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Kana-Biyik ? Yes, you can !

Depuis le début de sa carrière, Jean-Armel Kana-Biyik sait être aussi imprévisible que son nom composé, un des plus fous de l'histoire de la Ligue 1. Malheureusement pour Lucas Barrios et les Montpelliérains, ce dimanche, le Camerounais était dans un bon jour. Et Toulouse l'a emporté.

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Intronisé entraîneur de l'équipe première du TFC le 16 mars dernier, suite au licenciement d'Alain Casanova, Dominique Arribagé a tout de suite décidé de faire des choix forts à l'occasion de la réception du rival bordelais, pour sa première sur le banc du Stadium. En bazardant le 4-5-1 pour un 4-4-2 plus ambitieux, d'abord. Mais surtout, en écartant certains joueurs défaillants, tels que Dragos Grigore ou Uroš Spajić, catastrophiques lors de la défaite à domicile face à Marseille (1-6), quinze jours auparavant. Jean-Armel Kana-Biyik, qui avait récolté la note de 1 dans L'Équipe ce soir-là, est quant à lui toujours dans le groupe. Parce que le coach à la dégaine à porter une étiquette Oxbow derrière l'épaule droite en 2015 le sait : son stoppeur camerounais est capable du meilleur, comme du pire. Le week-end suivant, les Toulousains remportent ce « Derby de la Garonne » qui leur tient tant à cœur. 1-0, but de « JAKB » .

Brigade Loire, Booba et mise au placard


Cette victoire face aux Girondins, nul doute que Kana-Biyik l'a savourée, lui qui n'avait plus connu le succès en Ligue 1 depuis presque un an. C'était le 30 mars 2014, face à Bastia, sous les couleurs du Stade rennais. À l'époque, le fils d'André Kana-Biyik, et neveu de François Omam-Biyik, est un titulaire indiscutable de la défense rennaise. Mais ça, c'était jusqu'au 8 mai dernier, et une altercation avec les supporters des Rouge et Noir. Excédés par une nouvelle défaite des leurs en finale de coupe, cette fois-ci face à Guingamp (0-2), des fans du SRFC interpellent le Camerounais à la sortie de l'entraînement. JAKB fait rapidement monter la température en lançant un « Brigade Loire ! » en direction des ultras, qui essaient alors d'en découdre avec leur défenseur, qui ne se démonte pas. Quelques « Viens là-bas, je te nique ta mère ! » plus tard, le jeune homme se voit notifier sa mise à l'écart de l'équipe dirigée par Philippe Montanier. « Les gens me jugent seulement sur une apparence, sans me connaître vraiment. Il suffit d'avoir des tatouages, de porter une casquette, d'avoir une belle voiture et d'écouter Booba pour, direct, être mal perçu. Moi, j'ai toujours essayé d'être le plus simple, le plus humble, le plus disponible possible » , se défend alors le joueur dans les colonnes de L'Équipe. Il ne rejouera plus en professionnel jusqu'à son transfert à Toulouse, en janvier 2015. Bravo Morray.

Retour à la compétition en montagnes russes


Libéré de ses six derniers mois de contrat avec le Stade rennais, c'est donc un JAKB revanchard qui débarque sur les bords de la Garonne. Libéré de toutes obligations avec les Lions indomptables, qu'il refuse de fréquenter depuis sa non-sélection pour la dernière Coupe du monde, accusant Volker Finke, le sélectionneur, de magouiller contre lui, il est d'abord chargé de pallier les départs à la CAN de Yago, Sylla, Doumbia et Akpa-Akpro. Mais dès son premier match, face à Bastia (1-1), son ischio-jambier droit le lâche. La recrue violette doit se résoudre à patienter un mois de plus pour signer son vrai retour à la compétition. Ce sera au Parc des Princes, pour une défaite face au PSG (3-1). Depuis, il n'a pas raté une seule rencontre avec « le Téf' » , alternant les performances médiocres, comme face à Marseille ou Metz, et celles de haut vol, comme face à Bordeaux, ou Montpellier ce week-end. « Prie pour le meilleur, sois prête pour le pire » , chante B2O à sa belle, dans un couplet que Jean-Armel Kana-Biyik a dû se passer en boucle dans sa berline. Une punchline que les supporters toulousains vont apprendre à connaître.

Par Mathias Edwards
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