1. // Journée internationale de la gentillesse

Kastendeuch : « Je n'étais pas assez méchant »

Sylvain Kastendeuch, c'est le mec qui s'est fait allumer la tête pour sa dernière rencontre en professionnel. C'est aussi un ancien défenseur central de première division qui n'a reçu aucun carton rouge en 719 matches de carrière. En somme, un type gentil qui est aujourd'hui co-président de l'UNFP. Ça ne s'invente pas.

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Tu n'as eu que 9 sélections en Bleu. C'est parce que tu ne l'ouvrais pas assez ?

Oui certainement. J'ai toujours été considéré comme un joueur trop gentil, je le reconnais. Le niveau international requiert plus d'agressivité que le simple échelon national. Je n'étais sûrement pas assez méchant pour pouvoir exister durablement en équipe de France.

Peut-on être un footballeur méchant et ne recevoir aucun carton rouge ?

C'est impossible. Lorsque l'on prend une biscotte, c'est soit à travers un geste méchant, soit à cause d'une contestation. J'ai fait vingt saisons en pro, si j'avais été quelqu'un de dur, j'aurais au moins reçu une expulsion, surtout en jouant au poste de défenseur.

Comment se passait ta collaboration avec le sanguin Frédéric Meyrieu à Metz (86 jaunes et 5 rouges dans la carrière du milieu de terrain)?

Meyrieu ? Je l'engueulais pour le calmer et parfois je n'y arrivais pas... Il arrivait quand même à prendre son carton rouge syndical. Sur la longueur on arrivait à le canaliser. Vous savez, j'avais un rôle de médiateur dans mes différents clubs. Je passais mon temps à calmer les uns et les autres. Attention, il ne faut pas que des gens comme moi, le but est d'arriver à un mélange subtil. Il ne faut pas mettre toujours en avant la gentillesse. Il faut aussi des révoltés dans un groupe. Mais c'était important pour moi de montrer un côté gentil et propre. Je crois que j'y suis parvenu. Mon équipe se classait chaque année dans les premières places du classement au fair-play. Mais à Metz, je n'étais pas tout seul. Carlo Molinari et Joël Muller incarnaient aussi ces valeurs.

Vous arrive-t-il de penser à une équipe composée de onze "bisounours" ?

Non car je me rendais aussi compte que certaines rencontres se remportaient à travers cette révolte. Être tout le temps calme ne fait pas gagner tous les matches. A Metz, on s'en est aussi sorti grâce aux méchants.

Quel était le joueur le plus agressif à votre époque ?

Les stoppeurs avec qui j'ai évolués n'étaient pas des poètes. Par exemple, Albert Cartier. Avec lui, je me débrouillais plutôt pour le laisser au marquage. Moi je ramassais les miettes. A mon époque, les rôles étaient assez définis. Le stoppeur prenait les cartons car c'est lui qui allait au charbon. Le libéro canalisait les autres et ne s'exposait pas.

Les chômeurs qui végètent à l'UNFP sont-ils trop gentils dans le milieu ?

Non ça n'a rien à voir. Il y a aussi des mecs très méchants qui pointent au chômage. C'est un milieu concurrentiel, il faut un ensemble de qualités pour pouvoir réussir. Les explications sont assez variables.

Lors de votre reconversion, vous avez été adjoint aux sports à la mairie de Metz. Le milieu politique n'est pas réputé pour être très aimable envers ses collègues...

Non c'est pour ça que je n'y suis plus. La politique a un côté pathétique mais je ne crache pas non plus dans la soupe. J'ai été adjoint aux sports et à la jeunesse de Metz. Je m'occupais de l'équipement, de l'associatif, des centres sociaux. C'est une superbe expérience professionnelle. Je n'y suis plus car nous avons perdu les élections. Mais je n'y serais pas resté car le milieu politique possède un côté jeu de pouvoir. Le maire est le roi de sa ville et tous les notables jouent avec la cour. Le pouvoir local a un côté dramatique, je suis content d'être sorti de ce milieu même si cela reste une bonne expérience professionnelle.


Propos recueillis par Romain Poujaud

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Enorme respect pour Kastendeuch, une de mes idoles absolues! Et une preuve qu'on pouvait être défenseur, plutot tres bon, et ne pas être un boucher...
quand même cette dernière à Saint-Symphorien est magistrale, mythique ! Il me semble que c'est Jérôme Bonnissel qui à allumer ce pauvre Sylvain à bout portant, non ? Quel coup du sort... en même temps qu'est ce qu'on a rit !! Mais quand même, Chapeau Mr Kastendeuch, et respect...
Respect à toi tête d'aglo!
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