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Juan Román Riquelme et ses pages jaunes

C’était il y a dix ans. Fin avril 2006, Juan Román Riquelme emmenait Villarreal jusqu’en demies de Ligue des champions, mais se ramassait lui-même sur la dernière marche.

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Il pose son ballon, tourne le dos, souffle, grimace et crache. Il fait tout ce qu’il peut pour ne pas poser les yeux sur Lehmann qui gesticule sur sa ligne. Après tout, c’est exactement ce qu’il cherche. Et puis, il finit par craquer. Un petit regard en biais. Lehmann ouvre les bras et reste immobile. Il a fait le plus dur : il l’a déstabilisé. L'Allemand se redresse et n’a plus qu’à choisir le bon côté. Un autre crachat. Un coup de langue sur les lèvres. D’abord des petits pas, et puis une plus large foulée. Il choisit le côté ouvert. Lehmann aussi. Il sort la balle des deux bras. Ses coéquipiers essayent tant bien que mal de récupérer le ballon, mais non, ça sortira en corner. Et Juan Román Riquelme reste là, statique, au point de penalty. Il ne peut plus bouger, ses jambes sont clouées au sol. Il regarde le temps défiler, les gens s’agiter autour de lui, le Madrigal s’éteindre. Villarreal avait l’occasion d’acheter de la prolongation, d’aller en finale de Ligue des champions, il n’en sera rien.


De la bouche de Juan Román Riquelme, c’est l’un de ses plus tristes souvenirs. Après le match en conférence de presse, il est abattu : « Je m’en souviendrai toute ma vie. Je pensais qu’on était meilleur qu’Arsenal et qu’on méritait de jouer la finale. On a manqué un peu de chance, et puis j’ai raté ce penalty. » La dure loi du football. Tel un Roberto Baggio à Pasadena, c’est l’image qu’il reste de lui à Villarreal. Dix ans après, il y a toujours ce penalty raté. Et pourtant, il s’est passé tellement de belles choses quand il était là.

La fameuse réponse du terrain


Comme on peut le voir aujourd’hui du côté de Manchester, Louis van Gaal a certes un joli palmarès, des méthodes qui ont fait leurs preuves, des qualités indéniables. Mais aussi des défauts. Dont l’opiniâtreté. En 2003, Juan Román Riquelme débarque à Barcelone en provenance de Boca, et le Batave s’évertue à le faire jouer à gauche. Une bêtise si l’on connaît les qualités du bonhomme. Et l’avenir donnera raison à tous ceux qui ont pu critiquer ce choix. Même avec le départ de LVG et l’arrivée de Radomir Antić, Riquelme n’arrive pas à s’épanouir autant qu’à Boca Juniors. Et du coup, deux ans plus tard, il part en prêt à Villarreal. Et c’est là qu’on l’accueille comme il se doit, qu’il se sent enfin chez lui et qu’il peut enfin dérouler toute l’étendue de son talent.


Fernando Roig, le président de Villarreal, sait bien qu’un tel joueur ne peut qu’être dorloté et il met tout en œuvre pour qu’il se sente reconnu et valorisé. Mieux, il veut concocter une équipe qui tournerait autour de son numéro 10. Le seul poste qui lui aille, malgré son 8 dans le dos. Dès sa première saison, il impose son style, son buste relevé et son maillot dans le short. 48 matchs, 13 passes, 11 buts. Mais on le sait, son apport dans le jeu n’a aucune valeur comptable. Sans Riquelme, Villarreal ne gagnait pas, ne gagne pas. Avec lui, dès sa première année, Villarreal arrive en demies de Coupe UEFA. Certes, il est bien aidé par Marcos Senna, Santi Cazorla et Sonny Anderson, mais sans lui, c’est vraiment autre chose. « Mon opinion, c'est que le football dépend des numéros 10. Quand l'équipe joue bien, c'est que tout le monde a bien joué. Mais quand l'équipe joue mal, c'est la faute du 10 » , racontait-il dans So Foot il y a trois ans.

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Ce match, cette roulette, cette talonnade, ce double contact, ce but face à Valence sont autant de réponses aux critiques qu’il a pu subir en Catalogne. Malheureusement, c’est également face aux Chés que le sous-marin jaune coule en C3.

Devant Zizou


Mais si Riquelme était une œuvre d'art, 2003/2004 serait un brouillon comparé à 2004/2005. Cette saison-là est tout simplement un chef-d’œuvre. Avec Pellegrini sur le banc, Villarreal s’arrête encore sur la dernière marche du podium, en quarts de Coupe UEFA, mais sa classe balle au pied, ses remises en une touche, ses roulettes impressionnent de justesse. Face à son ancien club, le Barça, le 9 janvier 2005, il danse, s’amuse, se balade au milieu de Deco, Ronaldinho et Xavi. Ce qu’il fait ce soir-là dépasse l’entendement. Mieux qu’un contrôle de Zidane, mieux qu’un coup franc de Juninho, mieux qu’un crochet de Cruyff, c’est un peu de tout ça à la fois. Un football urbain, élégant, incisif, fier, parfois brutal et tellement agréable.

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Ce soir-là, Riquelme frappe un grand coup à la porte de son ex. En fin d’année, il finit d’ailleurs meilleur joueur de Liga, devant son idole, Zinédine Zidane. Son collègue d’attaque, Diego Forlán, finit lui pichichi. Et arrive donc cette fameuse saison 2005/2006. Si c'est plutôt poussif pour Villarreal en Liga, c'est parce que leur épopée en Ligue des champions leur bouffe de l'énergie. Et il y a de quoi. Après avoir sorti Manchester United du groupe - c'est d'ailleurs à partir de là que Ferguson voudra recruter l'Argentin -, Riquelme transforme un penalty et ouvre la voie des quarts face aux Rangers. Il marche ensuite sur l'Inter, lors du quart de finale aller en donnant notamment le but de la victoire sur coup franc à Arruabarrena.

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Et il manquera donc ce fameux penalty contre Arsenal. Une triste fin pour un tel règne. L'année d'après est une déception. Juan Román Riquelme ne se remettra jamais vraiment de cet échec. Villarreal non plus. À part aujourd'hui. Pour la première fois depuis son départ, le sous-marin jaune peut accéder à une finale européenne. Si l'amour dure trois ans, le deuil en vaut donc dix.

Ugo Bocchi
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