'ai bossé avec quelques-uns des meilleurs joueurs australiens de son âge mais comparé à eux, Ki était loin devant (...) Il bossait dur. Parfois j'étais obligé de le virer du terrain d'entraînement ! » , révèle l'ancien international gallois. En 2006, il quitte l'Australie avec de bonnes bases, un goût pour le football anglo-saxon et un prénom européen censé rassurer de futurs investisseurs : David.

De retour en Corée du sud, David Ki poursuit sa progression au FC Séoul sans oublier l'Australie. Lorsqu'il marque un but contre Suwon Bluewings, il fête sa réalisation en imitant le kangourou... Conquérir la K-League n'est qu'une formalité. En 2008, le prodige intègre le onze-type du championnat qu'il ne quittera plus. Puis il est élu meilleur joueur asiatique l'année suivante. Il voit son indice Kospi prendre quelques points grâce à d'excellentes performances en équipe jeunes Taeguk. Les yeux des recruteurs européens se braquent sur lui dont le regard vitreux de Sir Alex Ferguson. A 19 ans, Ki Sung-Yong honore sa première cape avec les A et inscrit un but quelques mois plus tard lors du derby du 38e parallèle nord, contre la Corée du Nord en match de qualification.

Puis vient le temps de faire le grand saut, de filer sur le vieux continent. Cela fait partie du plan de carrière programmé par papa Sung-Yong. Il atterrit au Celtic Glasgow en janvier 2010, un choix du cœur visiblement : « Je sais que le Celtic est l'une des équipes les plus supportées au monde et je vais donner tout ce que je peux donner aux fans (...) Quand je vivais en Australie, mon coach supportait le Celtic et à travers lui, je me suis vraiment intéressé au club » . Les Bhoys investissent régulièrement le marché asiatique. Au passage, dans l'effectif on retrouve le Chinois Zheng Zhi et le Japonais Koki Mizuno qui depuis sont au football ce que les subprimes sont à la finance : de mauvais actifs. Mais ce sont surtout les comparaisons avec Nakamura qui agacent David Ki, que l'on surnomme “Dave” à Celtic Park à sa demande. « Il y a une grosse pression sur moi depuis que je suis arrivé et que je joue au Celtic. Les gens espèrent que je sois le nouveau Nakamura mais je ne le suis pas. Il était un joueur incroyable et très bon techniquement, mais ce n'est pas mon style de jeu » , lâche-t-il au Scottish Sun. Et voilà Sung-Yong qui ressort son éternel couplet sur Steven Gerrard...

Tout commence bien en Écosse : une communication soignée - « Si je marque contre les Rangers ça serait fantastique, le moment le plus important de ma vie » - et un premier match prometteur avec un titre de joueur du match à la clé. Mais la bulle spéculative éclate. Il échoue sur le banc de touche et sombre avec les autres Bhoys à Saint Mirren (0-4). Alors, comme beaucoup d'expatriés, la sélection sud-coréenne devient un ballon d'oxygène. Malgré son jeune âge, le sélectionneur lui fait une place au soleil en le chargeant de régaler les ailiers et en lui confiant les coups de pied arrêtés. D'ailleurs le premier but des Coréens contre la Grèce vient d'un coup-franc bien tiré par Ki Sung-Yong. Ce soir, il devra hausser son niveau de jeu pour écarter le Nigéria et poursuivre en huitième. Le tout avec classe. Car on peut être Guerrier Taeguk et esthète. C'est le cas de Ki Sung-Yong.

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