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Juve à mauvaise mine

En quatre jours, la Juve a tout perdu, ou presque. Son meilleur attaquant, ses rêves de Scudetto et sa crédibilité. La faute à pas de chance (un peu) et au club (beaucoup) qui s'est peut-être vu trop beau, trop tôt.

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Alerte à la Juve. Rien ne va plus. Les Bianconeri connaissent un début d'année 2011 cauchemardesque. Sept buts encaissés, un seul marqué, une grave blessure, un geste de folie, un clash : le bilan de ces dix premiers jours est encore plus indigeste que le foie gras de Noël. C'est dire. Alors, que s'est-il donc passé pendant ces quelque vingt jours de pause ? Le 12 décembre dernier, les Turinois abattent la Lazio grâce à un but de Krasic à la 94ème minute (2-1). Le lendemain, la presse transalpine est unanime : cette Juve-là a toutes les cartes en main pour disputer le Scudetto au Milan AC. La semaine suivante, les Rossoneri tombent à domicile face à la Roma. Une victoire face au Chievo et la Vieille Dame reviendrait à trois points. Mais c'est sans compter sur Sergio Pelisser, qui joue le Père Fouettard de service en égalisant à la 92ème minute (1-1). « L'équipe a très bien joué. Prenons ce point et rentrons à la maison sereins et en bonne santé » déclare le coach de la Juve juste après la rencontre. Un discours qui sonne faux. On aurait préféré un coup de gueule à la Trapattoni. Les joueurs aussi peut-être, ça leur aurait évité de se reposer sur leurs lauriers pendant les fêtes. Et de penser que le plus dur avait déjà été fait.

Dès la reprise, face à Parme, la douche froide. Après seulement trois minutes de jeu, Fabio Quagliarella se fracasse le genou. La sentence tombe quelques heures plus tard : rupture des ligaments croisés et saison terminée. Pour celui qui était considéré comme le joueur le plus constant (neuf buts en dix-sept matches), c'est un coup de massue. Quelques minutes plus tard, Felipe Melo pète un plomb et décoche un coup de crampon à un Parmesan. Pour la bonne conduite, c'est râpé. Rouge et trois journées de suspension. Quoi d'autre ? Il manquait la vengeance de l'ancien du club. Giovinco s'en charge et inflige un doublé au club qui l'a chassé cet été. Parme s'impose 4-1 à Turin et humilie la Juve, qui n'avait pas subi telle déconvenue à domicile en Serie A depuis quarante-quatre ans.

Action, réaction. Dès le lendemain, Beppe Marotta, directeur sportif du club, lance une action commando à Gênes pour aller kidnapper Luca Toni. Le blitz est réalisé en quelques heures, si bien qu'en fin d'après-midi, l'attaquant est présenté à Turin. Néanmoins, certains tifosi s'interrogent sur la précipitation d'un tel choix. Laisser partir Trezeguet (33 ans) pour recruter Toni (34 ans) quelques mois plus tard en laisse pantois plus d'un. Un doute partagé même par l'entraîneur. « Ce n'est pas comme si nous étions Manchester City et que nous pouvions dépenser d'énormes sommes pour acheter un grand joueur » . Déclaration à double-sens : on peut facilement interpréter que Toni est une bille et que Del Neri aurait préféré Dzeko. Et on le comprend. Surtout après le match face à Naples. D'une part, Cavani est capable de planter trois buts. De l'autre, Toni et Amauri sont respectivement capables de mettre une mandale au gardien napolitain et de se péter le nez en faisant une tête. Sans jeu, sans idées, sans conviction, la Juve explose (3-0). Quelque chose ne tourne pas rond. Preuve ultime : les groupes invoquant le retour de Luciano Moggi se multiplient sur Facebook.

En plus des deux gifles reçues en l'espace de quatre jours, les dirigeants turinois doivent gérer le cas Momo Sissoko. Depuis plusieurs semaines, ceux-ci se plaignent du manque de respect de leur Malien, qui veut quitter le club. Réponse cinglante de l'insurgé : « Les dirigeants veulent me vendre depuis le début de l'année. Et parfois dans le cadre d'affaires qui ne me plaisent pas. L'entraîneur me prête uniquement de l'attention et ne me dit bonjour que quand il a besoin de moi. Sinon, il ne me calcule pas » . Pas top pour l'ambiance. Pas top non plus pour les deux prochains matches face à Bari et la Sampdoria, Sissoko étant la seule alternative idéale à Felipe Melo. Alors, pour étouffer la crise, on évoque tantôt Diego Forlan, tantôt Abdoulay Konko, et on se prend à rêver d'un Fernando Torres pour l'été prochain. Mais le mal n'est-il pas ailleurs ? « Le mal de la Juve, c'est d'être la Juve. Une équipe qui a gagné vingt-sept fois le Scudetto et dix titres européens. Depuis le retour en Serie A, il y a un véritable projet et les tifosi sont impatients. Mais c'est encore trop tôt. Les gens doivent se rappeler qu'il y a quatre ans, la Vieille Dame était en Serie B. La Juve ne peut pas lutter sur toute une saison avec le Milan ou l'Inter, tout est encore trop instable » , analyse Darwin Pastorin, journaliste italien à La7 et spécialiste de l'équipe piémontaise. Alors quand ?

Éliminée de l'Europa League, distancée de neuf points par le Milan AC en championnat, la Juve pourrait miser ses ultimes espoirs sur la Coupe d'Italie. Il faut bien commencer par quelque chose. Elle entrera dans la compétition jeudi, contre Catane. Un match qui marquera notamment le grand retour de Gigi Buffon. Lui, le symbole d'une Juve qui fut autrefois invincible.

Eric Maggiori

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