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Khedira bien, Khedira le dernier

Moins clinquant qu'un Müller ou un Özil, Sami Khedira représente aussi le renouveau du foot allemand. Sami, capitaine de soirée : il en faut toujours un pour ramener la voiture à bon port. Chelsea et Madrid l'ont compris et agitent déjà leurs billets.

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5 septembre 2009, BayArena, Leverkusen. L'Allemagne gagne en amical contre l'Afrique du Sud (2-0) et voit Sami Khedira jouer ses premières minutes sous le maillot de la grande Mannschaft. Joachim Löw tempère les ardeurs : «  Son heure viendra, très vite après la Coupe du Monde » . A cette période, dans l'esprit du pull bleu le plus célèbre d'Allemagne, l'attelage Ballack-Rolfes tient la corde. Mais en janvier, Rolfes est envoyé sur le billard par le staff de la Nationalmannschaft pour un genou en vrac. Khedira remonte d'un cran dans la hiérarchie. Le 15 mai, Kevin-Prince Boateng, fraîchement autorisé à porter les couleurs du Ghana à la Coupe du Monde, fracasse la cheville de Ballack en finale de Cup. Faux frère. Jogi Löw se sort les crapuches du pif, revoit ses plans et construit un nouveau duo Schweinsteiger-Khedira pour l'Afrique du Sud.


Le choix fait débat en Allemagne, certains réclamant le retour du tricard cogneur aux cheveux gras Torsten Frings. Il est vrai qu'après une saison prometteuse en 2007, où il offre une Bundesliga au VFB grâce à un but décisif contre Cottbus, Sami peine à confirmer tous les espoirs placés en lui. On parle quand même du capitaine des Champions d'Europe Espoirs 2009, qui a étrillé l'Angleterre 4-0 avec un certain Mesut Özil à ses côtés. Fin mai, en préparation au Mondial sud-af', Khedira donne sa réponse sur le terrain et livre un match de furieux contre la Hongrie. Et ce n'était pas un one-shot. Le récupérateur de Stuttgart aligne les prestations de haut niveau en phase de poules aux côtés de Schweini, participe largement aux leçons allemandes récitées face à l'Albion et l'Albiceleste. Seule ombre au tableau : la demi-finale contre l'Espagne. Puyol envoie un coup de casque dans les filets de Neuer. Son bodyguard s'appelle Khedira. Saleté de jeunesse.

Car, oui, pour l'instant, le seul défaut de Khedira reste bien son âge, surtout face à un routier comme Puyol. Pour le reste, le récupérateur allemand joue parfaitement son rôle de piston entre le jeu plus porté vers l'avant de Schweinsteiger et les montées des latéraux Boateng ou Lahm. «  Il apporte une symétrie au jeu » dit de lui son sélectionneur. Alors, l'histoire ne dit pas si Khedira touche sa bille en maths, mais une chose est sûre : Sami est intelligent tactiquement et a colmaté tous les trous. Jusqu'à aujourd'hui, Khedira est le joueur qui a aligné le plus de kilomètres sur les terrains sud-africains (67 bornes). Dans les statistiques FIFA, il est aussi celui qui possède la période d'activité intense la plus élevée (49 minutes). Et le jeune homme n'est pas qu'un as de la course à pied. Avec près de 80% de passes réussies, il se place dans les charts aux côtés d'un Xavi, Xabi Alonso ou Mascherano. Pas rien pour un joueur qui ne passe pas non plus sa vie le cul posé sur sa défense, une caractéristique loin d'être celle de cette Mannschaft 2010, et visiblement des prochaines années. Joachim Löw en fait désormais ni plus ni moins, à l'instar d'un Özil ou d'un Müller, un pion de base du collectif allemand : « Quel que soit le sélectionneur, ces joueurs constituent aujourd'hui le coeur de l'équipe nationale d'Allemagne » . La Mannschaft a bien changé. Les boeufs-récupérateurs à la Jens Jeremies, Carsten Ramelow ou Torsten Frings sont plus que jamais « altmodisch » . Et, aujourd'hui, en Allemagne comme partout ailleurs, plus personne ne s'en plaint.

Ronan Boscher


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