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Juventus/Napoli, un parfum de 80's

Il y a 30 ans, Platini trônait à la place de Pogba, Maradona à celle d’Higuaín, et les deux rivaux luttaient déjà pour le Scudetto.

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Comme souvent avec le Napoli, toutes les histoires commencent directement ou indirectement avec Maradona. Celle-ci, en l’occurrence, ne peut débuter que le 6 juillet 1984. Ou l’arrivée du messie à Naples, le seul à avoir réussi à s'opposer à la grande Juve. On parle alors de 70 000 personnes dans un San Paolo bouillant assistant à une simple balade sur la piste d'athlétisme. Rien que ça. La troisième ville d’Italie a beau crouler sous les dettes et le chômage, elle se saigne pour le gamin. 15 millions de dollars. Rien que ça. Mais Corrado Ferlaino, président du SSC à l’époque, en est persuadé : malgré le passage mitigé de Diego à Barcelone, c’est un investissement qui sera forcément rentable et qui permettra surtout au Napoli d’enfin rivaliser avec les villes du Nord, Inter, Juve et Milan et leurs finances mirobolantes. Corrado Ferlaino a vu juste. Aujourd’hui, il s’en vante encore : « J'ai acheté le meilleur joueur du monde sans avoir d'argent. »

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Une Vieille Dame, mais pas de dentelle


La première année du Napoli est celle de la mise en route. Maradona se chauffe, avec quatorze pions tout de même, mais ne permet pas à son équipe de gratter mieux qu’une pauvre huitième place. Seule source de réconfort : le Milan, la Juve de Platini et la Roma ne sont qu’à quelques points devant occupant respectivement les cinquième, sixième et septième places, et c'est le Hellas Vérone, à la surprise générale, qui décroche le Scudetto.


L’année suivante, 85/86, est celle de la montée en puissance. Ottavio Bianchi arrive sur le banc des Partenopei et ne compte plus seulement faire de la figuration. Il recrute avec l’aide d’Italo Allodi, directeur sportif, Bruno Giordano, bomber italien, en provenance de la Lazio, Claudio Garella, gardien de Vérone, et fait monter Ciro Ferrara en équipe première. Et avec eux, le Napoli démarre en trombe. Seulement deux défaites lors de la phase aller, mais surtout un match nul contre la Roma, une rouste 5-0 contre le Hellas, tenant du titre, un succès haut la main contre le Milan et une victoire 1-0 contre la Vieille Dame, sur « le plus beau coup franc de tous les temps » à en croire la presse italienne.

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Malgré ce coup franc, malgré cette belle victoire et malgré la folle montée en puissance du Napoli, la Juve finira championne. L’équipe du Trap’ est peut-être moins impressionnante à voir jouer, mais elle est juste intraitable. Championne d’Europe en titre, elle n’essuie que trois défaites et n’encaisse que dix-sept buts durant toute la saison.


Très clairement, Michel Platini, grand prince, Gaetano Scirea, élégant libero, Antonio Cabrini, séduisant latéral, Michael Laudrup, relanceur d’exception, ou encore Aldo Serena, recrue polémique du rival Torino, ne sont pas là pour faire dans la dentelle. Et lors du match retour contre le Napoli, un nul suffit à leur bonheur. C’est même contre la Roma, rival éternel, que la Juve doit se battre pour le Scudetto dans les dernières journées. Le Napoli finira troisième de Serie A, la faute à une deuxième moitié de saison pas vraiment sexy.

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L'adoubement de Maradona


L’inversement du rapport de force intervient durant l’été 86. Trapattoni se barre, d’une part, mais surtout Maradona passe un été de rêve au Mexique d’où il revient champion du monde. Autant dire que son statut, déjà bien élevé, monte encore d’un cran. Ce que l’on pourra constater dès la neuvième journée de championnat. Les deux équipes sont au coude-à-coude et se rencontrent pour une confrontation au sommet. Après avoir concédé un but de Laudrup au retour des vestiaires, les Napolitains retournent la situation en moins de quinze minutes sur deux corners de Maradona et un contre conclu par Polpecina. Première victoire des Partenopei à Turin depuis 29 ans, qui prennent du même coup la première place du classement.

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Une pole position qu’ils ne lâcheront plus jusqu’à la fin de la saison. La Vieille Dame, quant à elle, réalisera une année sans grand relief. Jamais dans le coup en championnat malgré sa seconde place, éliminée en huitième de C1 par le Real et en quarts de Coppa par Cagliari. Une compétition également remportée par le Napoli. Bref, cette année-là, la Juve, à l’image de son meneur Platini, n'est jamais vraiment à la hauteur. Il suffit de voir le retour contre le Napoli pour le comprendre. Revenue au score dans le dernier quart d’heure de jeu, la Juve craque dans les dernières minutes en concédant un penalty que Maradona se fait un plaisir de mettre au fond.

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Le 10 mai 87, au soir de la 29e journée, après un nul face à la Fiorentina, le Napoli arrache enfin le premier Scudetto de son histoire. Depuis, le Napoli n'a remporté qu'un autre championnat, en 1990 encore avec le Pibe. Comme quoi, à Naples, les histoires se terminent également toutes directement ou indirectement avec Maradona.



Par Ugo Bocchi

Dans cet article

Je n'y peux rien si c'était mieux avant.
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
On parle souvent de la Serie A des années 90 (à juste titre) mais celle des années 80 (surtout la 2e moitié de la décennie), c'était quelque chose ! La Juve, le Napoli, le Milan, l'Inter, la Samp, la Roma avaient tous plusieurs joueurs de classe mondiale dans leur effectif !
Quel immense joueur c'était le Diego!
Massimo69 Niveau : DHR
Quel plaisir ce retour dans le passé :) .

Amener le Scudetto au Napoli est un des plus grands exploits de l'histoire du football. Car la mainmise des clubs du Nord en Italie est considérable. Et rien n'aurait évidemment été possible sans Maradona. Avec son Mondial '86 et ce Scudetto '87, il s'est inscrit dans la légende, la vraie. Pas celle qui consiste à enquiller des buts contre Getafe et compagnie...
avanti partenope Niveau : DHR
applausi a scena aperta !!!!!

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