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Juve-Inter, juste retour des choses ?

Ce soir, la Juventus accueille l’Inter lors du dernier match de la 29ème journée de Serie A. Après la victoire du Milan AC hier, la Juve n’a pas vraiment le choix. Il faut gagner pour rester dans la course. Surtout qu’en face, il y a une vieille connaissance…

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Non, Juventus-Inter n’aura plus jamais la même saveur. Plus la même saveur depuis cet été 2006 ( « Souviens-toi l’été 2006… » ), au cours duquel la Juve est reléguée en Serie B suite à l’affaire Calciopoli. Quelques mois plus tard, l’Inter, qui n’avait presque rien demandé à personne (presque, hein...), se retrouve avec un Scudetto en plus dans sa vitrine. En effet, le titre 2006 de la Juve est révoqué, et remis aux Interisti, arrivés troisièmes du classement, juste derrière un Milan AC pénalisé lui-aussi dans l’affaire Calciopoli. Dans le même temps, ou presque, Patrick Vieira et Zlatan Ibrahimovic, plutôt que d’aller se taper des matches de Serie B avec le maillot bianconero, préfèrent mettre les voiles et rejoindre la nouvelle puissance.

Une puissance qui va profiter de la relégation turinoise pour tout gagner lors des années suivantes, jusqu’à atteindre le titre suprême, la Ligue des Champions, en mai 2010. Un mois de mai 2010 où la Juve termine septième de Serie A, dans l’anonymat le plus total. Oui : il règne donc entre ces deux là un climat de tension, qui s’est créé bien malgré lui. Depuis le retour de la Vieille Dame en Serie A, les deux camps se pourrissent à coups de « C’est mon Scudetto, rends-le moi / Non, c’est le mien / Non, je l’ai eu d’abord / Donner, c’est donner, reprendre c’est voler  » . Et ainsi de suite. Mais ce soir, pour la première fois depuis le chute de l’empire turinois et le putsch interista, les choses sont redevenues comme avant (presque, hein...). Comme s’il ne s’était rien passé. La Juve lutte pour le titre avec le Milan AC, pendant que l’Inter galère. L’ironie va encore plus loin : la Juve compte aujourd’hui 15 points d’avance sur l’Inter. Lorsqu’elle est reléguée en 2006, elle termine première, avec 91 points. L’Inter en comptait 76. 15 de moins.

Toto-entraîneurs

Outre l’intérêt de suprématie entre deux équipes qui ne s’aiment guère, il y a ce soir, tout simplement, un enjeu colossal au niveau du classement. Hier soir, le Milan AC s’est imposé contre l’AS Roma (2-1). Du coup, la pression est forcément sur la Vieille Dame, qui doit gagner à tout prix sous peine d’être reléguée à sept longueurs du leader rossonero. Et sept points, à neuf journées du terme, c’est beaucoup. Or, même si l’Inter se passerait bien de faire une faveur à son cousin milanais, la situation au club est telle que la défaite est presque interdite. Après l’élimination en Ligue des Champions, l’Inter a fait match nul, la semaine dernière, contre l’Atalanta (0-0). Un résultat qui a littéralement blasé le président, Massimo Moratti, qui s’est tiré avant même la fin du match. Au terme de la rencontre, Claudio Ranieri, malgré ses 36% de défaites à la tête de l’Inter, a été confirmé. Mais ses jours sont comptés.

L’entraîneur, qui a d’ailleurs guidé la Juve pendant deux saisons lors de sa remontée en Serie A, entre 2007 et 2009, va finir l'exercice en cours, mais la chasse au successeur a déjà commencé. Cette semaine, dans les journaux italiens, on a pu lire les noms de Laurent Blanc, d’Andre Villas-Boas, de Didier Deschamps, de Marcelo Bielsa et, dernièrement, de Cesare Prandelli. Sympa pour Ranieri, qui doit préparer chaque journée de championnat dans cette ambiance. Pas vraiment idéal pour aborder une telle confrontation contre la Juve. Cette Juve qui demeure encore et toujours invaincue après sept mois de compétitions officielles et qui, déjà au match aller, était allée s’imposer à San Siro (1-2), certifiant ainsi son renouveau. Tout juste qualifiée pour la finale de la Coupe d’Italie, où elle affrontera le Napoli, la Juve a la possibilité de clore en beauté une semaine qu’elle avait entamé par une victoire 5-0 sur la pelouse de la Fiorentina. Oui, il y a des périodes, comme ça, où tout peut sourire.

Mirko la menace


On a compris les enjeux. En cas de succès, la Juve recolle aux basques du Milan AC, et enfonce un peu plus l’Inter, qui pourrait même se faire dépasser par Catane. Si les nerazzurri s’imposent, ils frappent un très gros coup, se relancent un peu dans la course à la troisième place (à l’heure actuelle, septièmes, ils ne sont qualifiés pour rien, même pas pour l’Intertoto) mais filent un sacré coup de main à leurs cousins rivaux. Il faut savoir ce que l’on veut. Reste maintenant à savoir où vont se situer les clefs de cette opposition. Probablement du côté de l’attaque de l’Inter. Avec seulement quatre buts inscrits lors des sept derniers matches de championnat, le secteur offensif de la formation connaît de sérieux soucis, le seul Milito ne pouvant pas toujours résoudre tous les problèmes. Zarate est un fantôme, Forlan, la semaine dernière, a préféré ne pas entrer en jeu plutôt que d’aller se positionner sur l’aile (ah, ça, ce n’est pas Eto’o qui aurait refusé) et Pazzini est clairement en perte de confiance.

Un véritable casse-tête, surtout lorsque l’on sait que la défense de la Juventus est la moins perforée d’Italie (17 pions encaissés en 28 matches, soit 0,6 par match : personne ne fait mieux en Europe). A l’autre bout du terrain, l’avantage psychologique est également du côté de la Juve. Si l’Inter est parvenue à ne pas encaisser de but lors de ses deux derniers matches, la Juve, elle, a retrouvé son efficacité. En fait, elle a surtout retrouvé Mirko Vucinic, décisif contre la Fiorentina, mais aussi contre le Milan AC en Coupe d’Italie. Antonio Conte avait besoin d’un type comme lui pour transcender l’équipe lors du sprint final. Mirko-slip a répondu à l’appel du général, et le voilà prêt à se dépasser une nouvelle fois, contre une équipe de l’Inter qui lui a tant fait de mal (et ôté tant de titres) lorsqu’il était à la Roma. Une histoire de cycles, qui évoluent, qui tournent, qui changent. Et qui, parfois, se remettent à leur place.

Le match en live sur So Foot à 20h45

Eric Maggiori
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