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Kevin Anin, c'est quoi le problème ?

Au départ, l’ancien Sochalien devait être la pierre angulaire de l’OGC Nice. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un simple fantôme dans l’effectif azuréen. La faute à une grosse déprime et un certain dégoût pour le football. Oui, le milieu de terrain est un écorché vif. Trop même.

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28 15
Mars 2011, le PSG de Carlo Ancelotti vient buter sur le mur niçois au stade du Ray (0-0). Dans l’entrejeu, les Parisiens se font sacrément malmenés par un seul mec : Kevin Anin. Une muraille. Un pivot de NBA avec l'abattage d'un Michael Essien façon OL. L’ancien Havrais réalise ce soir-là un match exceptionnel dans un rôle de sentinelle. C’est bien simple, il s’est amusé. Au top de sa forme, le milieu de terrain défensif peut tenir ce rôle à lui tout seul. À l’ancienne. Les camarades offensifs n’ont qu’à faire le boulot. C’était le cas à Sochaux où il a réalisé sa meilleure saison (Sochaux a fini cinquième, et Arsenal était venu sonner dans le Doubs pour embarquer Anin à Londres). Ça, c’était le bon vieux temps. Depuis, Anin a signé à Nice en janvier 2012 (2,5 millions d’euros). Au soleil de la Côte d’Azur, ce Havrais de naissance a retrouvé son pote Didier Digard, du soleil et un club qui compte sur lui. Sauf que depuis trois semaines, Anin ne s’entraîne plus. Il est chez lui, au Havre. Histoire de couper court à toutes rumeurs, le Gym a tenu à réagir sur cette absence par un communiqué protecteur.

L'OGC Nice y défend son joueur de tout « dilettantisme irrespectueux » ou de comportement de « mauvais garçon » et attribue les derniers entraînements manqués aux « sérieux problèmes personnels » auxquels fait face le joueur « actuellement auprès de sa famille » . Beau joueur, le Gym va même plus loin en arguant que « Kevin sait pouvoir compter sur le soutien de son club pour l'accompagner dans ses difficultés passagères et le revoir dès que possible à son meilleur niveau » . Le geste des dirigeants est apprécié et appréciable, mais ne cherchons pas midi à quatorze heures, Kevin Anin semble souffrir des mêmes maux que Sebastian Deisler, l’ancien petit Mozart du Bayern Munich : il est dépressif. Sa tête n’est plus au football. Il a besoin d’amour, d’être entouré, encadré, soutenu. Nice pensait que la présence de Digard – son ami du centre du formation du Havre – suffirait à le maintenir au-dessus de l’eau. Il n’en est rien.

Dégoûté de l'univers du football

Déjà à Sochaux, le joueur s’était laissé aller à des confessions dans les colonnes de L’Équipe sur le mal-être qui était le sien. « C’est le plus beau métier du monde. Mais il y a plein de choses que je n’aime pas trop. Pas les entraînements, on est obligé. Mais les gens autour, leur hypocrisie, je n’aime pas trop ça. On a beau gagner de l’argent, quand le cœur n’y est plus… On m’avait dit que c’était un monde de pu… C’est vrai. J’y vais à l’entraînement, mais pas tout le temps. Je suis conscient de mon manque de professionnalisme parfois » , avait avoué le joueur avant d’aller plus loin. « J’ai des périodes où je vais dire que j’ai hâte d’être au match et d’autres, quand je ne suis pas bien dans ma tête, où tout me saoule. On me dit de faire abstraction de ce qui se passe en dehors du football, de me concentrer sur le terrain. Certaines personnes y arrivent, pas moi. » Dans un milieu comme le football, difficile d’être plus sincère. Le garçon est touchant. Sensible. Humain. Trop pour ce milieu rempli d'opportunistes, sans doute.

Certains l’imagine traîner ses guêtres dans les rades de nuit du coin, une bouteille de vodka à la main. Oubliez. Ce n’est pas le genre de la maison. Il n’est pas fêtard, ne boit pas, ne sort pas. Parfois, il lui arrive de rester chez lui, seul sur son canapé et de regarder défiler le temps. Pour aller au centre d’entraînement du Gym, Anin utilisait toujours la même route. La plus longue. Celle qui passe par la Promenade des Anglais. En huit mois, il n’a jamais changé de chemin. La peur de l’inconnu. On dit l’homme un peu parano. Il se sent traqué. Menacé. Épié. Dans ces conditions, difficile de le (re)lancer dans le grand bain de la Ligue 1. Nice l’a bien compris et compte sur le temps qui passe pour que le joueur se reconstruise. À 26 ans, Anin n’a pas encore dit complètement adieu au football. En attendant, il est retourné chez lui, au Havre. Là où il est né. Proche de sa famille et de son club de boxe du HAC (il en est le parrain et est double champion de Normandie de boxe française), il se vide la tête. « Il reviendra quand il se sentira de revenir, a expliqué Claude Puel dans les colonnes de Nice-Matin. Il n'est pas apte à reprendre du service. C'est pénalisant pour le groupe, mais c'est secondaire par rapport à ce qu'il a. Kevin sait pouvoir compter sur le soutien de son club. Il a des problèmes, nous allons l'aider à se restructurer et repartir sur une carrière sportive. » Inutile de préciser que le joueur sera très loin du Ray où, ce soir, le Gym accueille Bastia. C’est con, au milieu de terrain il aurait sans doute enterré tout le monde...


Par Mathieu Faure
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Hilda de Polaris Niveau : CFA2
Kevin anin nin nin nin
kevin anin nin nin nin !
kevin anin nin nin nin nin nin nin !
JalovesbigTits Niveau : Ballon d'or
En réalité c'est de s'appeler Kevin et d'avoir une coupe de cheveux de merde qui doit le perturber, je peux l'aider!

1.Désormais tu t’appelleras Justine
2.Tu rases les dreads et tu mets la perruque à Michou!

Artcile intéressant... on comprend un peu mieux le personnage. Cela dit, je pense que c'était en mars 2012 ce fameux match car en 2011 Anin était à Sochaux et Kombouaré à la tête du PSG...
Ce qu'il décrit, c'est pas le monde du football, c'est le monde du travail tout court. C'est le quotidien de tout le monde.

Bref pour moi le problème, c'est surtout que c'est un gros blaireau.
Nostalgique de cette charmante ville du Havre ?
Un stabilo bleu Niveau : Loisir
Comme dit plus haut, le fameux match de mars 2011 a en réalité eu lieu en 2012. Et c'était en février, soit dit en passant. #demouche
Dely Valdes ptet que t'es pas au courant mais des gens rencontre le meme genre de probleme dans le monde du travail...
Appelle-moi Jack !!! Niveau : CFA
On comprend mieux le personnage... Dommage qu'il soit comme ça, parce que je me souviens qu'à Sochaux, c'était vraiment un bon joueur, et que le départ à Nice après un bras de fer avec Sochaux m'avait très surprit... Après une saison comme il avait fait, aller de Sochaux à Nice, bof quoi, c'est pas vraiment progresser en terme de standing...

@Dely Valdes
Ok, c'est le monde du travail qui est comme ça, mais avec l'argent du foot, l'hypocrisie et les coups de pute doivent être encore plus fort, et les gens doivent être encore plus malin (sans parler de la médiatisation que nous, travailleurs lambda n'avont pas) !
AMJ,

C'est sûr que ça doit être exacerbé, mais être un bon joueur de foot c'est aussi savoir se blinder contre tout ça. Si des centaines de mecs y arrivent et pas lui, c'est qu'il a pas le mental pour être pro.

C'est effectivement dommage car je le trouvais pas mauvais à Sochaux.
dely valdes

en quoi le fait que le monde du travail corresponde a sa description et qu il n ait pas le "mental" pour réussir une carriere pro ferait de lui un blaireau??

il a le droit d etre mal dans sa peau, voir de s etre trompé de voie meme si ca te depasse vu la médiocrité de ton analyse. et ce n est pas la réussite professionnelle qui determine si un homme bon ou si c est une merde contrairement a ce que t as l air de penser
"Parfois, il lui arrive de rester chez lui, seul sur son canapé et de regarder défiler le temps. Pour aller au centre d’entraînement du Gym, Anin utilisait toujours la même route. La plus longue. Celle qui passe par la Promenade des Anglais. En huit mois, il n’a jamais changé de chemin."

Journalisme consciencieux! Le mec a quand même planqué pendant 8 mois avant de sortir le papier.
jugnaldo,

Bien d'accord avec toi sur le fait que la réussite professionnelle n'est qu'une partie infime de la vie. Ce n'est absolument pas ce que j'ai voulu dire.

Par contre s'il n'est pas capable de prendre conscience de la chance incroyable qui lui est offerte de faire une carrière pro et d'en tirer la motivation nécessaire, alors oui c'est un gros blaireau.
Euh il le dit lui même qu'il fait le plus le beau métier du monde... Mais le type est situation de dépression, c'est une maladie! Il n'arrive pas à faire abstraction des mauvais côté.
C'est comme si tu voulais manger un magnifique gigot d'agneau, mais qu'un idiot le saupoudre de pépite de chocolat. Certain pourrrait le manger moi je pourrais pas faire abstraction.
Note : 1
Purée, la métaphore de The Ant a failli me faire gerber : 'adore le gigot d'agneau. Avec du chocolat on dirait de la gastronomie anglaise.

Comment on peut trouver "blaireau" un mec qui réfléchit sur l'éthique de son job?

C'est vrai qu'il serait plus futé de prendre l'oseille tout en alignant des matchs pourris, c'est une vue de l'esprit. Ca doit être même la dominante dans le milieu puisque ça permet d'occulter le dopage, la corruption ou l'hooliganisme.

Respect mon gars. J'espère que t'auras les cojones de t'en sortir avec brio sans renoncer à un minimum d'idéal.
Pour faire simple il est schyzo !
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