Kagawa Mania

Il n'a pas marqué lors du carton de la 5ème journée de Bundesliga ce mercredi (Borussia Dortmund 5-0 Kaiserlautern), mais reste aux yeux des supporters du BvB le superhéros de ce début de saison. À lui seul, il a inhumé trois années de disette face au meilleur ennemi Schalke 04. Lui, c'est Shinji Kagawa, l'homme qui valait 350 000 euros.

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« On va battre Schalke et je marquerai deux buts » . Résultat : Dortmund a battu Schalke Null Vier, à Gelsenkirchen, 3 buts à 1. Surtout Shinji Kagawa, 172 centimètres pour 66 kilos, a planté son doublé. Pour balancer un tel truc dans la presse allemande, quelques jours avant le derby de la Ruhr, et 100 jours à peine après avoir débarqué de son Japon natal au Borussia, il faut être soit très confiant soit kamikaze. Ou bien ne rien avoir à perdre. Dans le cas de Kagawa, il y a un peu de ça. Acheté pour 350 000 euros (39,6 Millions de Yens) au club de Cerezo Osaka en Japan League, il ne représente à titre de comparaison même pas un centième du total des dépenses de Schalke 04 cet été. Et pourtant, il a déjà marqué en championnat trois buts de plus que Raùl. Quant au compteur du Nippon en Europa League, il affiche déjà deux unités en trois rencontres. Ajoutez à cela le fait qu'il chiffre trois pions pour 15 capes en sélection japonaise et porte à l'œillère la cocarde du vice-meilleur buteur de D2 2009 avec 27 buts, vous obtiendrez le C.V gonflé d'un jeune homme de 21 ans.

Un jouvenceau immaculé. En début de saison, Shinji donne une interview à l'heure du petit déjeuner dans un sushi bar de Dortmund. Lorsque arrive la traditionnelle question des différences culturelles, lui de répondre: « Dans ma vie, il ne m'a jamais été permis de voir autant de jolies blondes » . Il apprend aux journaleux que son père travaille pour la compagnie ferroviaire Kinki, première compagnie privée au pays du Soleil Levant. Le natif de Kobe explique ensuite que les gens nés en 1989, année du serpent au Japon, sont « très énergiques, détestent les échecs et n'ont pas peur des épreuves » . Il leur confie qu'il appelle une demi-heure par jour au pays pour un coût de 200€ avant d'insister sur l'idée qu'il n'est « pas un joueur spécial » . Une déclaration plutôt humble à mettre en parallèle avec la question existentielle posée alors par le tabloïd Bild : « Comment bon Dieu sommes-nous supposés arriver à distinguer Kagawa de Atsuto Uchida (joueur japonais de Schalke ndlr) ? » . Désormais, ils sont supposés.

Michael Zorc, le directeur sportif du BvB, pavoise : « Tout le monde rigolait cet été quand je disais que ce type allait nous marquer des buts » . Ses coéquipiers se paluchent. Nuri Sahin, milieu de terrain : « Le garçon joue comme un ange » . Les supporters l'adulent. Dimanche dernier, au retour de Gelsenkirchen, des centaines de fans Schwarz-Gelben ont arrêté le bus de l'équipe, sont allés chercher Kagawa et l'ont porté sur leurs épaules jusqu'à son hôtel. Il faut dire qu'outre ses deux pieds, l'Asiatique le leur rend bien. Au lendemain du match, il a joué la carte de l'intégration aux traditions locales : « Après la victoire contre Schalke, je me suis permis une bonne bière » . Du coup, sa valeur marchande s'élève dorénavant à 2,5 millions d'euros selon transfermarkt.de.

Gare au Seppuku cependant. Certes, il a effectué des tests au Barça et au Real l'hiver dernier. Mais rares sont les joueurs nippons à avoir réussi à dépasser le statut de bête de foire d'un jour pour celui de joueur asiatique au talent certifié conforme. Ils se comptent sur “le” doigt d'une main : Hidetoshi Nakata.

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On le compte sur "le" doigt d'une main: Hidetoshi Nakata. Tout à fait d'accord, mais il ne faut pas oublier toute cette génération de joueurs qui ont joué en Europe, certes, pas avec le même succès, la même popularité que Nakata, mais on compte aussi parmi eux, Shinji Ono, qui a été champion d'Europe avec Fayenoord en 2002, Shunsuke Nakamura qui a joué de nombreuses année et a remporté de nombreux titres de champion d'Ecosse avec le Celtic, moins prestigieux certes, mais toujours régulier... joueur reconnu notamment pour ses frappes de coups-francs. Donc Nakata, une idole, mais il ne faut pas oublier ces autres joueurs de talent qui ont su donné un certain élan à l'équipe du Japon, en espérant que la nouvelle génération trouve les qualités nécessaires et l'esprit de groupe requis pour faire aussi bien voire mieux que leurs aînés... heu... je parle bien du Japon là ;)
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