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Kampl c'est lui, et Schmidt

En dehors de sa coupe de cheveux, Kevin Kampl est un joueur discret, tout aussi travailleur que technique. Tout ce qui fait le bonheur de son entraîneur, Roger Schmidt, qui a bien du mal à se passer de lui dans chacun de ses clubs. Les deux entretiennent un rapport footballistique fusionnel, que même le Borussia Dortmund n'a pas su recréer.

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Kevin Kampl joue aujourd'hui au Bayer Leverkusen, le club où il a été formé. Il faut se méfier de ce trompe-l'œil. Kampl n'est pas le joueur d'un seul club, il est celui d'un seul entraîneur. Si le milieu de terrain allemand est revenu sur les terres de la Ruhr alors qu'il stagnait au Borussia Dortmund, c'est principalement pour retrouver son amour de coach. Avec Schmidt, Kampl est une pièce maîtresse, le gars qui cartonne dans le jeu, le pressing, l'envie et le travail. Cette saison, il n'a pas manqué encore une seule seconde de jeu. Dans le défi tactique que s'impose Roger Schmidt avec son jeu tout-terrain, Kampl est l'homme de base. Car loin de sa fantaisie capillaire, il est en fait un travailleur de l'ombre, de ceux qui savent se rendre essentiels quand on sait leur parler. Ce que seul Roger Schmidt sait faire.

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Rebond aux Bullen


Dans son parcours semé d'embûches, Kevin Kampl a été malmené mais patient. Laissé pour compte par le centre de formation du Bayer, le Germano-Slovène – qui a fait le choix du pays de ses parents pour la sélection nationale – a dû ravaler sa fierté pour mieux redémarrer sa carrière. Prêté à Greuther Fürth, il passe plus de temps en équipe réserve qu'en 2. Bundesliga. Le constat est rude et Leverkusen le laisse partir gratos en 2011. Kampl traîne alors ses guêtres en D3, à Osnabrück, puis monte au niveau supérieur en signant à Aalen. C'est alors qu'il commence à se faire un nom et que le miracle se produit. Red Bull veut l'intégrer dans son armada de Salzbourg... à peine un mois après son transfert pour la 2. Bundesliga. Le succès est plutôt à la clef. Dans un championnat moins relevé, Kampl s'éclate et devient le meilleur joueur du pays, élu comme tel en 2014, deux ans après son arrivée. Mais cet essor n'est pas véritablement dû à la boisson énergétique. Quelques semaines avec l'arrivée de Kampl, Roger Schmidt avait pris possession du vestiaire en Autriche. C'est lui qui désire Kampl, qu'il a pu voir de près du temps où il entraînait Paderborn, et convainc les Bullen de mettre le prix de sa clause libératoire : trois millions d'euros, pour un joueur qui en a coûté 250 000 deux mois plus tôt. Il n'est donc pas surpris de ses premières belles performances, comme il l'affirme dans les médias autrichiens à l'occasion de son premier match : « Il a montré à Aalen et prouvé chez nous à l'entraînement que c'est un joueur qui influence le jeu et veut à tout moment prendre l'initiative. » Après deux ans, abandonné par Schmidt, les ambitions reviennent pour Kampl. En décembre, Dortmund, lanterne rouge de Bundesliga, voit en lui le bon joker pour se redresser en championnat. Kampl tente l'aventure. Cependant, la greffe prend mal. Six mois plus tard, Kampl n'est définitivement pas le bon joueur pour concurrencer ou remplacer Marco Reus. Dortmund est officieusement prêt à le vendre à perte.

Roger's rabbit


Pas la peine de chercher midi à quatorze heures, la solution pour Kampl était évidente. Ayant besoin de rebondir, il rejoint son mentor… dans son club formateur, au Werkself. L'inspirateur du blond peroxydé en profite pour coller une crotte de nez sur Jürgen Klopp, dès son premier match sous les couleurs de Kusen, en Ligue des champions : « Kevin n'est pas un joueur de côté – là où il jouait à Dortmund. » C'est étrangement tout le souci de Kampl. Son jeu n'est pas compris par grand monde, trompé par son style. Roger Schmidt, lui, sait y faire. Il a vu le potentiel véritable dans son jeu. « C'est un joueur avec un gros champ d'action » , développe-t-il auprès de la presse allemande, soit exactement ce que recherche Schmidt pour son Gegenpressing à tout-va. Il a besoin de joueurs techniques qui ne rechignent pas à courir pour récupérer le ballon au plus vite après la perte de balle. Kampl est le premier d'entre eux.

Cependant, plus que dans la tactique, Kampl apprécie les qualités humaines de son Roger Schmidt. « C'est le meilleur entraîneur que j'aie eu » , s'enthousiasme-t-il dans les colonnes du MoPo en avril 2014, malgré le départ annoncé de son coach de Salzbourg. « Pas seulement au niveau tactique, à ce niveau-là il n'a plus besoin d'être présenté. C'est aussi humainement. Il sait exactement comment capter chaque type de personnalité. Il a une excellente capacité à diriger. » Même dans les périodes difficiles, comme en milieu de saison dernière lorsque des rumeurs mettaient la pression sur Schmidt, Kampl a choisi son camp et défend mordicus son technicien préféré. En dehors du terrain, il sera toujours prêt à tout donner pour lui. Et sur le terrain, pour lui et son équipe, il courra partout, comblant les espaces et distribuant le jeu, prêt à bondir sur l'adversaire. Tel le lapin de Roger.

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    Par Côme Tessier
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    Dans cet article

    Je l'ai vu plusieurs fois jouer, contre le Barça ou le Bayern notamment, et à chaque fois il crève l'écran. Infatigable, grosse technique, et belle vision du jeu, mais effectivement j'ai du mal à l'imaginer sur un côté.
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