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Kaká ressuscité ?

Kaká était au bord du gouffre il y a trois mois. Mais octobre est passé par là. Le meneur de jeu brésilien est en passe de devenir incontournable. Enfin.

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15 octobre 2011. Real – Betis, 58ème minute. Mourinho décide de ménager Kaká et prépare son changement. Di Maria a déjà retiré sa chasuble lorsque le Brésilien enroule un tir croisé à l’entrée de la surface. Le ballon fait le tour du gardien andalou et va se nicher dans le petit filet opposé. But. Kaká lève les doigts puis est remplacé, le Bernabeu est debout. Deux ans et demi et 65 millions d’euros plus tard, les Merengues tiennent enfin leur Galactique. À la fin du match en zone mixte, c’est vers lui que les micros se tendent. Kaká est ressuscité : « J’ai encore marqué ce soir. Je me sens de mieux en mieux et je suis heureux pour cette ovation  » . Déjà contre l’Ajax fin septembre, Ricardo Izacson dos Santos avait prévenu. « Petit à petit, je démontre des choses. Mais ce n’est pas mon premier bon match. Depuis quelques matchs je suis de mieux en mieux, je fais des choses qui me plaisent. Il ne faut pas regarder sur un seul match mais plutôt une évolution. Les gens peuvent maintenant voir des choses que je faisais à Milan. J’ai maintenant besoin de continuité  » explique-t-il à l'époque. Kaká avance désormais sur les chemins de la rédemption. Il a pourtant frôlé l’infamie.

« J’ai beaucoup pleuré. (…) Je faisais des entrainements catastrophiques. Sur le terrain, j’avais l’impression d’être un robot » . Les grands yeux noirs du Brésilien sont un puits de détresse quand il évoque ses deux dernières années de cauchemar : « Parfois je sortais de chez moi pour aller courir en espérant que quelque chose se passe » . Pour sa première saison, Kaká n’a disputé que 13 matchs complets, soit presqu’autant que Dudek, le gardien remplaçant. Une pubalgie l’enferme pendant 68 jours dans un gymnase. Passé l’hiver, son seul objectif, c’est l’Afrique du Sud. Il ne jouera plus une seule minute sous Pelligrini après l’élimination contre Lyon. Son Mondial est catastrophique. Quand il rentre à Madrid, c’est le genou qui n’en peut plus. Pour sa deuxième saison, il ne joue que 844 minutes. Mais ce qui est pire, c’est qu’un gamin de 21 ans, à peine débarqué, fait oublier rapidement la grande gigue. Ozil casse la baraque et ringardise Kaká au bout de deux mois. Les rumeurs de transfert raisonnent. L’Inter, Milan puis le new-PSG sont prêts à faire une offre. Le Real en veut au moins 30 millions. Kaká réclame 9 millions d’euros nets par an. Personne n’ose faire un chèque à autant de zéros pour un has been.

Kaka, Dieu et Mourinho

La résurrection de Kaká a eu lieu dans le coin d’un vestiaire californien. « Mourinho avait toutes les cartes en main pour me tuer (sic) et il ne l’a pas fait. Un joueur avec de grosses responsabilités qui ne joue pas, on le vend on en fait venir un autre plus performant. En plus ce n’est pas Mourinho qui m’a fait venir ici. Il avait tout en main pour m’enfoncer, mais au contraire, il m’a aidé  » . Car le Mou a un plan. Pour opérer à sa résurrection, Kaká a besoin de confiance et de temps. Dès les premiers jours de l’été, Mourinho et Perez promettent au joueur qu’ils comptent sur lui et qu'ils ne le vendront pas. Ensuite, le coach madridiste élabore un plan de remise en forme. « Notre espérance et notre conviction, c’est que la stabilité et la marge de progression que donnent six semaines de préparation, feront la différence  » martèle-t-il pendant l’été. Pour la première fois en quatre ans, le Brésilien passe un été à travailler. Pendant l’été, il retrouve quelques gestes et quelques accélérations. A Madrid, les socios osent à peine en rêver, de peur d’être déçus. Encore.

Trois mois plus tard, Kaká n’en peut plus de remercier son Dieu: « le problème, c’était moi pas lui. Mourinho m’a aidé, m’a parlé, m’a dit de ne pas m’inquiéter. La partie psychologique est fondamentale dans le football. L’équipe technique a fait sur ce point un travail remarquable  » . Mieux, il vient d’enchaîner sa meilleure série : 5 titularisations en 8 matchs disputés, 4 titularisations successives en octobre et 380 minutes jouées en Liga, soit autant qu’Özil en championnat. D’ailleurs, à mesure que Kaká prend de la place, Ozil est questionné. L’Allemand a les défauts de ses qualités. Sa polyvalence au milieu l’oblige à faire place libre à l'ancien Milanais. D’abord déplacé à droite pour faire de la place à ce dernier dans l’axe (contre le Betis, contre l’Espanyol, contre l’Ajax), l'Allemand disparaît des titulaires à Malaga (victoire du Real 4-0). Parce qu’à droite, au Real, c’est difficile de faire mieux que Di Maria. Alors Kaká fait le sympa : «  C’est facile de jouer avec Özil, c’est un joueur très intelligent  » . Mouais. Et Higuain et Benzema, ils jouent souvent ensemble, peut-être ? Kaka ou Özil : c’est la nouvelle question qui tue au Real.





Par Thibaud Leplat, à Madrid
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