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Kevin García, Baléares contemporains

Dimanche soir, il a définitivement enterré tout suspense en Liga. Il ne joue pas au Barça, mais le jeune Kevin García, arrière gauche de Majorque, a permis au Barça de compter 11 points d’avance sur l’Atlético Madrid, grâce à son but inscrit face aux Colchoneros.

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2013 ne pouvait pas mieux commencer. Kevin García Martínez, plus connu sous le diminutif de Kevin, a inauguré l’année de la plus belle des manières. Avec le tout premier but de sa carrière professionnelle. Et c’est un but qui vaut son pesant d’or. Le jeune défenseur espagnol l’a inscrit à trois minutes du terme face à l’Atlético Madrid, permettant à son club de Majorque d’égaliser et de repartir avec le point du nul. Un but, surtout, qui fait les affaires du Barça, qui s’envole à +11, et du Real Madrid, qui revient à cinq points de son cousin madrilène. Bref, la première réalisation en Liga du jeune Majorquin a probablement ôté tout suspense à un championnat qui, de toute façon, n’en avait déjà plus. Drôle d’histoire pour cet arrière gauche né à Palma de Mallorca, qui a commencé sa carrière chez les jeunes de Majorque, a fait ses premiers pas à Majorque B, avant de débuter en première division avec l’équipe première. Un enfant du pays qui va peut-être enfin exploser en 2013, après des débuts prometteurs, freinés toutefois par une grave blessure.

Un défi contre Messi

L’histoire du petit Kevin n’a pas grand-chose d’original. Pas d’enfance dans une favela au Brésil, pas de prêt dans des divisions inférieures pour aller faire ses armes, pas de père qui négocie avec un grand club pour avoir un traitement gratuit à base d’hormones. Non. Kevin est né aux Baléares, a grandi là-bas, a construit toute sa vie là-bas, et a tout naturellement commencé à jouer au RCD Majorque dès qu’il a été en âge de taper dans un ballon. Il entre en équipe réserve en 2008, à l’âge de 19 ans. Lors de sa première saison avec Majorque B, il dispute 23 matchs et inscrit un but, déjà au poste d’arrière gauche. L’année suivante, il confirme (34 matchs, 2 buts), ce qui lui ouvre les portes de l’équipe première. Le 21 septembre 2010, Michael Laudrup, le coach de Majorque, l’aligne en tant que titulaire pour un déplacement sur la pelouse de l’Athletic Bilbao. Pas vraiment un très grand souvenir pour le joueur, puisque Majorque repart avec une défaite 3-0. L’apprentissage du haut niveau. Et l’apprentissage va se poursuivre de plus belle.

Quelques jours plus tard, le voilà au Camp Nou, face à Messi, Pedro et Iniesta. Majorque s’en sort miraculeusement avec un match nul 1-1, une rencontre où Kevin, pour la première fois, fait parler de lui en bien. On pourrait même parler d’un match référence, puisque c’est après cette rencontre que les dirigeants décident de prolonger son contrat jusqu’en 2014. « Je suis très heureux après dix années passées ici. J’apprécie vraiment la confiance du club et les efforts qu’ils font pour moi. J’aimerais rester ici toute ma vie » affirme-t-il à ce moment-là. Sa première saison en première division est excellente, à tel point que le défenseur s’étonne presque de cette ascension si rapide. « Tout est allé si vite. Je joue contre des adversaires que j’avais l’habitude de regarder à la télévision. J’ai besoin d’apprendre de nombreuses choses, car tu peux toujours t’améliorer. J’essaie de tout donner sur la pelouse, et de penser avant tout à l’équipe » assure-t-il. Mais le conte de fées va vite s’interrompre. Il dispute son dernier match de l’année le 3 avril 2011, face à La Corogne. Après cela, il disparaît. Il se blesse gravement, et est éloigné des terrains pendant près d’un an. A 20 ans, un sacré coup d’arrêt pour sa carrière.

Du temps de jeu ou un départ

Lorsqu’il revient de blessure, au début de la saison 2012/13, tout a changé. Michael Laudrup n’est plus là. Le nouveau coach, c’est Joaquín Caparrós, qui était justement l’entraîneur de l’Athletic Bilbao pour le premier match de Kevin en première division. En un an, évidemment, Caparrós a eu le temps de construire une équipe sans Kevin. Le technicien n’a aucune intention de lui donner du temps de jeu, lui préférant Pedro Bigas voire même Antonio Lopez au poste d’arrière gauche. Il lui offre 8 minutes en fin de rencontre face au Celta Vigo (1-1), le 18 novembre, puis le titularise pour la première fois lors du derniers match de l’année 2012, contre le Bétis Séville. Coïncidence ou non, la première titularisation de Kevin concorde avec la première victoire du Real Majorque après 14 matchs sans victoire toutes compétitions confondues. Une touche positive, même si pendant la trêve, le joueur s’interroge sur son avenir. « J’ai besoin de minutes sur la pelouse après avoir passé une mauvaise année à cause de ma blessure. Je sais que d’autres joueurs sont actuellement meilleurs que moi. Mais si je n’ai aucune chance de jouer, alors, je vais devoir jeter un œil aux autres solutions qui s’offrent à moi » explique-t-il en conférence de presse.

Et apparemment, les relations avec Caparrós ne sont pas des plus sereines. « Caparrós ne me parle pas du tout, alors que je travaille dur dans le cas où l’on aurait besoin de moi » précise-t-il. Mais l’année 2013 semble lui ouvrir de nouveaux horizons. Face à l’Atlético Madrid, le technicien andalou avait encore fait confiance à Pedro Bigas. À l’heure de jeu, alors que le score est encore de 0-0, il décide de faire entrer Kevin à la place du Français Pereira, au poste inédit d’ailier gauche. Coup de froid : l’Atlético Madrid ouvre le score à la 72e minute. Mais à trois minutes du terme, après un long cafouillage dans la surface, le natif des Baléares vient expédier une cacahuète juste entre Thibaut Courtois et son poteau droit. Un peu en guise de signal vers son coach. Un signal qui dirait : « Je suis là, je mérite de jouer et sinon, je me tire » . Il reste quatre semaines avant la fermeture du mercato. À bon entendeur.

Par Eric Maggiori
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Un peu le Matthieu Chalmé de la Liga, le bon joueur de championnat qui ne connaîtra probablement jamais la sélection.
Désolé pour ton prénom mon pote.
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